Hockey

Mini-séisme dans les rangs de l’équipe nationale messieurs hier sur le coup de 16h00. Deux semaines après avoir confirmé qu’il mènerait la Belgique jusqu’aux Jeux Olympiques de Londres, quelques jours après le stage du "Belgian Olympic Team" à Lanzarote, 24 heures après avoir conduit la Belgique vers le succès face aux Pays-Bas (3-4), Adam Commens a décidé de quitter, après trois ans de bons et loyaux services (8 juillet 2007), la tête des "Red Lions".

Déçu et surpris, le président de l’ARBH n’est pas amer. Il est vrai que le désormais ancien sélectionneur - même s’il a un préavis de 3 mois - a géré cette transition de manière très professionnelle.

Rétroactes. Début novembre, la Fédération australienne limoge son sélectionneur à la suite des mauvais résultats de son équipe nationale dames. En effet, cinquième aux "Jeux", elle avait échoué à une anonyme sixième place à la dernière Coupe du Monde.

Adam Commens décline d’abord l’offre tout en confiant à son employeur la teneur de ses discussions avec son pays d’origine. Il en profite pour exprimer son attachement aux Belges. Après un premier tour de table, la Fédération "aussie" revient avec des arguments (financiers entre autres) et surtout un projet concret pour une équipe dames dans le creux.

Le doute s’installe dans l’esprit du stratège qui en fait part aux dirigeants belges. "Nous avons senti le coup venir ces derniers jours. Il pouvait apporter encore tellement au groupe. Je salue l’honnêteté et la franchise du personnage."

Légitiment déçu par la perte d’un élément de valeur, Marc Coudron comprend ce choix délicat. "Il a reçu la possibilité de diriger l’une des équipes dames les plus compétitives au monde, qui, plus est, est celle de son pays. Il devait sauter sur cette occasion qui ne se représenterait peut-être pas deux fois. Il accomplira un rêve. Je sais qu’il regrettait que ce projet lui tombe dessus un peu plus tôt que prévu."

Arrivé au chevet d’une équipe meurtrie par son échec au Champion’s Challenge à Boom, Adam Commens a réalisé un exploit de taille en faisant grimper son équipe sur la troisième marche européenne à Manchester, synonyme de qualification pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Il a mis fin à 32 années de disette.

"Il a aussi accompli un travail de fond gigantesque", ajoute Marc Coudron.

Ce revirement de situation risque de déstabiliser un groupe qui est appelé à monter en puissance dans les prochains mois pour décrocher l’été prochain à Monchengadbach son ticket olympique.

L’ARBH ne veut pas commettre d’erreur de casting. Sans se fixer de délais précis, elle veut que son successeur soit présent au stage de février en Nouvelle-Zélande. Quant au profil recherché, la réponse du président fuse : "Le meilleur ! Nous voulons un coach encore meilleur qu’Adam. Qu’il soit belge ou étranger, il doit réunir des qualités humaines et tactiques. Je ne pense pas qu’en Belgique, il existe un entraîneur aussi talentueux que lui. Mais, je garde toutes les portes ouvertes."

L’heure n’est pas encore au grand déballage médiatique sur les noms des probables candidats. L’actuel T1 du Dragons, Colin Batch, présente des qualités évidentes.

"Il figure sur la liste comme d’autres. En tant que T2, il est logique qu’on pense à lui. Il n’est pas en tête de liste car il n’y a pas de tête de liste." Pas pour l’instant

La Fédération est prête à délier les cordons de la bourse. Dans les limites du raisonnable. Les chiffres de 200 000 ou 300 000 € de salaire pour l’ancien coach hollandais d’Espagne , Maurits Hendriks, circulent avec insistance. "Nous serons loin de ces montants. Jamais, nous ne ferons appel au Dick Advocaat du hockey", se contente de rappeler le président qui n’a pas perdu son légendaire optimisme.