Formule 1

Comme on s’y attendait, c’est bel et bien le Français Jean Todt qui succédera à Max Mosley à la tête de la Fédération internationale de l’automobile. Un verdict dont la seule surprise aura été la sévérité du score. Alors que l’on prévoyait un écart serré, Ari Vatanen a reçu une véritable gifle en récoltant seulement 49 voix contre 135 à son adversaire et 12 abstentions. Un résultat laissant un goût amer au candidat finlandais : "Quand les gens vous disent trois fois : "Je partage les mêmes valeurs de démocratie que vous", qu’ils vous regardent dans les yeux en le disant et qu’après ils votent différemment, c’est très décevant, pas pour moi mais pour la démocratie, a déclaré l’ancien champion du monde des rallyes. Peut-être ont-ils eu peur de perdre leur rallye ou leur course mondiale [ ] Je félicite Jean, mais la FIA, c’est autre chose "

Ceux qui espéraient de grands changements sont forcément déçus, voire désabusés. Même s’il y mettra sa touche, Jean Todt devrait œuvrer globalement dans la lignée de son prédécesseur, qu’il a d’ailleurs tenu à féliciter "pour ses réalisations extraordinaires. Durant les seize ans de sa présidence, le sport automobile a connu une croissance et une popularité sans précédent".

L’homme qui a conduit Michael Schumacher (mais aussi Kimi Raikkonen) et l’armée rouge à tant de succès va maintenant s’attaquer à un nouveau défi, avec encore plus de pouvoir qu’avant : "Je suis contre l’idée de dire qu’il faut tout changer. Il faut des changements constructifs. Ce qui était vrai il y a dix ans ne l’est plus aujourd’hui. J’aime l’action. Je veux faire avancer les choses."

Alors qu’il partait pourtant favori, Jean Todt ne fanfaronnait pas après avoir été élu haut la main. "Je suis un angoissé de nature. Même si je savais que tout autour de moi il y avait un fort soutien, je restais prudent. J’ai trop vécu dans ce monde pour ne pas savoir que les choses ne sont jamais acquises d’avance."

Son ancien patron, Luca Di Montezemolo, a salué l’accès au trône de l’ex-homme au pull en cachemire rouge. "Sous sa présidence, la FIA va restaurer un climat de dialogue et de coopération constructive avec les "teams".