Formule 1 Quarantenaire cette année, l’écurie franco-britannique Renault renaît de ses cendres. D’outsider, le constructeur voudrait revenir dans la cour des grands en F1 et investit. L’objectif d’une sixième place constructeur en 2017 n’est qu’une étape. Reportage Dominique Simonet à Francorchamps

Il n’aura pas fallu longtemps après le départ de Bernie Ecclestone pour que la Formule 1 prenne un autre visage. Premier symptôme : les paddocks du circuit de Spa-Francorchamps sont un peu plus animés qu’à l’accoutumée : "Il y a un peu plus de monde qu’avant me semble-t-il, commente Romain Rixhon, photographe, qui en est à son neuvième Grand Prix de Belgique. Ce n’est pas plus mal, ça fait un peu plus de vie."

"Les nouveaux propriétaires essayent de la rendre plus ouverte, plus accueillante", commente Karl Schuybroek, directeur de communication de Renault en Belgique. Depuis janvier, le groupe américain Liberty Media, qui a repris les rênes de la société Formula One, tente de rectifier l’affreux business qu’en avait fait Ecclestone, qui, en repliant la F1 sur elle-même, mettait l’élite du sport automobile en péril.

Ce qui n’a pas changé, c’est l’animation dans les stands que, chez le constructeur français au Losange, on appelle le garage. En cette fin de matinée ensoleillée et brumeuse, la faute aux averses de la veille, les concurrents se préparent à la dernière séance d’essais libres.

Chez Renault, à gauche face à la piste, la numéro 27 de Nico Hülkenberg et, à droite, la 30 de Jolyon Palmer. Les voitures surélevées attendent leurs pneus, alors que les pilotes sont harnachés dans leurs baquets. Seule une petite partie de leur casque chamarré émerge de la coque de sécurité du châssis. Cette structure quasi blindée en fibre de carbone en a sauvé des vies depuis sa généralisation en sport automobile d’élite. Un qui y est pour quelque chose, c’est bien Alain Prost, qui milite et agit depuis toujours pour la sécurité.

Prost, l’homme de la situation

Justement il est là, le quadruple champion du monde aux cinquante et une victoires, dont neuf sur Renault entre 1981 et 1983. Assis sur un tabouret haut au centre du garage, casque sur les oreilles, il scrute deux écrans. L’expérience du Professeur est précieuse à cette jeune équipe. Alors que le constructeur français a fêté ses 40 ans de présence en F1 en juillet ?

Certes, mais la vie d’une marque sur quatre décennies peut-être très tumultueuse, avec des engagements et des retraits, des demi-départs en restant comme motoriste, etc. Dernier épisode en date, le rachat, en 2016, des parts détenues par le fonds d’investissement Genii Capital dans Lotus Renault GP. Après une saison blanche l’an dernier avec un châssis datant de 2014, le constructeur revient vraiment dans le jeu cette année avec la nouvelle R.S. 17.