Vettel de plus en plus contesté

Olivier de Wilde Publié le - Mis à jour le

Formule 1

Alors qu’il n’en voulait pas du tout à Romain Grosjean de lui avoir presque coupé la tête une semaine plus tôt au départ du GP de Belgique, Fernando Alonso n’a, par contre, pas vraiment apprécié la manière dont Sebastian Vettel l’a envoyé dans l’herbe et même dans les graviers, à plus de 280 km/h, lors du 26e tour du GP d’Italie.

"Vu la configuration du circuit, sa manœuvre était dangereuse," a estimé le pilote Ferrari. "Jumper dans l’herbe et les graviers à 300 km/h n’est pas très gai. Et cela aurait pu mal se terminer."

A cran, obligé de lutter cette année avec une Red Bull nettement moins dominatrice que l’an dernier, le double champion du monde serait-il en train d’attraper le syndrome Schumacher ? Accrochage avec un attardé en Chine, dépassement hors de la piste en Allemagne, son comportement en piste devient limite. "Parfois, on se respecte, parfois moins. Sur ce coup-là, il était à la frontière", a regretté un Alonso trouvant la sanction justifiée. "Même si, au bout du compte, cela n’a rien changé avec son abandon. Et son geste peu fair-play ne m’a pas empêché de le doubler au même endroit trois tours plus tard."

On se souvient que l’an dernier, au même endroit, la situation était inversée. Avec Alonso à l’intérieur et Vettel tentant de le dépasser par l’extérieur. Là aussi, cela avait été très chaud. Mais il n’y avait pas eu de pénalité. "Pour deux simples raisons : tout d’abord, je lui avais laissé juste assez de place. Il n’avait mis que deux roues dans l’herbe et avait d’ailleurs réussi à me doubler. Et puis, la règle introduite cette année à Silverstone n’existait pas."

Le directeur de course a publié un additif au règlement stipulant "qu’un concurrent peut utiliser toute la largeur de la piste pour se défendre lors d’un premier mouvement pour autant qu’il soit devant. A partir du moment où l’aileron avant de son adversaire est à hauteur de ses roues arrière, il doit laisser la place."

Selon le pilote HRT Narain Karthikeyan, présent avec nous sur le vol retour de Monza, la pénalité de Vettel est justifiée si l’on a bien écouté au briefing.

Le double champion du monde ne partage pas cet avis : "Je ne méritais rien. Mais ce n’est évidemment pas à moi de juger."

Son patron, Christian Horner, l’a défendu en déclarant qu’il trouvait la décision des commissaires "fort sévère".

Il s’agit pourtant d’une application à la lettre d’un règlement reprécisé en Angleterre en juillet dernier.

Une règle selon laquelle Paul Di Resta aurait également pu être sanctionné pour la façon dont il a contré l’attaque de Bruno Senna.

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