Formule 1

Chez les grands battus de Barcelone, ce dimanche, Mercedes et Red Bull, la polémique faisait rage. En cause une fois encore, la dégradation des pneumatiques. Avant, la F1 se résumait à 90 % à l’aérodynamisme. Une guerre d’ingénieurs. Maintenant, c’est à celui qui gérera le mieux les chaussettes en chocolat fournies par Pirelli.

A ce petit jeu pas toujours très drôle pour un pilote, Ferrari et Lotus s’en sortent le mieux. Pour Red Bull, qui a quand même déjà gagné deux courses cette saison, cela varie d’un circuit à l’autre. Tandis que Mercedes a décroché les trois dernières poles. Question de réglages sans doute, la RB9 et la W04 useraient trop leurs gommes en raison d’un excès d’appui. Déçu de voir son triple champion du monde être dépassé sans pouvoir lutter, le propriétaire de Red Bull, Dietrich Mateschitz, considère qu’en raison de l’usure excessive des pneumatiques, la F1 n’est plus de la F1.

Selon le site Autosport, l’homme d’affaires autrichien, très en colère, aurait appelé après la course de dimanche le patron de la FOM (Formula One Management) Bernie Ecclestone. Une conversation qui aurait duré trois quarts d’heure "Tout le monde a vu ce qui s’est passé ici !" , a-t-il déclaré dans le paddock de Montmeló après que Sebastian Vettel, passé d’une stratégie de trois à quatre arrêts, a terminé au pied du podium perdant de précieux points sur ses deux rivaux, Fernando Alonso (vainqueur) et Kimi Raikkonen (deuxième). "Cela n’a plus rien à voir avec de la course automobile. C’est une compétition de gestion de pneumatiques. La vraie course auto, ce n’est pas ça. Si nous ne devions pas économiser nos pneus et attaquer d’un bout à l’autre comme sont censés le faire les champions, on devrait s’arrêter huit à dix fois par course en fonction de la piste. De même, il n’y a plus de lutte pour la pole en qualifs car tout le monde veut préserver ses pneus."

Même le vainqueur du Grand Prix d’Espagne a reconnu n’avoir roulé qu’"à 90 % car si vous vous donnez à fond en 2013, vous allez peut-être tuer vos pneus et tout perdre " , a avoué Fernando Alonso sans se plaindre davantage. "Donc, il faut trouver le bon compromis entre la gestion du rythme et des gommes."

Mais si Kimi Raikkonen estime que "c’est pareil pour tout le monde et pas fort différent de l’an dernier " , chez Red Bull, on n’en démord pas et on poursuit son lobbying. "OK, le but initial, que je respecte, c’est d’avoir davantage de spectacle avec plus d’arrêts, mais pas autant que cela, a tonné Mateschitz ! La situation n’est vraiment pas ce que nous voulons qu’elle soit."

Sous la pression, Pirelli va encore devoir changer ses gommes. Au détriment de ceux qui, à l’instar de Lotus et Kimi Räikkönen, nouveau recordman du nombre d’arrivées successives (42, soit une de plus que Nick Heidfeld), mais aussi de Ferrari s’en sortent le mieux avec le matériel à leur disposition. Pas très juste tout cela. Mais bon, il paraît que c’est dans l’intérêt général