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Waterloo Ducks
De Greve sort de sa cage
Thibaut Vinel
Mis en ligne le 15/04/2010
Le podcast Hockey
Cédric De Greve n’avait jamais fait planer un mystère opaque sur ses intentions. Depuis aout dernier, il avait laissé sous-entendre qu’il disputerait plus que probablement sa dernière saison comme gardien. Aujourd’hui, la décision est officielle. Les buts du Waterloo Ducks ne seront plus défendus par l’expérimenté gardien de Waterloo. Il ne lui reste donc plus que quatre matches de championnat et éventuellement quatre rencontres de play off pour montrer ses réflexes. Après ces huit dernières piges, il remisera ses guêtres au placard.
A 31 ans, ce vétérinaire a décidé de tourner la page, de mettre un point final à ce chapitre. Il ne délaissera pas pour autant les travées du Watducks vu qu’il restera l’an prochain administrateur du club avec la responsabilité du sponsoring.
Disputer la saison de trop est la hantise de tout sportif. Arrêter au bon moment est un art délicat. Cédric De Greve aurait pu à 30 ans se retirer avec les honneurs d’un titre conquis devant une foule en délire dans son propre club. Il n’en fut rien. Un gout de trop peu aurait gâché son après-carrière.
Déjà en équipe nationale, ce papa d’un petit garçon et d’une petite fille avait senti le bon moment pour se retirer. Il avait attendu les Jeux olympiques de Pékin. A l’époque, il savait qu’il ne jouerait plus que deux ou trois saisons. Finalement, il a opté pour deux années.
L’arrivée de son second enfant Sacha en novembre, son désir de profiter de sa famille, le développement de son cabinet de vétérinaire et l’envie de reprendre les entrainements qui suit une courbe descendante, autant de facteurs qui ont aidé le dernier rempart vert à prendre une décision inéluctable.
"En aout, j’ai dû me forcer à reprendre les entrainements. Je ne pense pas avoir réalisé la saison de trop sauf si je devais éliminer mon équipe en demi-finale du play off. Je ne voudrais surtout pas couter des points à mon team. Cette année, ce ne fut pas le cas. Je tiens à m’arrêter avant de sentir le déclin. Mon niveau actuel est déjà moins fort qu’en 2008. Je ne voudrais pas me faire virer en raison d’un niveau de jeu trop faible. J’ai compris que le hockey n’était plus un hobby car je devais me faire violence pour me rendre à l’entrainement. Je travaille en général jusqu’à 19h. Je devais vite manger et voir mes filles avant de me rendre au terrain. Je ne suis plus prêt à faire des sacrifices si lourds. Surtout si mon niveau de jeu n’est plus optimal. En plus, l’envie s’évanouissait petit à petit."
Mais, d’envie, il en sera encore question pour les huit dernières prestations de cette figure de proue du club. "Le play off est clairement la partie de saison la plus excitante."
Ce fidèle serviteur des Canards a défendu les cages de Louvain durant une saison. "En 1995-1996, le Waterloo Ducks descendait en D3. J’avais préféré quitter le navire pour jouer comme second gardien à Louvain. Du haut de mes 16 ans, j’ai assez vite pris place entre les perches à la suite d’une blessure de Didier De Heug. Je me souviens de mon premier match contre le Baudouin qui avait été très prometteur. Finalement, Didier a pris sa retraite et moi je me suis fait mes armes."
De retour au Watducks, il a connu des moments forts avec sa bande d’amis. En 2003, il remporte son premier titre. Six ans plus tard, son second. "Mon meilleur souvenir ? Le premier titre ! Nous sentions que nous avions posé la première d’un édifice qui était amené à grandir. Le second fut beau car nous avions archi-dominé toute la saison. Il y eut aussi cette première saison en Division Honneur. Comment ne pas se souvenir de tous ces bons moments avec François De Saedeleer, Maxime Luycx, mon frère et tous les autres ?"
Le départ imminent de cette génération talentueuse n’inquiète pas le futur jeune retraité des terrains. Un an après le départ de son frère Xavier, celui de Cédric De Greve rappelle que le Waterloo Ducks est confronté à l’un de ses plus grands défis. Cette génération dorée mais vieillissante avait été présente depuis le début de l’histoire du club. En 1988, ces jeunes avaient débuté leur classe au Watducks avant de monter tous en équipe première. Aujourd’hui, il faudra qu’une seconde vague prenne le relai. "Je ne suis pas inquiet. Sinon, je ne serais pas parti. L’école des jeunes tourne à plein régime. Le niveau est si relevé que celui qui rentre dans l’équipe première est assuré d’un bon avenir. Et puis, nos enfants prendront la relève. Ce n’est qu’un passage de témoin."
Le témoin, il le passera l’an prochain à un autre gardien pétri de talent, Vincent Vanasch. Viré par Louvain en raison d’un différend, il avait fait un excellent boulot au Pingouin par le passé. La descente des Nivellois en D1 il y a un an ne cadrait plus avec ses hautes ambitions. "Il fait partie des meilleurs tout simplement. Il a les armes pour percer au Watducks. Je peux m’en aller l’esprit serein. Sans un successeur à la hauteur, je n’aurais jamais quitté le navire. S’il devait se blesser, je suis prêt à assurer quelques piges l’an prochain."
Et si l’un de ses enfants, Estelle ou Sacha, décidait d’assurer la relève ? "Je n’aurais aucun problème. Si l’une d’elles devenait gardienne, j’en serais même très fier. C’est un poste à responsabilités. Je ne pense pas qu’on puisse remporter un titre sans un bon gardien même si, certaines années, ma défense gérait la plus grande part du travail. Etre gardien, c’est surtout apprendre à communiquer."
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