Golf

Il n'est pas utile de rappeler aux passionnés de golf l'importance et la magie de la Ryder Cup. Inventée en 1927 par un certain Samuel Ryder, riche marchand anglais de grains et mécène de golf à ses heures perdues, elle opposa, durant de nombreuses années, les meilleurs joueurs britanniques à leurs homologues américains. Depuis 1979, ce sont les meilleurs joueurs européens, toutes nations confondues, qui défient les stars du circuit américain.

A l'instar de l'America's Cup en yachting ou de la Coupe Davis en tennis, la Ryder Cup attise les plus folles passions et revêt, pour les joueurs, une importance essentielle. Il n'est pourtant pas question, ici, de prize money. L'épreuve se dispute tous les deux ans (alternativement des deux côtés de l'Atlantique) pour l'honneur et rien que pour l'honneur. Le droit de soulever le légendaire trophée surmonté d'une représentation d'Abe Mitchell, golfeur professionnel britannique, ami et instructeur personnel de Sir Samuel, suffit au bonheur des sélectionnés.

Car la Ryder Cup est, d'abord, une épreuve collective. C'est ce qui fait toute sa malice et tout son charme. Sport individuel par essence, où l'argent est roi, le golf se transforme, tous les deux ans, l'espace de trois jours, en discipline par équipe et dénuée d'enjeu financier! Habitués à s'entretuer chaque semaines sur les différents circuits, les joueurs se retrouvent soudain derrière la même bannière. Les Américains, d'un côté; les Européens, de l'autre. Et que le meilleur gagne...

Le souvenir du Belfry 1985

Durant de longues années, les Etats-Unis dictèrent leur loi sans partage. Entre 1927 et 1979, on ne dénombra ainsi que trois succès britanniques (en 1929, 1933 et 1957), chaque fois sur le sol anglais. Depuis que les Iles se sont ouvertes à l'Europe, les choses ont évolué. Chacun a encore en mémoire le succès des troupes du Vieux-Continent, au Belfry, en 1985, puis, surtout, à Muirfield Village, en 1987. Il s'agissait, tout simplement, de la première défaite américaine sur ses terres. Les héros de l'époque s'appelaient Faldo, Ballesteros, Olazabal, Langer, Woosnam, Torrance ou Darcy...

Qu'adviendra-t-il cette année? Tenants du titre grâce à leur succès au Belfry en 2002 (l'édition de 2001 ne put avoir lieu en raison des attentats du 11 septembre), les Européens rêvent d'un nouveau sacre au pays de l'oncle Sam et des cousins Tiger, Phil et Davis!

Ce ne sera évidemment pas simple. Mais la Ryder Cup se moque de la hiérarchie comme du premier putter de Samuel Ryder. Les vingt-huit rencontres (double et simples) au menu se jouent en match-play. A l'intox. Tout peut arriver, sur chaque trou, sur chaque drive, sur chaque putt. Chaque détail a son importance. Chaque regard. Les archives regorgent de renversements de situations imprévisibles, de géants se retrouvant soudain avec des pieds d'argile. Pour s'imposer dans ce genre de rencontre, il faut avoir les nerfs solides, très solides.

C'est ce qui rend cette compétition si passionnante. Et c'est ce qui permet évidemment à la formation européenne, d'apparence moins solide que son adversaire, de croire à l'exploit. Voilà pour les données. Mais ce sont les acteurs qui écriront évidemment le scénario.

Evénement sportif de l'année dans de nombreux pays (c'est traditionnellement l'une des meilleures audiences télévisées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne), la Ryder Cup est un must à consommer sans modération (sur Canal+ Belgique) pour tous les amoureux du sport de St. Andrews...

© Les Sports 2004