Hockey

Le hockey belge veut se forger sa place au soleil. Si le sport de la crosse se porte bien dans notre pays avec un engouement sans cesse croissant (on est passé en moins d'un lustre de 13 500 à près de 19 000 adeptes), chacun sait que la santé d'un sport se mesure aussi aux résultats de son équipe nationale. Et là, les résultats des Belges sont mitigés. Au championnat d'Europe, ils ne dépassent pas une honorable quatrième place depuis une dizaine d'années; ils n'ont participé qu'à deux Coupes du monde en trente ans (1994 à Sydney et 2002 à Kuala Lumpur; et encore, le staff sportif avait décidé de sacrifier cette dernière compétition) et pour ce qui est des Jeux olympiques, chacun sait qu'il faut remonter à 1976 pour y trouver un sport d'équipe belge qui était déjà, à l'époque... le hockey !

Il ne faut pas se leurrer non plus : des résultats probants ne peuvent se conquérir qu'avec un minimum de professionnalisme, vu que les adversaires, eux, se consacrent exclusivement au hockey ! D'où l'idée du COIB, cette saison, de défrayer les internationaux qui acceptent de s'entraîner mardi matin et jeudi matin en plus du mercredi soir et de leur programme individuel de fitness. Officiellement, le COIB sponsorise quatre équipes pour 2007 (le hockey masculin, le basket et le volley féminins ainsi que le football junior) mais les budgets doivent encore être approuvés. "Or, nous ne pouvions pas attendre 2007 pour lancer notre campagne de préparation pour Manchester" nous explique Patrick Celis, le nouveau directeur des équipes nationales. "Nous avons donc négocié un budget extra de 150 000 euros pour 2006, moyennant l'engagement de cinq spécialistes internationaux. Dans ce budget est également comprise une indemnisation des joueurs : ceux-ci reçoivent une somme forfaitaire selon qu'ils sont travailleurs ou étudiants, à condition qu'ils pratiquent bien leur programme de fitness. Ils touchent également des jetons de présence en fonction de leur régularité aux entraînements du mardi. Comme la somme est différente selon les prestations de chacun, il a été demandé aux joueurs une certaine confidentialité." Message bien reçu, en tout cas, car chaque international auquel nous avons posé la question s'est révélé plutôt évasif. Il se chuchote cependant à bonne source qu'un joueur qui travaille et participe au programme complet de la semaine peut toucher une indemnisation maximale de 550 euros. Personne ne sait, en revanche, si ce budget sera intégralement reconduit en 2007...

Les clubs se débrouillent

L'argent a de tout temps été considéré comme un tabou dans le hockey belge, fier de son côté amateur. Il n'empêche que les moeurs évoluent et que les meilleurs clubs belges, s'ils veulent rester attractifs, sont bien forcés d'embrigader des joueurs étrangers qui, évidemment, ne viennent pas uniquement pour écosser des petits pois. Plusieurs solutions sont alors envisageables : la plus courante consiste à attribuer un certain tarif aux joueurs en échange d'entraînements dispensés pendant la semaine ou le week-end aux différentes équipes du club : dames, juniors, etc. Officiellement, aucun chiffre n'est jamais cité et le secret est bien gardé : récemment, lors de l'arrivée de l'international A espagnol Pau Quemada à Louvain, l'un de nos collaborateurs obtint de pouvoir rencontrer la vedette, mais le président local resta à ses côtés pendant toute l'interview, non pas pour régler des problèmes de traduction, mais pour répondre à sa place à l'inévitable question de sa rétribution. La seule chose officielle, c'est que son frère Eduardo voyage chaque semaine en avion de ligne entre Barcelone le vendredi soir et Bruxelles le dimanche soir !

Une autre possibilité est d'engager un joueur comme sportif de haut niveau : ceci suppose un contrat de travail d'une durée d'un an et de 2500 euros bruts par mois minimum. Ceci suppose bien sûr un sponsor privé, car aucun club de hockey ne peut verser un salaire pareil rien qu'avec les cotisations de ses membres.

En cumulant diverses sources de revenus, le joueur le mieux payé en Belgique peut ainsi compter sur 35000 euros bruts par an. Pas un pactole, certes, mais tout de même de quoi vivre décemment !