Formule 1

Comme en 2007, l'écurie Ferrari a profité de son passage dans la campagne nivernaise pour renouer avec le succès après deux Grands Prix contrariés sur des circuits routiers. Comme voici douze mois, la Scuderia a signé à Magny-Cours un indiscutable doublé, son troisième de la saison. Mais dans un ordre contraire à l'an dernier et... à la logique.

Car ce week-end en France, c'est bien le Champion du Monde Kimi Raikkonen qui était le plus fort. On avait déjà pu le constater lors des qualifications, le Finlandais offrant aux Rouges sa 200e pole en F1. Et tandis que son équipier avouait en avoir "fait un peu trop au moment décisif", "Iceman", lui, s'était permis le luxe d'avorter son ultime tentative d'amélioration histoire "d'économiser un peu d'essence."

Ne se laissant pas surprendre à l'extinction des feux, le numéro 1 mondial semblait s'envoler vers un succès facile. A mi-course, son avance sur un Massa ravitaillant deux tours après lui culmina à six secondes. Puis soudain, la mécanique s'enraya. Parti au grand galop, le "Cheval Cabré" de tête fut contraint de passer au trot.

En quelques tours, l'écart entre les deux Ferrari se mit à fondre. Et au 38e tour, le Nordique laissa passer son équipier, voyant s'échapper une victoire promise. Mais réussissait néanmoins à assurer le doublé pour Ferrari, loin devant la Toyota de Trulli.

Sur la plus haute marche du podium, Felipe Massa était bien conscient qu'il ne méritait pas vraiment cette victoire. Mais le petit Brésilien ne boudait pas son plaisir pour autant.

"Je ne m'attendais vraiment pas à ce succès," avouait-il. "Parfois vous avez besoin d'un peu de chance et cette fois c'était mon jour. En fait, je m'étais déjà fait à l'idée de terminer second. Un peu plus léger que moi au départ, Kimi tournait en moyenne trois dixièmes de seconde plus vite. Je ne pouvais franchement pas le suivre. Lorsque j'ai vu l'écart après le premier ravitaillement, j'ai commencé à assurer le doublé et une bonne deuxième place. Quand je l'ai soudainement vu baisser la cadence. J'ai compris qu'il avait un problème. C'est dommage pour lui et un beau cadeau pour moi."

D'autant plus beau que grâce à ces dix points tombés du ciel, Felipe Massa mène maintenant seul le classement du Mondial des pilotes. "Cela fait plaisir bien sûr, c'est un chouette sentiment, surtout que cela n'était plus arrivé à un Brésilien depuis Ayrton Senna voici quinze ans. Mais mon rêve c'est de me retrouver en tête du Mondial à la fin de la saison, d'être sacré champion du monde. J'y ai toujours cru. Et il est clair qu'aujourd'hui j'y crois plus encore." Car Kimi Raikkonen n'est certainement pas du tout disposé à lui faire d'autres cadeaux.