Hockey

Deux jours après avoir été élu meilleur joueur du monde par la FIH, Arthur Van Doren a décidé de tourner le dos à la compétition belge où il brille de mille feux depuis huit saisons. La saison prochaine, il rejoindra son ancien coéquipier Manu Stockbroekx à Bloemendaal. Le meilleur joueur du monde a bien voulu nous confier ses motivations.

Ce transfert à Bloemendaal, il était dans l’air depuis longtemps ?

En effet. Bloemendaal m’a contacté déjà dans le passé, et notamment la saison dernière, mais ma réponse a toujours été que je devais encore rendre à mon club formateur, le Dragons, ce qu’il m’avait donné, notamment aux jeunes. A 23 ans, je me trouve à un âge charnière idéal pour explorer de nouveaux horizons.

Pourquoi les Pays-Bas et Bloemendaal en particulier ?

La compétition néerlandaise est la seule au monde à être encore meilleure qu’en Belgique. Tous les échos qui m’arrivent des joueurs belges vont dans le même sens : la mentalité est encore plus pro et les clubs tendent vers l’excellence. Bloemendaal, c’est d’abord un cadre magnifique avec des supporters enthousiastes, un environnement familial comme au Dragons et un palmarès de haut niveau. C’est aussi un club de tradition et j’y retrouverai Michel van den Heuvel, qui est aussi assistant-coach des Red Lions. Je veux voir jusqu’où je peux aller et ce transfert m’en donne l’occasion.

Le 31 mars prochain, en huitième de finale de l’EHL, il y aura un certain Dragons-Bloemendaal au programme… C’est déjà votre bête noire puisqu’ils sont les seuls à vous avoir battus deux fois en EHL. Cela n’augmente-t-il pas la pression ?

Je ne vois pas cela comme un problème. Je serai encore plus motivé pour les battre et leur prouver qu’ils ont eu raison de me transférer. Que ceci soit clair, je serai un joueur du Dragons pendant tout le deuxième tour du championnat et je m’investirai à 110 % pour le club, comme je l’ai toujours fait. Je préfère d’ailleurs que mon transfert soit annoncé maintenant plutôt qu’en cours de saison. D’ici la reprise du championnat et l’EHL, la pression aura eu le temps d’un petit peu retomber.

Cela posera aussi un problème aux Red Lions. En 2019, deux matchs de Pro League se disputeront pendant le play-off hollandais. Quel sera votre choix ?

J’aimerais bien répondre, mais je ne sais pas du tout comment cela va évoluer. On verra au moment même. Où en serons-nous en Pro League ? Est-ce qu’on lancera des jeunes dans le bain ? Est-ce que les dates changeront d’un côté ou de l’autre ? Je préfère toujours ne pas me soucier de problèmes qui risquent de ne pas se poser.

Quel sera votre rythme de vie ? Allez-vous vivre à plein temps à Amsterdam ?

Comme les autres Red Lions qui évoluent ou ont évolué dans la compétition néerlandaise, je couperai ma semaine en deux. Vu que le programme de l’équipe nationale continue, je serai en Belgique en début de semaine, normalement jusqu’au mercredi, avant d’aller vivre à Amsterdam où j’aurai un appartement. Je suis conscient que cela va me sortir quelque peu de ma zone de confort, mais j’y suis préparé et cela fait partie du challenge à relever.

Quelle a été la réaction de vos coéquipiers ?

La plupart comprend ma situation et me supporte. Tous les internationaux savent qu’au total, ils vont en profiter car je m’améliorerai au contact du top niveau. Bien entendu, au Dragons on trouve cela très dommage de me voir partir, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y aura encore un Dragons après Van Doren ! Le club a déjà montré qu’il pouvait rebondir après un gros départ et ne sera pas déstabilisé. Au contraire, cela donnera des opportunités à d’autres joueurs qui recevront leur chance.

Quel est votre secret sur le terrain ?

Je prends toujours du plaisir à ce que je fais. Je ne vais pas m’entraîner avec des pieds de plomb. J’ai eu la chance d’avoir été formé et d’avoir évolué au sein d’un grand club, il est temps pour moi de franchir un pas supplémentaire. Et quoi qu’on en dira, c’est uniquement un choix sportif et pas du tout financier.