Golf

De nouvelles têtes apparaissent au sommet du golf mondial. Sur le circuit américain, Anthony Kim et Camilo Villegas ont, l’an dernier, sonné le réveil de la nouvelle génération. Et l’Europe suit. L’Irlandais Rory McIlroy est déjà considéré, du haut de ses 19 ans, comme une future star des fairways. L’école suédoise apporte, à chaque tournoi, son lot d’outsiders aux dents longues. Et son homologue espagnole collectionne aussi ses toreros des greens, héritiers des grands Seve Ballesteros ou Jose-Maria Olazabal. On connaissait, bien sûr, Sergio Garcia (n° 2 mondial), Miguel Angel Jimenez, Gonzalez Fernadez-Castano ou Pablo Larrazabal. Voilà qu’apparaît Alvaro Quiros, brillant vainqueur, dimanche dernier, du Masters du Qatar, à Doha.

Allure de fier hidalgo, chapeau de paille sur la tête, sourire charmeur : cet Andalou, originaire de la région de Cadix (terre de golf par excellence), ne passe pas inaperçu. Surtout lorsqu’il sort son "driver" de son sac ! L’homme (1,91 mètre sous la toise et 83 kilos sur la balance) frappe, en effet, la balle comme un sourd, avec une accélération phénoménale ! Ce n’est pas un hasard s’il a terminé l’année 2008 avec les meilleures statistiques dans la spécialité : près de 300 mètres en moyenne. Impressionnant !

L’Espagnol ne se contente cependant pas de bien driver. Son petit jeu est également excellent, notamment son putting. Sur les greens qataris, il l’a prouvé de la plus belle façon, rentrant des putts improbables dans les moments décisifs (notamment sur le trou n° 15 où il sauva un bogey miraculeux), au point de dégoûter ses derniers adversaires, le Suédois Henrik Stenson et le Sud-Africain Louis Oostuizen.

Pro depuis un peu plus de quatre ans, sorti de l’école du Challenge Tour, Alvaro Quiros compte déjà trois victoires à son palmarès sur l’European Tour (Alfred Dunhill Championship en 2007, Open du Portugal en 2008 et Masters du Qatar en 2009). Le voici, à 26 ans, parachuté dans le "Top 30" mondial. En attendant mieux. "Mais chaque chose en son temps. Le golf ne fait aucun cadeau. Chaque semaine, il faut recommencer à zéro, oui presque. J’apprends seulement mon métier", glisse, modeste, le protégé de Jose Rivero, autre grand champion du swing espagnol.

Cette semaine, Alvaro Quiros tentera de confirmer sa valeur à l’occasion du prestigieux Dubai Desert Classic, où la concurrence sera encore plus féroce. Et, en bon aficionado de l’Atletico Madrid, il sortira de sa garde-robe son ensemble rouge et blanc qui lui porte chance