Formule 1

Il aura suffi d’un meilleur chrono (celui des cinq jours tout de même) lors des tests hivernaux de Barcelone voici deux semaines pour que Michael Schumacher fasse à nouveau la Une de tous les quotidiens allemands.

En un tour très rapide du circuit Catalunya, l’ex-Kaiser a refait grimper sa cote en flèche à la bourse de la F1.

Alors qu’il y a quatre mois encore, on le disait trop vieux (il a fêté ses 42 ans le 3 janvier dernier) et que beaucoup le voyaient prendre une deuxième retraite anticipée après un retour raté (pas un seul podium et la 9e place du championnat avec moins que la moitié des points de son équipier Nico Rosberg), aujourd’hui Mercedes évoque la possibilité de prolonger le contrat de Schumi (avec un salaire estimé à 27 millions par an) au-delà de 2012. Un incroyable retournement de situation pas uniquement dû à un chrono, bien sûr.

Pour signer cette performance encourageante, le septuple champion du monde qui, fidèle à ses habitudes, s’entraînait encore en karting à Genk samedi dernier avant de s’envoler pour l’Australie, a bénéficié d’une toute bonne monoplace.

Première F1 construite avec l’argent de Mercedes (et non plus les fonds de tiroirs d’un Brawn dépensant son énergie et ses budgets dans la lutte pour les titres mondiaux 2009), la MGP W02 est bien née.

“J’ai effectivement un bon feeling à son volant,” confie l’homme de Kerpen. “Surtout depuis que nous avons reçu les dernières évolutions, notamment au niveau de l’échappement. L’équipe a travaillé très dur durant l’hiver.”

Quatrième néanmoins du championnat constructeurs l’an dernier, devant Renault, Mercedes vise cette fois le podium final, devant son client McLaren. “J’ai hâte de disputer la qualification de Melbourne pour voir où l’on se situe réellement,” poursuit le pilote aux 91 succès en 268 GP. “Je pense cette fois que l’on peut lutter régulièrement pour les podiums et j’espère me battre en certaines occasions pour la victoire.”

A défaut d’un 8e titre mondial qu’il aura du mal à cueillir face à une nouvelle génération douée et bien armée, un 92e succès près de cinq ans après la Chine 2006 (1er octobre) prouverait qu’il n’est pas revenu à la compétition pour rien. Et qu’il n’a pas été si fou de relever ce grand défi. “Si je suis revenu, c’est avant tout pour moi, pour me faire plaisir, car j’en avais l’envie. Et je n’ai jamais regretté cette décision. Cela a certes été plus dur que prévu. L’an dernier, j’ai dû tout découvrir : la voiture, l’équipe, certains circuits et surtout les pneus. Aujourd’hui, je me sens nettement plus à l’aise. Et avec Pirelli, on repart tous à zéro. Cela me fait un handicap en moins.”

Certes, il aura toujours dans les roues le jeune et doué Nico Rosberg, en quête de sa première victoire, mais cela ne le stresse pas, au contraire : “Sa présence à mes côtés est un boost. Il est en outre beaucoup plus motivant de se battre pour une 2e ligne que pour sa place en Q3. J’aime toujours ce que je fais, croyez-moi. Il fallait seulement le temps que tout se mette en place…”

© La Libre Belgique 2011