Golf

Tiger Woods maudira encore longtemps sa sortie de bunker au trou 17, là où il espérait signer un birdie devenu obligatoire pour s'ouvrir le chemin d'un barrage en compagnie d'Angel Cabrera, lequel était alors assis avec confiance, au club-house, sur sa carte du jour ornée d'un brillant score de 69. Ayant terminé son US Open avec une carte de 5 au-dessus du par, l'Argentin avait déjà vu Jim Furyk, lui aussi en embuscade, noyer ses dernières illusions dans l'épais rough de ce trou numéro 17, un par 4 a priori pas méchant, mais dont le green, rapide et pentu, fit beaucoup de dégâts. Mais Cabrera le sait : Woods n'est jamais aussi redoutable que lorsqu'il joue dos au mur. Et l'Argentin ne doutait pas, non plus, qu'il sortirait sans doute victime d'un barrage, engagé sur 18 trous, aux côtés du numéro 1 mondial. Mais quand il vit la balle de Woods traverser le green pour venir s'endormir dans le rough voisin, Cabrera se sentit tout de suite plus à l'aise, même si l'Américain, sur un putt de dix mètres au trou numéro 18, lui procura encore le grand frisson. Mais ce putt-là, comme tous ceux qu'il a tentés samedi et dimanche pour faire tomber des birdies, allait échouer à quelques centimètres du trou. Cabrera pouvait exulter, il devenait le premier Sud-Américain à s'adjuger l'Open des Etats-Unis et le deuxième à remporter un tournoi du Grand Chelem après son compatriote Roberto di Vicenzo, vainqueur du British Open en 1967. "Je ne pensais qu'à une seule chose : gagner", a déclaré Cabrera en recevant le trophée sous le regard d'un Tiger Woods qui, après le Masters d'Augusta, termine donc pour la deuxième fois de l'année deuxième d'un tournoi comptant pour le Grand Chelem. "Angel a joué un tournoi parfait , a estimé le n°1 mondial. Il possède quelques très bons coups. Il a fait ce qu'il fallait en nous mettant la pression à Jim Furyk et à moi, et nous avons cédé lors des coups d'approche."

"El Pato", comprenez le "canard" car tel est son surnom sur le circuit en raison de sa démarche particulière, a donc su résister à la pression de l'Américain, revenu de la 13e à la 2e place samedi, et qui a ensuite maintenu le suspense jusqu'à la fin, puisqu'un birdie dans le dernier trou lui aurait permis d'accéder au barrage.

Reste que le nom d'Angel Cabrera n'est pas une insulte à ce parcours diabolique d'Oakmont, dont la vitesse des greens et la force du rough ont constitué de redoutables obstacles pour tous les joueurs. Ce n'est pas un hasard si le vainqueur termine avec cinq coups au-dessus du par et que le cut, vendredi soir, était à plus onze.