Hockey

Nous laisserons nos envoyés spéciaux, qui ont vécu le championnat d’Europe de hockey de l’intérieur, tirer les conclusions “techniques” du parcours des Red Lions, qui s’est donc achevé par une défaite en finale du tournoi.

Vu de Belgique, on reste avec un goût de trop peu, une impression d’inachevé. Au vrai, nous sommes déçus de la tournure prise par les événements. Une fois encore, c’est au moment de conclure que les Belges se sont mis à trembler.

Ils ont disputé trois finales de grands tournois en quatre ans et il les ont toutes perdues. En 2013, dans cette même compétition, alors disputée en Belgique, ils avaient subi in fine la loi des Allemands. On disait à l’époque, à raison, qu’ils étaient encore un peu courts pour rivaliser avec un tel ogre.

Le staff et les joueurs ont accompli un magnifgique boulot pour hausser la qualité du jeu et acquérir une condition physique de vrais champions. Cela a permis aux Belges de disputer la finale des Jeux olympiques de Rio, en 2016. Cette fois, c’est un excès de confiance, voire un brin de suffisance, qui les a fait perdre l’or contre l’Argentine, alors que tout était réuni pour un sacre historique.

A Amsterdam, la Belgique ont aligné une formation très, très forte. Mais pas encore armée pour se transformer en “tueuse” implacable.

Un parcours en demi-teinte

Examinons le parcours des Red Lions. Contre l’Autriche, en phase de poules, ils ont fait le boulot, sans grand génie et avec un 4-1 quelque peu poussif à la clé mais au moins n’ont-ils pas raté leur entame de tournoi.

Lundi 21 août, ils ont signé le plus grand exploit de l’histoire du hockey belge en atomisant les Néerlandais 5-0 au terme d’une rencontre qui s’est peut-être, au final, révélée extrêment trompeuse. En effet, ce soir-là, tout avait “roulé” pour les Belges alors que les Néerlandais manquaient à la fois de chance et de réalisme et s’étaient, de surcroît, heurtés à un Vincent Vanasch réellement “inhumain”.

Lors de leur dernière rencontre de phase éliminatoire, les Diables trébuchèrent contre l’Espagne (0-2) alors que tout était réuni pour qu’ils terminent premiers de leur groupe et héritent de l’Angleterre en demi-finale.

On ne nous ôtera pas de la tête l’idée que cet adversaire (même s’il a fini troisième) aurait été moins coriace que l’Allemagne. Certes, les Red Lions ont-ils “sorti” les Teutons mais ce fut au bout d’une séance de shoot-out qui, à notre estime, leur a coûté pas mal d’énergie, sur le plan mental notamment.

Un triste troisième quart-temps

Enfin, dimanche, après avoir géré au mieux la première mi-temps, les Belges ont complètement craqué dans le troisième quart-temps. Certes, le soutien du public a été déterminant, certes, on pouvait deviner que les Néerlandais, menés 2-0 et n’ayant plus rien à perdre, allaient mettre une pression terrible sur la défense belge mais comment expliquer et pardonner les mauvaises relances à répétition de cette défense, les pertes de balle de l’entrejeu et la fébrilité des attaquants pendant ce troisième quart d’heure. Le premier but des Pays-Bas peut être qualifié de petit bijou mais quelle erreur de marquage sur l’excellent Kemperman. Et le cafouillage sur le pc égalisateur disait quelque chose de la perte de confiance et de sang-froid des Belges.

La suite, on la connaît, les Red Lions semblaient avoir repris du poil de la bête dans le dernier quart-temps quand Stockbroekx commit une bévue impardonnable à un tel niveau de compétition. Sa faute grossière lui coûta une exclusion de cinq minutes et rapporta un pc décisif aux Hollandais. La victoire avait changé de camp et les Belges avaient donné à leurs rivaux la verge pour les battre.

Cette nouvelle déception aux portes du paradis est cruelle. Mais que pouvaient décemment espérer des Belges qui, sur cinq rencontres, en ont gagné deux, ont partagé une fois l’enjeu et ont perdu à deux reprises là où leurs adversaires n’ont perdu qu’une seule fois même si, à cette occasion, ce fut sur un score fleuve, hélas trompeur et annonciateur d’une méchante revanche ?