Golf

ENTRETIEN

Alors que les élections des Associations francophone et néerlandophone de golf vont livrer leurs verdicts ce soir, nous avons fait le point sur la situation de la Fédération belge (FRBG) avec Francis Lelièvre, secrétaire général de la Fédération jusqu'au 30 mars.

M. Lelièvre, quel impact ces élections peuvent-elles avoir sur la Fédération royale belge de golf?

Les présidents de clubs doivent se poser la question de savoir si leur choix correspond à celui des golfeurs. Ils doivent en effet voter pour des administrateurs qui sont modérés ou pas concernant la transformation éventuelle de la FRBG en une boîte vide. Je pense que le joueur n'est pas intéressé par la politique séparatiste prônée par certaines personnes. Or, les régions peuvent bloquer la Fédération nationale vu que, si elles refusent les «modérés» en matière de scission, ces «modérés» ne pourront même pas rentrer au niveau du Conseil national puisqu'ils doivent obtenir un quorum minimum de 30pc au niveau de la région. Si on laisse faire ces extrémistes, nous aurons bientôt, par exemple, des Interclubs flamands, des Interclubs wallons, avec seulement une finale inter-régionales. Mais est-ce que c'est vraiment l'envie du golfeur belge? Je ne le crois pas.

Cette divergence de vues est-elle la raison de votre démission, enregistrée en décembre à la veille de l'AG de la FRBG?

En partie. J'ai démissionné dès avant l'AG parce que l'on m'a mis continuellement des bâtons dans les roues. J'étais harcelé par les responsables des régions, qui dirigent complètement la Fédération nationale. Dans la structure actuelle... et future de la FRBG, un secrétaire général n'a plus de raison d'être puisque, en dernier ressort, ce n'est plus lui qui a le dernier mot! A ce niveau, je me suis fourvoyé, alors qu'il est impossible d'être secrétaire général sans être aussi administrateur-délégué. La situation n'était plus gérable. J'ai compris cela dans le cadre du dossier du programme informatique i-golf, responsable en grande partie des problèmes financiers de la FRBG puisque cela a coûté la bagatelle de 600000€ en 3 ans (400000€ aux clubs et/ou joueurs, 200000€ à la FRBG)... et que cela continuera à raison de 200 000€/an si le futur conseil d'administration de la FRBG n'y fait rien! Ce programme coûte trois fois plus cher que la concurrence, mais le conseil d'administration, mal informé par la cellule informatique des tenants et aboutissants financiers, a signé le contrat contre mon avis. En bon gestionnaire, je devais refuser le produit le plus cher, même si je n'ai rien contre i-golf en tant que tel (...) 53pc des clubs l'utilisent, mais il en fallait 100pc pour qu'il soit efficace. Certains clubs auraient payé jusqu'à 6000€ de help-desk, ce qui explique qu'ils choisissent progressivement un autre programme...

Point de vue sportif, la FRBG a-t-elle encore un rôle à jouer?

Bien sûr! La Fédération doit répondre à la demande de ses golfeurs, qui demandent de pouvoir jouer l'un contre l'autre au niveau national. Les Interclubs, mais aussi toutes les compétitions importantes du Federal Tour (prix du roi, National Strokeplay, National Open,...), doivent rester nationaux. La FRBG doit continuer aussi à s'occuper des élites sportives au niveau international (Belgian Team), tandis que chaque région doit décider du développement de ses joueurs. Afin que le système fonctionne bien, le coach national Michel Vanmeerbeek devrait avoir un rôle de conseiller au niveau des régions, afin que tout le monde évolue dans la même direction.

© Les Sports 2005