Golf

Les Etats-Unis ont brillamment remporté, hier, la 41e édition de la Ryder Cup. Emmenés par un Patrick Reed époustouflant et un Phil Mickelson des grands jours, les Américains ont mis fin à une disette de huit ans grâce, notamment, à leur supériorité dans les rencontres de simples.

Voilà l’humiliation de Medinah, en 2012, enfin vengée ! Mais pour le golf belge, cette bataille d’Hazelitine restera un fabuleux souvenir grâce à Thomas Pieters. Cinq matches, quatre victoires : l’Anversois, éblouissant, a marqué de son empreinte l’épreuve.

Pieters fait taire les critiques

À ceux qui doutaient de sa sélection au sein de l’équipe européenne, Pieters a apporté, tout au long du week-end, un cinglant démenti. Titulaire dans les cinq matches (quatre doubles et un simple), il a dépassé toutes les attentes, offrant un vrai récital de coups gagnants. Battu vendredi lors de son premier foursome, où il faisait équipe avec un faible Lee Westwood, il a ensuite sorti le grand jeu, s’adjugeant les trois doubles suivants avec Rory McIlroy comme partenaire. Et, ce dimanche, dans sa partie de simple, il a parachevé son oeuvre, s’imposant (3&2) face à J.B. Holmes, réputé comme une vraie sangsue. Mené de deux coups après les deux premiers trous, Pieters ne s’est pas affolé et a tranquillement remonté son handicap pour sceller sa victoire sur le seizième trou.

Jamais aucun rookie européen n’avait remporté quatre points  : c’est dire la performance de la pépite du golf belge. A 24 ans, Young Pieters est clairement entré, à Hazeltine, dans une autre dimension. Il avait déjà prouvé, en remportant trois titres sur le circuit européen, qu’il avait un énorme potentiel. Sur le terrible parcours du Minnesota, à l’occasion de la plus mythique compétition de golf, il a affiché ses prétentions au plus haut niveau. Et il a donné raison au capitaine européen Darren Clarke qui l’avait décrit comme l’un des plus grands talents depuis Tiger Woods et Rory McIlroy. Il n’est jamais simple, pour un rookie, de faire ses débuts en Ryder Cup. Il faut gérer à la fois le stress, l’enjeu, la formule inhabituelle de jeu. Pieters a parfaitement relevé le défi, sans trembler, en lâchant ses coups. Il s’est même extériorisé, lui l’éternel introverti. On l’a vu haranguer la foule, faire taire les hystériques supporters américains. On l’a vu jouer juste dans les moments importants et enquiller des putts improbables comme un vétéran. Bref, aux yeux de nombreux observateurs, il a été la grande révélation de l’épreuve. Et quelque chose nous dit que ce phénomène n’a pas fini de faire parler de lui  !


Pieters s’est complètement libéré

En duo avec Rory McIlroy, le joueur belge s’est transcendé dans les doubles.

"Je pourrais parler de lui pendant toute la journée. Il a été fantastique. Je suis content que sa première expérience de Ryder Cup ait été faite avec moi, et que nous ayons été capables d’obtenir trois points en jouant ensemble.”

 Au-delà de ces éloges de Rory McIlroy, c’est toute la planète golf qui a salué la performance de Thomas Pieters durant ces trois rencontres de double. Ce duo formé avec le quadruple vainqueur de Grand Chelem a porté une Europe en grandes difficultés, dominée 9,5 à 6,5 avant les 12 simples du dimanche. 

Un Pieters survolté

La transfiguration de l’Anversois revient en partie au Nord-Irlandais Darren Clarke. Après la défaite lors du premier foursome du Belge avec Lee Westwood, le capitaine européen continue à lui attribuer sa confiance. Mieux, il l’aligne aux côtés du numéro 4 mondial Rory McIlroy. On peut dire après coup qu’il aura eu le nez fin.

Outre une complémentarité évidente, cette association permet à Thomas Pieters de prendre confiance et de se relâcher complètement. “A chaque fois que j’exécute un mauvais coup, Rory se met lui-même en position et s’offre une chance de birdie. C’est très facile de jouer avec lui.”

D’un naturel très calme, le Belge apparaît complètement survolté, montant en puissance au fur et à mesure du week-end. Après avoir déjà remporté le four-balls du vendredi et le foursome du samedi, il se permet quelques coups d’éclat lors de son deuxième four-balls de cette 41 e Ryder Cup en s’octroyant un eagle et trois birdies. Il ajoute même la forme au fond en posant son index contre sa bouche en regardant les supporters américains, marquant son territoire.

Avec trois rencontres remportées sur les trois jouées, l’Europe tient une paire en or. Elle risque fort d’être reconduite pour les prochaines éditions comme l’espère Thomas Pieters. “Je pense que nous formerons encore cette équipe pour très longtemps.”