Golf Éclairage

La victoire de l’Irlandais du Nord Graeme McDowell, dimanche, lors de l’US Open à Pebble Beach est loin d’être anecdotique. Voilà 40 ans que le golf européen attendait un successeur à l’Anglais Tony Jacklin, dernier lauréat du Vieux Continent dans la compétition en 1970.

Le palmarès 2010 est d’autant plus glorieux pour le golf européen quand on sait que le surprenant Français Grégory Havret (compagnon de chambrée de Nicolas Colsaerts sur le circuit européen, NdlR) a terminé à la deuxième place et que les Allemands Martin Kaymer et Alex Cejka figurent également dans le Top 10.

L’Europe serait-elle en train, petit à petit, de prendre le pouvoir ? N’allons pas trop vite en besogne. Il sera temps de dresser le bilan au soir de la prochaine Ryder Cup qui aura lieu, début octobre, au Celtic Manor resort, au Pays de Galles, où l’équipe européenne espère reconquérir un trophée perdu il y a deux ans.

Mais il est clair que quelques tabous sont tombés ces dernières années. L’Irlandais Padraig Harrington n’avait-il pas été, il y a deux ans, le premier joueur européen à s’adjuger l’USPGA, quatrième levée du Grand Chelem ?

En vérité, c’est surtout l’hégémonie américaine qui est mise à mal ces derniers temps. On ne dénombre plus que six joueurs US (Woods, Mickleson, Stricker, Furyk, Kim et Zach Johnson) dans le Top 20 mondial alors qu’on recense huit Européens (Westwood, Donald, Casey, Poulter, McIlroy, Kaymer, McDowell et Harrington).

Par ailleurs, les victoires du Sud-Africain Trevor Immelman (Masters 2008), de l’Argentin Angel Cabrera (Masters 2009) et du Sud-Coréen Yang (USPGA 2009) sont là pour prouver que le golf vit désormais à l’heure de la mondialisation et que, comme dans la finance, les pays émergents ont désormais leur mot à dire. Des joueurs des cinq continents ont déjà remporté un tournoi du Grand Chelem : c’est un signe qui ne trompe pas. Et ce n’est qu’un début : le Colombien Villegas ou le Japonais Ishikawa sont déjà en embuscade pour élargir encore la nouvelle carte géo-golfique !

Il est décidément bien loin le temps où la suprématie sur les greens se partageait entre les seuls Américains et Britanniques. Certes, ces deux pays dominent toujours les grandes compétitions et le World Ranking, Woods ayant conservé de justesse sa place de n°1 mondial devant Mickelson à l’issue de l’US Open, tandis que Lee Westwood, qui accumule les places d’honneur sans parvenir à accrocher son premier titre en Major, reste aussi en embuscade. Mais elles ne sont plus toutes-puissantes comme autrefois.

L’avènement de plusieurs jeunes champions italiens - les frères Molinari, d’une part, le prodige Matteo Manassero, de l’autre) est symbolique d’une véritable évolution. En ce début de XXIe siècle, le golf est devenu planétaire. Autant le savoir.