Golf

Il n’a jamais tremblé. Même lorsqu’il concéda deux "bogeys", dimanche, sur les trous 5 et 6, il conserva son calme. En vérité, dans ce "British Open", disputé sur le parcours du Royal Liverpool, Rory McIlroy était intouchable. Il a dominé l’épreuve du début à la fin, terminant le tournoi à 17 coups sous le par avec des statistiques exceptionnelles : 1,53 putt, 68 % des greens touchés en régulation et 300 mètres de moyenne au drive !

Pas grand chose à redouter

À 25 ans, le prodige nord-irlandais est entré dans une nouvelle dimension. Le voilà à la tête de trois tournois du Grand Chelem (US Open 2011, USPGA 2012 et British Open 2013). À son âge, seuls Jack Nicklaus et Tiger Woods avaient fait aussi bien !

Fort de sa confortable avance construite lors des trois premiers tours (six coups sur Rickie Fowler), McIlroy n’avait "a priori" pas grand-chose à redouter à l’aube de la dernière journée. Mais on sait que dans un "Major", sous pression, personne n’est à l’abri d’une défaillance. À l’heure de déposer sa balle sur le tee no 1, nul doute que Rory avait d’ailleurs en tête sa malheureuse expérience du Masters d’Augusta 2011. Largement en tête, il s’était écroulé le dimanche, touché de plein fouet par la peur de gagner.

Mais, cette fois, l’Irlandais est resté parfaitement maître de ses émotions. Certes, Sergio Garcia est, à un moment, revenu à deux longueurs. L’Espagnol n’avait rien à perdre et collectionnait les birdies. Mais, même à ce moment, McIlroy conserva tout son flegme, contrôlant parfaitement la situation.

De l’ordre du côté privé

Lorsque Garcia - à son tour rattrapé par l’émotion - concéda un vilain "bogey" sur le trou n° 15 (il mit deux coups à sortir du bunker jouxtant le green), la messe était dite. "Je n’avais jamais imaginé me retrouver à ce niveau si rapidement", confia Rory après avoir reçu sa première "Claret Jug" sous les acclamations de la foule. Ce n’était pas l’avis de son père qui, voici dix ans, avait parié quelques livres sur le fait que son fils remporterait le "British "avant ses 26 ans…

Après un début de carrière supersonique, McIlroy avait traversé une période délicate l’an passé. En conflit ouvert avec son agent, mal dans son swing avec le matériel de son nouvel équipementier, il souffrait aussi d’une vie sentimentale compliquée avec sa fiancée, la championne de tennis danoise Caroline Wozniacki. Ces derniers mois, Rory a mis de l’ordre dans la maison. Et sa séparation d’avec Caroline l’a visiblement libéré.

Domination à durée indéterminée

De là à imaginer que le sacre de Hoylake marque le début d’une longue hégémonie, il n’y a qu’un pas que certains ont déjà franchi. De fait, en talent pur, McIlroy est au-dessus du lot. Et si son mental rejoint le niveau de son swing, il pourrait effectivement dicter sa loi pour une durée indeterminée sur les greens, un peu à l’image de Tiger Woods au début des années 2000. Un "Tigre" qui, lors de ce "British", était encore loin de son meilleur niveau. Il a terminé 69e à 23 coups du vainqueur ! Miguel Tasso