Golf

N icolas Colsaerts possède un solide potentiel. Il est encore très jeune. A son âge, j'étais toujours amateur ! Il est doué et touche remarquablement la balle. Il doit maintenant apprendre à gagner et à bien gérer les parcours et les tournois. C'est une question de patience..."

L'homme qui parle en termes si flatteurs du meilleur joueur belge du moment n'est autre que Colin Montgomerie. Le champion écossais était, vendredi et samedi dernier, de passage au Royal Golf Club du Zoute où, à l'invitation du groupe SAP Belgique, il participa à un Pro-Am, à différents "clinics" et même à un "Skin Game" caritatif en compagnie de Nicolas Colsaerts, Ronan Rafferty et Ellen Smets. "J'adore ce parcours du Zoute. A mes yeux, c'est le plus beau de Belgique et l'un des meilleurs d'Europe. Il a les caractéristiques des plus grands links mais il garde un visage humain", explique-t-il. Colin Montgomerie n'a pas la réputation d'être un joueur très charismatique. Là, pourtant, il était très souriant et détendu. Il évoqua la récente victoire européenne en Ryder Cup. "Les Américains détestent perdre. Mais je crois que nous étions supérieurs. Après les doubles, la messe était déjà dite, ou presque. Nous avions une équipe de grand talent. La meilleure dans laquelle j'ai eu l'occasion de jouer. Et, en plus, nous étions très motivés..."

Agé de 43 ans, Montgomerie possède l'un des plus beaux palmarès de l'histoire du golf européen. Huit fois lauréat de l'Ordre du Mérite, vainqueur de 30 tournois sur l'European Tour, il a déjà participé à la bagatelle de huit Ryder Cup. Depuis ses débuts professionnels en 1987, il a engrangé plus de 20 millions d'euros en prize money. "Dont une grande partie est revenue à ma femme", ironise-t-il en faisant allusion à son divorce très controversé. Montgomerie n'envisage, en tout cas, pas de prendre sa retraite. "Je me sens bien. Prêt à relever d'autres défis. Physiquement, je n'ai quasiment jamais été blessé..." Les secrets d'une telle longévité au plus haut niveau ? "J'ai beaucoup travaillé mon golf lorsque j'étais amateur. Je passais des heures au practice. Lorsque je suis passé pro à l'âge de 24 ans, j'ai touché les dividendes de tous ces entraînements. Et je peux m'appuyer sur mes acquis et jouer davantage au feeling. Bref, j'espère encore pratiquer mon meilleur golf durant quelques années. Lorsque je vois que Fred Funk a défendu les couleurs américaines en Ryder Cup à 49 ans, je me dis que j'ai encore de beaux jours devant moi..."

Montgomerie n'est pas le joueur le plus spectaculaire du circuit. Mais ses statistiques restent exceptionnelles avec 70 pc des greens touchés en régulation et une moyenne de score de 70 sur toute la saison 2006. "Son swing est d'une extraordinaire fluidité. Un modèle du genre", remarque, admiratif, Nicolas Colsaerts. Colin Montgomerie ne se contente pas de participer aux plus grandes compétitions. Il a ainsi créé son Académie à Turnburry et se transforme en architecte. Il a dessiné des parcours en Chine, en Turquie, en Russie et à Dubaï, où le "championship course" porte son nom. Un label de qualité.

© La Libre Belgique 2006