Le Daring, sur un air latino

Thibaut Vinel Publié le - Mis à jour le

Hockey

Au soir des rencontres de Division Honneur, il règne un petit air latino dans le chalet du Daring. Emmené par Pol Garcia-Cascon, le contingent espagnol fait les beaux jours du club molenbeekois en ce début de saison. Avec 4 points sur six, les protégés de Michel Kinnen ont idéalement lancé leur championnat, confirmant les belles promesses entrevues l’an passé lors de leur retour en Division Honneur.

Pol Garcia-Cascon n’est pas étranger à cette réussite. Gardien introverti dans la vie civile, il éclabousse de tout son talent le championnat belge. En défendant les filets d’un tel club, il n’ignorait rien de la délicate mission qui l’attendait. Depuis 13 mois, il l’assume pleinement. Malgré des débuts difficiles.

"Je me suis montré trop irrégulier l’an passé. J’avais souffert lors de la préparation car j’ai vite réalisé la profondeur du fossé qui me séparait des autres joueurs. Non seulement je ne parlais pas français, mais en plus j’évoluais un cran en dessous de mes coéquipiers. Je n’étais pas prêt." Pourtant, il venait à l’époque de quitter le club espagnol de Terrassa avec lequel il a connu deux titres.

Par la suite, il a trouvé ses repères en Belgique grâce notamment à son compatriote et ami Moreno. "Il m’a aidé à signer un contrat avec un club belge. Comme il jouait à Louvain, il était idéalement placé pour me conseiller."

Après une période d’adaptation, il a si bien trouvé ses marques entre les perches qu’il ne regrette pas ses choix. "Avant, le championnat espagnol surclassait celui de Belgique. La tendance s’est inversée. Dans mon pays, quatre clubs restent intouchables. Les autres équipes ne les battent jamais. Ils se partagent les titres. En Belgique, le championnat est si homogène qu’il devient de plus en plus passionnant", narre le sportif de 28 ans qui achève ses études en histoire et qui cherche un travail dans le secteur du commerce tout en assurant des "piges" comme coach des gardiens en U18.

Malgré des aptitudes hors normes, Pol Garcia-Cascon n’a pas signé pour un club qui joue le titre cette saison. S’il tenait à rester fidèle à sa famille du "Daring", il reconnaît aussi ne pas avoir croulé sous les demandes. "Seuls l’Orée et Louvain ont entamé des négociations qui n’ont pas abouti."

A 28 ans, il joue son rôle de guide de la délégation latino qui a débarqué au pied de la Basilique. Il a ouvert la voie à quelques joueurs de renom issu du pays de Don Quichotte. "Je vis dans un appartement avec trois autres athlètes. Je me suis arrangé pour que mon cousin Ballbé, qui était aligné dans la sélection espagnole présente aux JO, intègre l’équipe. Nous vivons avec Quilez et Mesa."

Si tout ce qu’il touche se transforme en réussite, Pol Garcia-Cascon sait qu’en sport la roue tourne vite. Ce week-end, il est prêt à souffrir face à Louvain et au Watducks. "Si nous perdons 3-4 matches d’affilée, nous redescendrons vite dans le classement. Pour le moment, la balle tourne dans notre sens. Pour le même prix, nous restions avec zéro point au compteur. L’an passé, nous avions longtemps attendu avant d’atteindre les quatre unités."

A quelques jours de ce double week-end, le compatriote de Pau Quemada reste assez zen. La pression est retombée d’un cran. Chacun trouve sa place dans le dispositif de Michel Kinnen. Tous connaissent la tâche qui leur a été assignée. De sa place privilégiée, Pol Garcia-Cascon entend poursuivre son apprentissage vers les sommets. A 28 ans, il base son jeu sur des réflexes "venus d’ailleurs".

"En revanche, je dois mieux positionner ma défense ce qui n’est pas évident au Daring vu les langues maternelles de chacun", conclut celui qui ne se considère pas comme un gardien fou. "Je suis l’exception qui confirme la règle. En réalité, je suis un gars timide et normal."

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