Golf

La victoire de Jim Furyk, dimanche, lors de l'US Open ne peut qu'interpeller le joueur de golf amateur. L'Américain possède en effet l'un des swings les moins académiques de tout le circuit professionnel. Au premier coup d'oeil, on serait presque tenté de lui dire de ranger son sac au placard et de tenter sa chance dans un autre sport! «Il lève son club de façon très verticale, avec une rotation très faible des épaules. Il compense ensuite avec une sorte de boucle qui lui permet d'attaquer la balle de l'intérieur. Et ça marche!» analyse Michel Vanmeerbeek, coach national.

Le constat est d'autant plus curieux que le père de Jim Furyk est... professeur de golf! «Tout laisse à penser que le papa n'a pas voulu modifier le swing de son fils parce que celui-ci parvenait, malgré son mouvement bizarre, à réussir tous ses coups. Sergio Garcia et David Duval ont, eux aussi, des pères pros et des swings très étranges...»

Il est évident que ce mouvement de départ très personnel ne permet pas à Jim Furyk de défier les meilleurs au driving. «Il perd inévitablement en longueur (270 mètres en moyenne) mais, en revanche, il est particulièrement droit et touche la plupart des fairways (70pc de moyenne lors de l'US Open). Il n'éprouve dès lors aucune peine à toucher les greens en régulation (74pc sur les quatre tours d'Olympia Fields)...» poursuit Michel Vanmeerbeek.

Il ne lâche rien

A l'arrivée, Jim Furyk ne souffre dès lors pas du tout de ce swing venu de nulle part. Doté d'un petit jeu exceptionnel, il compense largement la (relative) faiblesse de son coup de départ. Sur le terrain, c'est un tueur, un véritable serial killer des greens. Mental de fer, concentration maximale, grande maîtrise tactique, le citoyen de Ponte Vedra Beach est un pur compétiteur, obsédé par la victoire. Ce n'est pas un hasard si, à 33 ans, il fait partie des incontournables de l'équipe américaine de Ryder Cup. En matchplay, c'est une vraie sangsue qui ne lâche rien! «Et je ne crois pas qu'à son âge, il cherchera à modifier son mouvement de départ. Il lui faudrait tout remettre en question. Et cela lui prendrait trop de temps. Il assume pleinement son jeu et il s'en accommode. Je suis sûr, d'ailleurs, que ce premier succès dans un Grand Chelem va lui conférer une plus grande confiance en lui et le rendre encore plus redoutable!» La victoire de Furyk ira, en tout cas, droit au coeur des joueurs du dimanche dont le swing n'est pas un modèle du genre! «L'important, en golf, est d'abord de savoir maîtriser tous les coups: balles basses, balles hautes, fade, draw,... Si tel est le cas, la beauté du swing est accessoire!» conclut Vanmeerbeek. De là à dire qu'il suffit d'avoir un drive à la Furyk pour bien jouer au golf, il y a un pas que nous ne franchirons évidemment pas!

© Les Sports 2003