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Colsaerts : "L’argent n’est pas mon moteur"

Hugues Feron

Mis en ligne le 09/11/2011

Nicolas Colsaerts vient de passer la barre du million d’euros de prize-money en une saison. Aucun sportif belge n’a fait mieux.

Nicolas Colsaerts a réussi une nouvelle belle performance dimanche en terminant 20 e du HSBC Champions à Shanghai, l’une des manches du Championnat du monde WGC regroupant tous les meilleurs joueurs mondiaux. Ce résultat lui a permis, via un nouveau chèque de 50 000 euros, de passer la barre du million d’euros de prize-money engrangé en 20 tournois disputés en 2011. C’est bien simple : en termes de prize-money, aucun sportif belge n’a jamais gagné une telle somme en une saison, seules nos tenniswomen Kim Clijsters et Justine Henin ayant fait mieux au niveau féminin ! Ce prize-money correspond également au salaire (hors primes de match) des joueurs de football du top belge.

Et la saison n’est pas encore terminée pour le Bruxellois de 28 ans, désormais 71e mondial, qui doit encore disputer cette semaine l’Open de Singapour (6000000$ de dotation), la World Cup avec Jérôme Theunis à Mission Hills fin novembre (7500000$), et surtout le Dubaï World Championship en décembre, avec à la clé un prize-money de 7 5000 000$ et un bonus de 7500000$ à se partager entre les joueur du Top 15 de la Race To Dubai !

"L’argent n’est pas du tout mon moteur, et encore moins mon objectif", confiait cependant il y a deux semaines Colsaerts lors d’une rencontre avec la presse dans son home-club du Royal Waterloo. "Je ne vise que la performance. Je n’ai pas d’enfants, je ne suis pas marié, je veux profiter de ma bonne période actuelle pour jouer un maximum de tournois de haut niveau, afin de viser encore plus haut et de jouer tous les "Majors". Sincèrement, l’argent n’est pas primordial pour moi. Je ne suis pas un dépensier, je n’ai d’ailleurs quasiment pas encore touché à ce que j’ai gagné cette année. J’ai simplement offert deux billets d’avion à mes parents pour aller à l’île Maurice, où je défendrai mon titre lors d’un tournoi en décembre "

Dans un sport professionnel comme le golf où l’argent est roi, et sert d’ailleurs pleinement à établir les rankings et différents ordres du mérite, Colsaerts ne se monte pas la tête à ce niveau. Ce qui est sans doute aussi l’une de ses grandes forces, son bras ne tremblant pas lorsqu’il réalise un putt qui peut lui faire gagner (ou perdre ) quelques milliers, voire quelques dizaines de milliers d’euros !

Par ailleurs, il faut souligner que ces classements aux gains ne sont que relatifs, et ne correspondent pas à ce que reçoit effectivement le sportif dans sa poche.

"Sur un million d’euros, il ne lui en reste finalement que moins de 300 000" nous précise son manager Vincent Borremans. "I l doit en effet payer son caddie, soit un fixe d’environ 1000 euros par semaine, une participation au prix du billet d’avion en cas de "long courrier", ainsi qu’entre 5 et 10 % du prize-money en fonction du résultat. Tout compris, Brian Nilsson aura gagné plus de 100000 euros bruts cette saison. [ ] Par ailleurs, il faut soustraire l’impôt perçu à la base, dans le pays où le tournoi se déroule. A savoir entre 25 et 40 %, selon les pays, du prize-money remporté. Nicolas paie aussi ses lois sociales et ses centimes additionnels (impôts communaux, soit entre 6 et 8 %) en Belgique ".

Sans oublier que les membres de son staff (Michel Vanmeerbeek, Jérôme Theunis et Vincent Borremans) reçoivent également des honoraires fixes en fonction des prestations effectuées, tandis qu’il faut également défrayer leurs déplacements sur les tournois. Les coaches Mark Roe (petit jeu) et Dave Stockton (putting) reçoivent également un pourcentage en fonction des résultats.

Heureusement pour lui, Colsaerts peut cependant compter aussi sur l’aide financière de ses sponsors, dont les principaux sont Rolex, Lacoste (vêtements), Knauf, Titleist et Footjoy (balles, gants et chaussures), 2Pm, Popsy Business Softaware, AMB Broker et le 3e Bureau. Ce qui lui permet de rembourser en bonne partie ses frais (hôtels, avions, etc.). Un phénomène qui ne fera que s’accentuer en fonction de ses performances. "Mais il ne faut pas croire que nous croulons pour autant sous les propositions !" tempère M. Borremans. "La crise financière actuelle touche également ce secteur. De plus, la Belgique est un petit marché, les contrats de Nicolas étant dès lors nettement moindres qu’un joueur du même niveau américain ou anglais."

Enfin, il faut noter que les plus gros sponsors sur le circuit sont les marques de clubs de golf. Et là aussi, Colsaerts dénote assez fort dans le milieu. "Je veux rester complètement libre à ce niveau, et jouer avec le matériel qui me convient le mieux. Je n’ai donc pas envie de m’associer à l’une ou l’autre marque, qui demande toujours l’exclusivité", commente-t-il. En clair, s’il joue avec un drive Callaway, il ne veut pas être obligé de jouer avec des fers, des wedges ou un putter de la même marque.

Une option qui est tout à son honneur et qui fonctionne pour l’instant pleinement sur le terrain ! A lui de poursuivre dans la même voie cette semaine à Singapour, où il débutera jeudi le Barclays Open regroupant 204 (!) joueurs. Alors qu’il y fait actuellement très chaud et très humide (l’un des deux parcours du tournoi était sous eaux mardi matin), Colsaerts y jouera ses deux premiers tours en compagnie de l’Espagnol Pablo Larrazabal et du Danois Anders Hansen. Soit deux rivaux directs en vue d’un Top 15 final sur le circuit. Et actuellement, pour Colsaerts, il n’y a que ça qui compte

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