La benjamine dans un rôle de doyenne

Thibaut Vinel Publié le - Mis à jour le

Hockey

Pascal Kina avait déjà ouvert une brèche à une éventuelle surprise de dernière minute, mardi au Braxgata. Hier, il a confirmé un dernier changement, et non des moindres, dans sa sélection. Il a demandé à la benjamine Aisling D’Hooghe de prendre place entre les perches à la place de son amie-rivale Nadine Khouzam.

"Pascal (Kina) m’a appelé à 10h30 pour m’annoncer la nouvelle", confie la gardienne du Watducks, qui contenait encore sa joie deux heures plus tard. "Je ne réalise pas du tout. Il nous avait prévenues que sa décision n’était pas définitive."

Avec 86 capes dont les matches importantissimes à l’Euro de Mönchengladbach et à l’Olympic qualifier de Kontich, Nadine Khouzam a toujours rempli, avec les honneurs, ses devoirs. Ces dernières semaines, le T1 gantois avait relancé une saine rivalité entre ses deux gardiennes.

Lors du tournoi des 4 Nations à Brême la semaine dernière, il avait donné une chance en or à Aisling en la titularisant contre l’Allemagne. Si elle n’avait que 70 minutes pour convaincre face à la 3e nation mondiale, la native d’Uccle a parfaitement saisi la balle au bond, transformant ce cadeau empoisonné en pain béni. "J’ai au moins touché une vingtaine de balles avec une réussite totale", souligne la gardienne de 17 ans. Effectivement, elle a préservé le zéro au marquoir, offrant une victoire de prestige 1-0 contre la Mannschaft.

Khouzam a été alignée le lendemain face à l’Afrique du Sud, où elle encaissa 4 buts. Le suspense était relancé. A nouveau, Kina se retrouvait face à un dilemme : tenter un coup audacieux ou assurer une certaine continuité ?

Il a fait le pari de l’audace. Après avoir viré Sofie Gierts, après avoir rappelé la très jeune Vandermeiren, il a encore un peu plus rajeuni ses cadres.

Malgré ses 15 capes et ses 17 ans et 338 jours, Aisling D’Hooghe présente un double visage. Derrière son apparente insouciance, teintée d’un large sourire qu’elle arbore en toutes circonstances, se cache une fille d’une étonnante maturité. "J’assumerai mes erreurs. Je sais que je suis l’athlète belge la plus jeune de la délégation. J’en suis fière. Comme les autres, je veux faire honneur à mon pays. Je veux gagner en maturité. Je n’engrangerai de l’expérience qu’en disputant des grands matches."

Dans un même temps, elle transforme son pire handicap en principal atout. "Comme je suis jeune, je n’ai pas peur de commettre des erreurs. Je me définirais comme une insouciante positive. Parfois, je réalise des arrêts artistiques pas toujours contrôlés mais efficaces. Jusqu’ici, cela m’a toujours réussi. J’ai aussi de bons réflexes. Je suis rapide et battante. Et puis, je ne suis pas toute juste. Il faut être un peu folle pour être au goal."

En parlant de folie, elle prévoit une surprise lors de la cérémonie d’ouverture. "Je voudrais avec ma super copine Alix (Gerniers) réaliser un truc complètement fou afin que les caméras soient rivées sur nous. Je pensais à un salto. Mais, en talon et jupe, cela ne le fait pas trop (rires)".

Plus sérieusement, elle rêve de croiser la route d’un certain Roger Federer, son idole. Si elle venait à le rencontrer, elle ne cacherait pas sa timidité. "Mais, je ne le lâcherais pas sans avoir pris une photo ou avoir reçu un autographe. Federer incarne la légende vivante qui a tout réalisé."

Elle était déçue à Pekin que le Suisse ne remporte aucune médaille en simple. "En fait, il y a quatre ans, je ne m’attendais pas à me rendre à Londres. Je jouais au tennis et au hockey. Je me souviens juste que je regardais les matches à la télévision en me disant que beaucoup de Red Lions venaient de mon club. Je ne m’y voyais pas."

Joueuse précoce, elle aspire à vivre une longue carrière au plus haut niveau. Encore mineure aujourd’hui, elle a déjà accompli de beaux exploits, rappelant qu’elle se plaît à défier la loi du temps. A 11 ans, elle intégrait déjà l’équipe première du Watducks, club qu’elle ne quitta jamais. Six ans plus tard et un stick d’or espoirs plus loin, elle se souvient avec amusement qu’elle voulait absolument jouer au football. "Mon papa s’y est opposé. On a alors cherché un autre sport d’équipe."

Sa venue entre les perches est aussi tombée un peu par hasard. "En minimes, chacune devait jouer au goal. J’avais réalisé un bon match. J’y suis restée." Et personne ne s’en plaindra

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