Nicolas Colsaerts, coeur de lion

HUGUES FERON Publié le - Mis à jour le

Golf

ENTRETIEN

Après une saison parfaitement réussie sur le circuit européen, Nicolas Colsaerts se ressource actuellement en Belgique, où il prépare activement sa saison 2004. Objectif: améliorer encore et toujours ses performances, qui lui ont permis de passer 17 cuts sur 29 tournois disputés. Et, surtout, de se mêler aux parties de tête le week-end, comme ce fut notamment le cas en 2003 à l'Open de France, au Trophée Lancôme et à l'Open des Pays-Bas.

«Outre des entraînements quasiment quotidiens à Waterloo, je réalise des séances de fitness plusieurs fois par semaines. Non pas que je rêve d'avoir des épaules carrées (sic), mais parce que je sens que cela pourra m'apporter le petit plus qui fait la différence au plus haut niveau», nous confiait le jeune Ucclois.

S'il est intrinsèquement très doué, Nicolas Colsaerts base en effet sa réussite sur un seul mot: le travail. «Rien ne sert en effet d'avoir un don si on ne le cultive pas! A ce niveau, le golf est un sport qui ne pardonne rien. Il faut être prêt en permanence, physiquement et mentalement, sans quoi tu perds rapidement pied...»

Une chute qu'a déjà connue Nicolas lors de sa première saison sur le circuit (2001), avant de remonter progressivement la pente l'année suivante (17 cuts sur 19 sur le Challenge Tour 2002) pour retrouver la voie des sommets.

Une expérience inestimable

«J'évolue désormais depuis plus de trois ans dans ce monde assez âgé, ce qui me permet d'accumuler de l'expérience pour les prochaines saisons. En attendant, je suis toujours sidéré par l'ampleur que donnent les gens à mes résultats. Lors de l'Omnium de Belgique (qu'il a remporté pour la première fois, et de maîtresse manière, sur le parcours de Houthalen, NDLR), près de 150 personnes ont suivi ma partie le dernier jour. Sans parler du Trophée Lancôme, qui fut une semaine magique...»

Sur le parcours de St-Nom-La-Bretèche, le petit Belge (dixit la presse française) a tenu la dragée haute à Retief Goosen sur les deux parties de tête du week-end, avant de baisser pavillon face à l'ogre sud-africain et prendre tout de même une superbe 5e place. «Le mardi précédant le tournoi, c'était déjà parti. Sur un parcours ressemblant au Ravenstein et me convenant parfaitement, j'avais dit aux Français que je serais en tête le dernier jour. C'était de la folie. J'y ai engrangé une expérience qui n'a pas de prix...»

Tout comme ce fut le cas lors des parties qu'il a partagé cette année avec le Danois Thomas Bjorn (héros malheureux du dernier British Open) à Hong Kong et l'Open de France, mais aussi avec Paul McGinley à l'Open d'Irlande. «S'il y a bien un endroit où il fallait affronter le joueur qui a rentré le putt victorieux pour l'Europe lors de la Ryder Cup, c'était bien là, sur le parcours de Portmarnock. Ce n'était cependant pas une partie décisive, comme j'espère encore en réaliser quelques-unes l'année prochaine. Par saison, vous avez uniquement trois ou quatre semaines chaudes, le tout étant d'en profiter.»

De là à prétendre que Nicolas Colsaerts remportera son premier succès sur le circuit dès 2004, il y a un pas que, volontairement, il ne franchit pas. «Je suis bien conscient que c'est un seuil à passer. Je n'en fais cependant pas une fixation, ce qui serait un suicide (sic). Cela tombera quand cela devra tomber, dans un, deux, trois ou quatre ans. Des joueurs comme Padraig Harrington ou Fredrik Jacobson ont terminé à de multiples reprises à la 2e place avant de s'imposer. Mais j'estime que terminer huit ou dix fois à la 2e place avant d'y parvenir, ce n'est quand même pas si mal...»

A ce niveau, et à l'instar de champion (ne) s de son âge, le jeune Ucclois fait désormais preuve d'une maturité qui lui permettra d'atteindre les sommets en temps opportun. «Jouer aux Etats-Unis? C'est le top, mais je n'ai pas encore le jeu ni l'envergure pour y évoluer une saison. Il ne faut cependant pas dénigrer le circuit européen pour autant. Demandez à Vanhootegem ou de Vooght! De mon côté, et vu mon nouveau classement, je pourrai désormais mieux planifier ma saison qui comprendra à nouveau 25-30 tournois, sans avoir des problèmes d'entrée sur la liste de départ. Je ne participerai pas à la fin du mois à l'épreuve d'ouverture à Hong Kong, vu que j'assisterai au mariage du Français Jean-François Lucquin, mon meilleur ami sur le circuit. Je recommencerai le 10 janvier en Afrique du Sud, avant d'enchaîner par la Thaïlande, l'Australie, Dubaï et Qatar. A chaque fois en compagnie de mon caddy Chris Liley ».

Nicolas Colsaerts forme en effet désormais avec l'Anglais de 30 ans une paire qui se complète à merveille. «Chris est très méticuleux dans son travail de préparation et lors de la compétition. Je décide toujours du coup à jouer, mais son aide dans le choix des clubs est toujours judicieuse. On peut rester ensemble dix ou vingt ans...»

© Les Sports 2003