Golf

Le parcours du Ritz-Carlton GC, sis à Dove Mountain (Arizona), sera le théâtre de mercredi à dimanche du traditionnel Accenture Match Play. Soit l’officieux championnat du monde de la discipline, doté de 8 500 000$ et regroupant les 64 meilleurs joueurs au ranking mondial.

La lutte s’annonce particulièrement chaude et indécise à l’ombre [?] des cactus de l’Arizona. L’Anglais Ian Poulter, vainqueur l’an dernier après avoir battu 4&2 en finale (sur 36 trous) son compatriote Paul Casey (runner-up en 2009 et 2010), tentera de conserver son titre. Ce qui sera loin d’être évident, d’autant qu’il devra être dans le coup aujourd’hui dès le 1er tour face à Stewart Cink. L’Américain, vainqueur du British Open en 2009 et pilier de l’équipe US de Ryder Cup depuis une décennie, reste en effet redoutable dans ce type de duel.

La grosse inconnue concerne bien évidemment l’état de forme de Tiger Woods. Le no 3 mondial, qui n’a plus gagné le moindre tournoi depuis novembre 2009, reste capable de sortir ses griffes à tout moment. Vainqueur de l’épreuve à trois reprises (2003, 2004 et 2008), Tiger apprécie le Match Play. Ce qui était le cas du moins à l’époque où il écrasait la concurrence ! Il semblait certain de sortir le bon coup au bon moment. Ses adversaires le savaient et savaient aussi que Tiger le savait (si vous suivez toujours ).

Mais, désormais, ses adversaires savent qu’ils peuvent profiter d’un moment de faiblesse de Tiger pour l’attaquer. Woods le sait et sait aussi que ses adversaires en sont persuadés ! Ce qui fait toute la différence, dans un sport où l’aspect mental reste prépondérant. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que Woods devra être au top dès le 1er tour, où il sera opposé au Danois Thomas Björn (vainqueur au Qatar il y a quinze jours), avant d’affronter éventuellement soit l’Australien Ogilvy (vainqueur du tournoi en 2006 et 2009) ou l’Irlandais Harrington.

Le gratin mondial a en tout cas répondu présent du côté de Dove Mountain, y compris les joueurs n’appréciant que modérément le Match Play. A l’image de Phil Mickelson ou du no 1 mondial Lee Westwood, l’Anglais ayant bien du mal à confirmer son nouveau statut depuis le début de la saison. A tel point qu’il sent de plus en plus le souffle de l’Allemand Martin Kaymer au faîte de la hiérarchie mondiale !

Quoi qu’il en soit, de nombreux jeunes outsiders (les frères Molinari, McIlroy, Villegas, A. Kim, Fowler, Ishikawa...) peuvent aussi prétendre à ce titre mondial, y compris le prodige italien Matteo Manassero (17 ans), le plus jeune participant à un tournoi WGC depuis qu’il a été mis sur pied, en 1999. Il affrontera d’entrée Steve Stricker (44 ans), de 27 ans son aîné, qui fera parler toute son expérience alors qu’il a remporté l’épreuve il y a déjà dix ans (2001). Un véritable duel de générations, à l’image du golf mondial actuel, où les "quadras" sont repoussés dans leurs derniers retranchements par une jeune garde aux lames bien affûtées