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Division 1

Le Pingouin de retour en DH

Jean-François Jourdain

Mis en ligne le 20/05/2010

Le coach nivellois Michel Van den Boer s’en dit satisfait... mais sans excès. Un motif de satisfaction : l’intégration au noyau d’une triplette de scolaires.
Entretien

C

hampion avec cent-seize buts marqués, meilleure attaque; vingt-huit encaissés, de très loin la meilleure défense et 57 pts sur 66 possibles. Quel coach ne rêverait pas d’un tel palmarès ? Cet éternel perfectionniste qu’est Michel Van den Boer, lui, ne s’en contente pas vraiment. Quand on lui demande s’il est globalement satisfait de la saison du Pingouin, il réfléchit de longues secondes avant de répondre affirmativement.

"Mettons que je suis satisfait de la saison dans son ensemble, même si je suis un peu resté sur ma faim au deuxième tour : nous y avons connu une petite baisse de forme, en partie due à la facilité avec laquelle nous avons battu nos adversaires aux matches aller. C’est avant tout une question de déconcentration : quand on a battu une équipe 10-0 à l’aller, il est difficile de faire passer le message qu’il faut se méfier au match retour. D’autant qu’on gagne encore 6-2 en jouant mal..."

Plus particulièrement, ce sont les trois (seules) défaites de la saison qui ennuient le coach gantois : "On a perdu sur le terrain de tous nos concurrents directs, c’est-à-dire ceux dont le niveau ressemble le plus à ce que nous connaitrons la saison prochaine en division d’Honneur. Il y avait parfois des raisons ou des excuses, le match au Daring s’est joué sur un terrain inondé, et à l’Old Club nous étions déjà champions, mais toujours est-il que nous n’avons pas pris un point chez le Top 3 derrière nous."

En début de saison, Michel Van den Boer avait fixé la barre plutôt haut pour ses ouailles : tout gagner, ni plus ni moins - objectif qui s’évanouit dès la 2e journée chez l’autre montant de fin de saison, l’Héraklès - et marquer 120 buts. Ce dernier fut frôlé (116 pour rappel) mais pas atteint non plus. "Il est clair qu’en D1, il faut se fixer des objectifs, on ne peut pas seulement se contenter de remonter. Il faut profiter de notre passage temporaire dans l’antichambre de l’élite pour nous améliorer et y revenir plus fort qu’on en était descendus. Sinon, on perd son temps" justifie-t-il.

Quels seront les objectifs des Aclots la saison prochaine et surtout, quels moyens mettront-ils en œuvre pour y parvenir ? "Il est clair que viser le Top 4 est encore un peu prématuré" sourit Michel Van den Boer. "D’autant que j’aurais cru que, la crise aidant, les clubs allaient un peu moins dépenser, mais c’est tout le contraire apparemment, toutes les équipes ont des étrangers et se renforcent. Nous voudrions nous maintenir en évitant les barrages. D’abord, il nous faut un gardien. Harold D’Hayer, qui était venu de Namur, s’est cassé la jambe à la plage en jouant au foot en début de saison, et il n’a pas joué du tout ! Il reste, mais après un an sans jouer je ne peux cerner sa valeur réelle et veux une solution de rechange. Notre charnière centrale était composée de Julien Dallons, 17 ans, qui a beaucoup progressé, et de Nicolas Dumont, 19 ans. En DH, il faut de l’expérience derrière. D’autre part, nous avons perdu en cours de saison deux joueurs qui ont leur place en DH : Gaëtan Defalque qui a raccroché suite à des blessures récurrentes à l’épaule, et Maxime Bertrand qui est parti en Argentine avec sa compagne. Avec son départ, on a perdu de la vitesse dans l’entrejeu et dans mon système de jeu, c’est important."

On peut aussi s’attendre, selon Michel Van den Boer, à ce que le noyau soit complété par quelques jeunes venus de l’extérieur, et par le retour de Lyon de Simon Bertrand, mais ce ne sera pas la révolution dans le noyau et tout le monde va rester.

"Même lorsque nous sommes descendus la saison dernière, je n’ai jamais regretté d’être venu à la Dodaine" estime Michel Van den Boer. "J’y ai trouvé une chouette ambiance et un groupe désireux de progresser en travaillant. Il manque un peu la culture de la gagne, mais cela s’acquiert, c’est aussi une question de tradition. On ne va pas se balader en DH, mais notre organisation est meilleure. Il y a deux ans, nous avons trop subi le jeu. Même si nous avons bien terminé, nous étions à chaque fois en train de surnager."

La formation, voilà l’un des credos de l’ancien coach louvaniste. "Les clubs ont pris conscience de l’importance de la formation des jeunes. Depuis qu’il a mis l’accent dessus, le Dragons a obtenu des résultats assez spectaculaires. Ils sont champions cette année en juniors, cadets et cadettes. Quand j’y entrainais les dames, il était juste question de... créer une école de jeunes. Le gros problème reste l’encadrement. La fédé dispense des formations, mais il y a encore moyen de faire beaucoup mieux."

Et l’avenir, de quoi sera-t-il fait ? "Je n’ai pas de contrat à Nivelles, mais j’ai une parole. Nous avons convenu de travailler trois ans ensemble, je vais donc commencer théoriquement ma dernière saison, mais j’envisage tout à fait de rester si l’on est content de moi ici".

C’est le contraire qui étonnerait !

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