Golf L’Américain Jordan Spieth remporte le British Open et entre dans l’histoire.

Jordan Spieth est passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, hier, lors du dernier tour du British Open qui s’est disputé sur le links du Royal Birkdale (par 70). Mais le jeune joueur américain a finalement soulevé la Claret Jug et remporté le troisième tournoi du Grand Chelem de sa carrière, après le Masters et l’US Open en 2015. Aucun autre joueur n’a, dans l’histoire du golf, été aussi précoce. A 23 ans, le tableau de chasse de Air Jordan est juste phénoménal !

Confortablement installé en tête (11 sous le par et trois coups d’avance) après trois tours, Spieth s’est bizarrement écroulé au début du dernier tour, collectionnant les bogeys et les mauvais coups. Nerveux, hésitant, on le crut carrément perdu lorsqu’il égara sa balle dans la pampa anglaise sur le trou n° 13 mais il sauva miraculeusement le bogey après avoir déclaré sa balle injouable et droppé depuis le practice, au milieu des camions publicitaires ! Et après, comme par magie, ce fut le festival. Ragaillardi par cette mésaventure, libéré de ses mauvais diables et remis sur les bons rails, le talentueux Texan sortit subitement son habit de gala, signant successivement un birdie sur le 14, un eagle sur le 15 et un birdie sur le 16 et le 17. Fabuleux !

A l’arrivée, il remporte l’Open à -12 avec trois coups d’avance sur son compatriote Matt Kuchar (39 ans) qui crut, un moment, être enfin en passe de remporter son premier Major. " Ce fut une journée très compliquée. J’étais mal parti. Je n’étais pas dans le rythme. Je commettais des erreurs inhabituelles. Et puis, il y a eu ce trou n° 13 et tout a changé. Après cette longue séance de drop, j’ai retrouvé mes esprits et mon meilleur niveau. Je me suis dit que rien n’était perdu" confia Jordan Spieth, très ému lors de la cérémonie protocolaire. Le héros a d’ailleurs tenu à rendre hommage à son partenaire de Ryder Cup Matt Kuchar qui accepta, sans broncher, ces 21 minutes d’arrêt au cœur de la partie. "Je connais peu de joueurs qui seraient restés aussi calmes et fair-play…"

Pieters n’a pas brillé

De son côté, Thomas Pieters termine finalement le tournoi à la 44e place à trois coups au-dessus du par. Trop irrégulier tout au long de l’épreuve (moins de 50 % de fairways touchés durant les quatre tours) et hésitant au putting (une moyenne de trente coups sur les greens par jour), l’Anversois n’a jamais réellement lutté pour la victoire. Il n’a jamais démérité mais, le connaissant, il doit être bien déçu de sa performance.

Le British Open est une compétition où la patience et la sagesse sont deux vertus essentielles. Et ce ne sont pas les qualités premières de Young Thomas, toujours prompts à prendre des risques et à attaquer les drapeaux. C’est le métier qui rentre. Son heure viendra. Tout le monde n’a pas la maîtrise de Jordan Spieth.Miguel Tasso