Golf

Seul véritable links de Belgique, le Royal Golf Club d'Ostende (par 70) vient de terminer sa toilette estivale. Le magnifique club du Coq s'est doté de cinq nouveaux greens sur les trous n°7, 8, 10, 16 et 17. Les travaux de rénovation, qui concernent aussi certains bunkers et qui touchent parfois au dessin des trous concernés, ont été supervisés par le célèbre architecte britannique Martin Hawtree.

Le résultat est à la hauteur des efforts consentis : remarquable. "Le traitement des greens sur un links est très délicat. Le vent a en effet tendance à les assécher. Il faut donc les arroser plus souvent mais moins longtemps que sur des "parklands" classiques. Par ailleurs, afin de ne pas les endommager, nous utilisons des techniques à l'ancienne, comme le sablage à la main", explique Willy Ghijsels, l'incontournable greenkeeper du club.

Né en 1903 grâce à une donation royale de Léopold II, le Royal Golf d'Ostende est un vrai monument du golf national. Et qu'on se le dise : le centenaire se porte comme un jeune homme ! "Nous avons conservé, au fil des ans, une tradition familiale. Nous recensons environ 750 membres. Mais sommes, bien sûr, largement ouverts sur l'extérieur et nous accueillons de nombreux greenfees tout au long de l'année et, plus particulièrement, durant les deux mois d'été. L'an passé, plus de dix mille joueurs nous ont ainsi rendu visite", explique Patrick Van Wettere, le dynamique président du club.

A l'instar des purs links britanniques, le RGC Ostende a une âme, une couleur, une magie. Dessiné sur les dunes, il dégage un parfum à nul autre pareil. Il ne peut donc laisser indifférent, surtout lorsque le vent fouette les visages, comme c'est souvent le cas en bord de mer.

Un moment menacé de fermeture par les extrémistes écologistes, le club, situé en pleine zone verte, a plaidé la bonne foi et est sorti indemne de ces turbulences à connotation politique. "Nous respectons, de longue date, les grands principes écologistes et nous veillons à ne jamais abuser des engrais ou de l'arrosage", rappelle Patrick Van Weterre. Il suffit de fouler les fairways pour s'en rendre compte. Tout, ici, rappelle le respect de la nature. "Nous ne touchons, par exemple, jamais au rough. Il pousse durant la belle saison jusqu'à 75 centimètres et se réduit de lui-même durant l'hiver. D'ailleurs, on y recense une étrange faune, composée de multiples petites bestioles", sourit Willy Ghijsels, qui dirige avec passion une équipe de six jardiniers.

En vérité, il faudrait un livre pour décrire la faune et la flore qui a élu résidence dans le périmètre du parcours. Pêle-mêle, le joueur peut croiser des perdrix, des faisans, des canards de montagne et une collection d'oiseaux qui, sur la route du sud, font souvent escale dans ce coin préservé...

Golfiquement, le Royal Ostende s'érige en véritable défi avec sa petite centaine de bunkers, souvent très profonds et subtilement placés. Lorsque le vent est de la partie, il convient de faire preuve de sagesse et de privilégier les coups de fer (les fameuses "ostendaises") aux dangereux drives, sous peine de se perdre dans les roughs et de faire le bonheur des ramasseurs de balles qui rôdent dans les environs !

Bref, Ostende est un "must" passionnant à découvrir ou à redécouvrir. Et un lieu d'excursion idéal pour les golfeurs en goguette (60 € le greenfee). D'autant qu'à la carte de score, on peut évidemment associer la carte du menu - avec ses fameuses croquettes aux crevettes - sur la terrasse du Club House d'époque...