Golf

Après une saison 2005 gâchée par une grave blessure au genou gauche, qui nécessita une intervention chirurgicale, Ernie Els est de retour! Vainqueur du «Dunhill Championship» fin décembre à Leopark Creek, le Sud-Africain a poussé, dimanche dernier, Tiger Woods dans ses derniers retranchements lors du Dubaï Classic. Il a même fallu un «playoff» pour départager les deux champions, à égalité à 19 coups sous le par après les 72 trous réglementaires. Malheureusement pour lui, «Big Easy» manqua son drive lors du premier trou de «mort subite» et offrit la victoire au numéro un mondial. «C'est frustrant mais c'est le golf. Dans l'absolu, je ne suis pas mécontent de mon jeu», confia Els en quittant les sables chauds du désert.

Durant les quatre jours du tournoi, le Sud-Africain a prouvé, il est vrai, qu'il était parfaitement affûté. Il a touché la bagatelle de 63 greens en régulation (sur 72) et n'a concédé que trois bogeys (contre un eagle et 20 birdies). Et sans un putting légèrement plus faible (122 putts sur les quatre jours), il aurait probablement remporté l'épreuve. En attendant, revoilà Els au sommet de la hiérarchie. Grâce à cette deuxième place à Dubaï, il a conforté sa cinquième place au classement mondial, juste dans la foulée de Phil Mickelson. En attendant mieux... «J'espère que, cette année, mon physique ne me posera plus de problème. Dans l'absolu, mon repos forcé de la saison dernière m'a permis de faire un break (2 mois sans fouler le moindre green), de m'occuper de ma Fondation (qui participe à l'essor du golf auprès des jeunes en Afrique du Sud), d'être davantage avec ma famille (ma femme Liszl, ma fille Samantha et mon fils Ben) et de goûter aux joies d'une vie tranquille dans ma demeure de Wentworth, en Angleterre. Mais, à la fin, le golf me manquait sérieusement...»

Et pour cause! Depuis ses débuts pros, en 1989, Ernie Els n'a cessé de parcourir le monde un club au bout des doigts! Historiquement, c'est l'un des joueurs qui dispute le plus de tournois sur une année et l'un des seuls à participer activement aux circuits européen et américain. «C'est dans ma nature», répond-il à ceux qui critiquent cet agenda démentiel et qui prétendent que, s'il jouait moins, Ernie pourrait défier Tiger à armes égales.

Mais Els est ainsi fait. Compétiteur né, il aime l'ambiance des tournois. Son palmarès en béton armé (59 victoires sur les différents circuits, dont trois Majors) est là pour le prouver. «Et j'ai toujours faim de titres», sourit-il, le regard déjà tourné vers Augusta, théâtre du Masters (9 au 12 avril).

À ce jour, Els a déjà remporté deux US Open (1994 et 1997) et un British Open (2002). En revanche, il n'a jamais réussi à s'imposer sur les terres géorgiennes de Bobby Jones. «Ce serait un rêve», glisse-t-il. Voilà Tiger et consorts prévenus...

© Les Sports 2006