Hockey

Après le départ de l'Australien Glenn Turner qui n'a pas réussi sa mission au Léo cette saison, Le Léopold a trouvé sa nouvelle star. Dans un premier temps, le club ucclois avait essayé d'attirer Tom Boon et Cédric Charlier. En vain. Ensuite, une belle opportunité a débarqué sur le marché : Manu Brunet. Le médaillé d'or aux JO de Rio avait décidé il y a quelques semaines de tirer un trait sur le Daring. Même si ses deux dernières saisons à Molenbeek n'ont pas été facile, il voue une reconnaissance éternelle au club qui l'a accueilli en Belgique il y a 5 ans. Le président du « Dar » avait eu le nez fin en attirant ce défenseur qui évoluait en Espagne. « Il m'avait séduit par son projet ambitieux », se souvient 'Manou'. En 2010-2011, le 'Dar' sortait de D1 par la plus grande porte et vivait une première saison laborieuse en Division Honneur. Depuis, le matricule bruxellois a bousculé la hiérarchie traditionnelle en s'invitant dans la course au Top 6 voire Top 4.

Manuel Brunet ne tourne pas autour du pot. « Le Daring est responsable de ma médaille d'or aux Jeux olympiques », lance-t-il avec vigueur. « Après 3 saisons en Espagne, il était temps que je franchisse un cap. J'ai tellement progressé à Bruxelles que je suis devenu un joueur complet. »

Quand le Daring accroche en mai 2014 son premier podium en Division Honneur depuis plus de 50 ans, l'Argentin décroche la médaille de bronze lors de la Coupe du monde de La Haye un mois plus tard. « Ma vie est liée à ces deux équipes qui me procurent beaucoup de bonheur. En sélection nationale, le Mondial de La Haye a constitué le point de départ d'une formidable ascension. »

La Belgique lui a offert de grandes joies à commencer par la découverte de sa future femme, Ana Bertarini. Hockeyeuse de la Rasante, elle a croisé l'élu de son coeur qui l'a rapatrié depuis 3 ans à Molenbeek. « Et notre fils, Luca, est déjà inscrit, mais il doit être encore un peu patient car il n'a que deux ans (rires). »

Sa vie n'a pas fondamentalement changé, mais son statut sportif ne sera plus jamais comme avant. Ce 18 août 2016, Manu Brunet, auteur d'une prestation remarquable en finale des Jeux, a largement contribué à la défaite des Belges. « J'aime ces matches sous tension maximale. Je m'y transcende souvent. Notre victoire n'avait pas été volée. Une image me reste. Quand nous nous asseyons dans le but avec Agus (Mazzilli, ex-Léopold) qui venait de marquer. »

A deux, ils étaient alors les rois du monde durant une fraction de seconde.

Malheureusement, les lendemains de Rio ont été pénibles. Le Daring a vécu une saison noire. Alors que Gérald Cosyns avait aligné sur papier une équipe capable de viser une finale de play off, il n'en fut rien. L'affaire Kholopov a ruiné la saison du club. Manu Brunet balbutiait un semblant de hockey ces derniers mois. Ce changement de club était devenu une nécessité pour relancer sa carrière.

Il est donc passé à table avec le président Cédric Deleuze qui avait conscience que Brunet réunit une somme de qualités qui ont manqué cette saison à l'avenue Dupuich. Il pourra stabiliser toute la ligne défensive et surtout il pourrait garder la tête froide lorsqu'il faudra contrôler les dernières minutes de match. En plus, Manu est un leader né. Avec son charisme, il guidera les plus jeunes sur et en dehors des terrains. Avec Brunet, le Léo renoue avec une tradition argentine. Rossi avait ouvert la voie en marquant réellement l'équipe. Mazzilli avait été un fer de lance. Brunet s'inscrit dans cette lignée royale. Son seul défaut serait de ne pas être un sleeper. Le Léo en cherche.