Golf Quatrième du Masters à 25 ans, le champion belge peut viser très haut.

Le doute n’est plus permis. Thomas Pieters est bel et bien taillé pour se hisser vers les plus hauts sommets du golf mondial. Il vient encore de le prouver en terminant à une fabuleuse quatrième place à l’occasion de sa première participation au Masters.

Augusta, c’est un peu le Wimbledon du golf. C’est l’épreuve la plus prestigieuse de l’année, la compétition de référence par excellence. Rares sont les débutants qui parviennent à dompter d’entrée les secrets du parcours géorgien tant les pièges y sont nombreux. Thomas Pieters, 25 ans et du culot plein le swing, y est parvenu. Et de quelle façon. Grâce à une folle remontée, il était encore en course pour la victoire finale dimanche soir ! "Le Masters est le tournoi du Grand Chelem qui m’a toujours fait rêver le plus. Je n’avais jamais eu le privilège de jouer à Augusta avant la semaine dernière. J’ai tout de suite trouvé mes marques et eu de bonnes sensations. C’est un parcours d’une incroyable difficulté. Il ne pardonne rien. Mais il est fair et juste. Les bons coups sont récompensés. La clé, c’est d’être patient, d’attendre le bon moment pour attaquer…"

Thomas Pieters a terminé le tournoi à cinq coups sous le par, à quatre petites longueurs seulement de Sergio Garcia et Justin Rose. Avec un brin de réussite ou un peu plus d’expérience, il aurait pu faire encore mieux. On ne peut que regretter, par exemple, ces deux double bogeys sur les trous 12 et 18 lors du premier jour. Ou ce bogey, dimanche, sur le trou n° 16 qui a freiné son improbale série de quatre birdies consécutifs. Mais c’est le métier qui rentre. Et Young Thomas apprend vite. Très vite.

Pour de nombreux spécialistes, il est écrit qu’il remportera un jour le Masters tant il a affiché, en pleine lumière, son talent et ses prétentions. Il a le jeu pour s’imposer mais aussi le mental. Et à Augusta, tout se joue souvent dans la tête. Il ne faut surtout pas douter. Et Thomas n’est pas du genre à se poser trop de questions !

Parachuté lundi à la 26e place du ranking mondial et à la 6e place de la Race do Dubaï, le champion belge poursuit son impressionnante progression. Depuis le début de l’année, il a déjà gagné plus d’un million d’euros sur les greens. Il a surtout prouvé qu’il pouvait viser très haut. Mais cela, il le sait depuis longtemps, lui dont l’objectif est de devenir n° 1 mondial !

Sergio Garcia : le grand déclic
© AFP

L’Espagnol a enfin remporté son premier titre du Grand Chelem.

S’il y avait un joueur qui méritait bien de remporter ce Masters, c’était bien Sergio Garcia. Abonné aux places d’honneur, l’Espagnol faisait partie de ces champions maudits n’ayant jamais réussi à s’adjuger un tournoi du Grand Chelem. Comme l’Écossais Colin Montgomerie ou les Anglais Luke Donald et Lee Westwood.

Dimanche, lorsqu’il se fit rejoindre puis dépasser par l’Anglais Justin Rose, on crut que l’histoire allait, une fois encore, se répéter. Mais Sergio n’accepta pas ce coup du destin. Il s’accrocha. Un peu, beaucoup, à la folie. Après avoir sauvé miraculeusement le par sur le trou n° 13, il enchaîna avec un birdie sur le 14 et un eagle sur le 15 pour revenir à hauteur de son rival anglais. Sur le 18, il putta même pour le sacre, mais sa balle s’échappa sur la droite du trou. En d’autres temps, il se serait effondré moralement. Pas cette fois. Lors du premier trou du playoff, il scella ainsi son couronnement, profitant d’un mauvais drive de Justin Rose. "J’y ai toujours cru. Même lorsque je me suis retrouvé derrière, j’avais des sensations positives. Je jouais bien. J’étais calme et confiant", confiait-il après avoir revêtu la légendaire green jacket réservée aux vainqueurs.

Professionnel depuis 1999, Sergio Garcia, héros de nombreuses Ryder Cup, s’est forgé un fabuleux palmarès. Mais ses échecs répétés lors des Majors en faisaient un éternel loser. La faiblesse de son putting dans les moments importants accentuait sa réputation de Poulidor des greens. Son titre d’Augusta lui a permis, à 37 ans, d’enfin vaincre la malédiction. "J’ai beaucoup réfléchi sur moi-même ces dernières années. J’en tire aujourd’hui les fruits. Je suis très fier de mon attitude et de ma force de caractère…"

Même Justin Rose était impressionné. "Lorsque je l’ai vu dropper sur le 13, j’ai cru que c’était fini pour lui !"

Et si, fort de ce déclic, le Valencien s’offrait d’autres Majors ? On sait que le golf se joue beaucoup dans la tête. Joueur à la fois complet et talentueux, Garcia a clairement le potentiel pour ajouter d’autres scalps à son tableau de chasse, notamment lors du British Open où il a déjà terminé deux fois à la deuxième place.

Troisième joueur espagnol à remporter le Masters après Severiano Ballesteros et Jose-Maria Olazabal, Sergio Garcia a définitivement acquis une nouvelle dimension à Augusta.