Hockey

Plusieurs jeunes joueurs dont Van Doren, Hendrickx, Keusters ou encore Dockier ont fait leur apparition dans le noyau des Red Lions à l’occasion du Champions Trophy disputé en décembre à Melbourne. Si l’histoire retiendra que les Belges ont terminé à la cinquième place, elle n’oubliera pas que la jeune génération a montré une partie de l’étendue de son talent.

Le Watducks et le Dragons portent à eux seuls l’épine dorsale de l’équipe nationale. Avec l’émergence de ces jeunes pousses, le paysage se diversifie. Le Beerschot, l’Héraklès et l’Antwerp ont réussi à placer leur figure de proue au sein de cette élite de prestige.

Amaury Keusters, relégué dans le rôle de 19e homme en Australie, et Alexander Hendrickx ont été métamorphosés par ce périple. Après avoir goûté à ce fruit qui n’est plus défendu, ils ont aiguisé leur faim pour les 10 prochaines années. Ils rêvent de grands exploits avec un groupe qui les a accueillis à bras ouverts. Alors qu’ils préparent leurs examens, ils trépignent d’impatience à quelques jours de la reprise des entraînements. Ensuite, il sera déjà temps de partir en stage à Alicante avec les Red Lions afin de préparer le prochain grand rendez-vous : les Championnats d’Europe qui se tiendront à Boom.

Ils ont pris le temps de replonger dans leurs souvenirs entre deux sessions d’étude.

En décembre, vous avez participé à votre premier tournoi officiel avec l’équipe nationale A. Comment vous sentez-vous un mois après votre baptême du feu avec les Red Lions ?

Amaury Keusters : “Très bien, c’était vraiment une belle expérience. Bien sûr, j’avais déjà vécu quelques tournois avec l’équipe des U21, mais là c’est encore autre chose. L’organisation était beaucoup plus professionnelle.”

Alexander Hendrickx : “J’ai vécu une expérience inoubliable. Avant les rencontres, j’étais très nerveux. Sur le terrain, je parvenais à me calmer. J’étais déçu de mon temps de jeu lors du premier match. Ensuite, j’ai progressé au fil des rencontres. J’étais encore loin de mon meilleur niveau.”

L’aventure a pris une tournure différente pour chacun de vous…

A. K. : “Oui, personnellement j’étais déjà très content de partir en Australie avec le groupe. Après quelques jours sur place, le staff m’a annoncé que j’étais le 19e joueur, soit celui qui ne participerait pas au tournoi en raison d’un léger retard physique suite à une blessure. J’étais bien sûr déçu, mais j’en ai profité pour m’entraîner davantage, surtout sur l’aspect physique avec Mick (Beunen). A aucun moment je ne me suis senti à l’écart du groupe.”

A. H. : “J’étais fier d’être repris sur les feuilles de match même si j’étais déçu pour Amaury. Il a pu vivre pleinement avec le groupe cette aventure. Il a surtout été victime de son ancienne blessure.”

En coulisse, qu’est-ce qui vous a le plus marqué au sein de ce noyau ?

A. K. : “J’ai trouvé que nous formions un très chouette groupe. Tout le monde s’entend très bien. Nous sommes très soudés contrairement à ce qu’on a dit. De nombreux joueurs sont venus discuter avec moi lorsque j’ai appris que je ne participerais pas au tournoi.”

A. H. : “Le professionnalisme ! Que ce soit lors des entraînements ou en match, rien n’est laissé au hasard. Tout est analysé, calculé et étudié dans tous les sens.”

Et concernant le rythme des matches ?

A. K. : “J’avais déjà eu l’occasion de me rendre compte de ce qu’était une rencontre internationale en jouant contre l’Argentine en match amical peu avant que l’équipe parte pour les Jeux de Londres. Mais là, c’est encore différent.”

A. H. : “Avec l’Antwerp ou les U21, j’étais capable de jouer 70 minutes. Avec les Red Lions, on retourne sur le banc après 8 minutes en étant cuit. Nous étions obligés de faire plus de passes tant le tempo est élevé.”

Vous avez aussi découvert Marc Lammers. Il devrait être le coach de vos exploits avec les Red Lions. Quelles impressions vous a-t-il laissées en tant qu’entraîneur ?

A. K. : “Il est très actif lors des entraînements, tandis que Colin Batch était plus observateur. Il n’hésite pas à montrer lui-même les exercices à réaliser. Dans le style purement hollandais, il est direct. Si la qualité affichée à l’entraînement ne lui plaît pas, il n’attend pas une demi-heure pour le signaler.”

A. H. : “Il est direct et strict. J’apprécie son sens de la discipline. Il m’a déjà aidé à mieux organiser ma vie pour devenir plus performant sur le terrain. Il connaît le travail à fournir si nous voulons remporter des médailles.”

Et en tant qu’être humain ?

A. K. : “Il est très ouvert. J’ai eu une bonne discussion avec lui lors de ma non-sélection pour le Champions Trophy. Il m’a aussi félicité pour ma réaction.”

A.H. : “Je ne l’ai pas encore vraiment découvert. Il rigole volontiers, mais ce n’est pas un comique, ni un déconneur.”

Lors du stage à Alicante, le groupe sera à nouveau élargi. Craignez-vous pour vos places ?

A. K. : “Franchement, non. Le staff a insisté sur le fait que je devais continuer à m’entraîner physiquement, ce que j’ai fait avec sérieux depuis mon retour. Marc (Lammers) m’a expliqué que, techniquement et tactiquement, je faisais partie des quatorze, quinze meilleurs de l’équipe. Je suis assez confiant.”

A.H. : “J’évite d’y penser. Je bosse afin de montrer mon meilleur visage. Si les autres me sont supérieurs, j’accepterai mon sort. Je ne crains personne.”

Quels sont vos parrains au sein des anciens ?

A.K. : “Je n’avais pas vraiment de parrain, mais plutôt des joueurs que je connaissais assez bien pour les avoir côtoyés dans les équipes de jeunes, comme Luypaert ou Denayer.”

A.H. : “Reckinger, Briels ou Denayer n’hésitent pas à me recadrer à l’entraînement si je ne suis pas au niveau. Avec Briels, nous avons des amis communs. Sinon, je dormais avec Amau. Nous sommes plutôt ordonnés. Comme il devait étudier, nous étions assez calmes. Nous regardions des films et des séries du genre ‘How I meet your mother’. Nous ne sommes pas trop branchés playstation.”

Entre novices, on se serre les coudes…

A. K. : “Nous n’avons pas spécialement ressenti ce besoin de nous serrer les coudes. Tout le monde nous a bien intégrés.”

A. H. : “Je suis surtout proche d’Arthur (Van Doren). Nous avons toujours joué ensemble en équipe de jeunes. Il n’existe pas pour autant une bande de jeunes. Tout le monde se mélange.”

On parle toujours des années en or qui s’ouvrent au hockey belge. En fait, vous êtes nés à la meilleure période ?

A. K. : “Oui. Il y a une très bonne génération actuellement, mais il ne faut pas négliger les efforts de professionnalisation du hockey belge qui sont réalisés pour permettre à cette équipe de gravir les échelons.”

A. H. : “La structure autour de l’équipe est pro, sérieuse et disciplinée. Tout est mis en place pour réaliser un ‘truc’. A nous de trimer pour réussir.”

Ressentez-vous toute la pression ?

A. K. : “Je ne ressens pas cela comme une pression, mais davantage comme un pas vers l’avant. Beaucoup de choses sont mises en place pour nous. Nous devons y répondre en faisant à notre tour un effort supplémentaire.”

A. H. : “Je me mets la pression tout seul afin de grandir chaque jour.”

Les attentes de la Fédération sont énormes pourtant…

A. K. : “Oui, mais si la fédération en fait autant, c’est aussi parce qu’elle sent qu’il y a de la qualité dans le groupe. Cela fait plusieurs années que l’équipe nationale avance à grands pas, les résultats le prouvent. Je prends plus cela comme une marque de confiance.”

A. H. : “Le message de la Fédé est clair. Elle y croit tellement que nous ne pouvons qu’y croire aussi.”

Comment êtes-vous nés au hockey ?

A. K. : “J’ai commencé le hockey à l’âge de quatre ans. Toute ma famille jouait déjà à l’Héraklès, un club dans lequel nous sommes très impliqués. C’est donc là que j’ai fait mes débuts en toute logique et j’y suis toujours resté.”

A. H. : “A 4-5 ans, j’ai déménagé à Sint-Job-in’t-Goor, à 2 rues du club de l’Antwerp. Comme mes cousins étaient membres, ils m’ont attiré dans le noyau. Je suis toujours resté fidèle au club de mes débuts.”

Vous ne provenez pas des clubs les plus huppés en championnat. Pourquoi ?

A. K. : “Je suis très attaché à ce club et c’est avec lui que je veux faire des résultats. J’ai parfois connu des moments de doute quant à ma place à l’Héraklès, notamment lorsque nous avons joué les barrages pour éviter la descente l’an dernier. Mais tant que nous sommes en division d’Honneur, je n’ai pas de souci à me faire.”

A. H. : “Je me sens bien à l’Antwerp, même si je regrette tous ces changements chaque saison. Il est temps d’apporter plus de stabilité dans ce noyau. De grands noms comme Kholopov ou Schikendantz sont passés par ici. Quand on vient de l’Antwerp, le chemin vers les Red Lions est plus compliqué.”

Dans quel club belge rêvez-vous de jouer ?

A. K. : “Il n’y en a pas vraiment. La structure de l’Héraklès me convient très bien. Je dirais simplement que cela devait être agréable d’être au Dragons ces trois dernières années. Mais cette saison, on voit bien que tout peut tourner très vite.”

A. H. : “Le Dragons si je devais choisir un club belge.”

Etes-vous tenté par une aventure dans un club à l’étranger ?

A. K. : “Oui. Mais maintenant que je suis engagé avec l’équipe nationale, cela devient très difficile de pouvoir combiner d’un point de vue pratique. Il y a bien sûr les Pays-Bas qui offrent un bon compromis, mais ne joue pas là-bas qui veut. Si je devais partir un jour, j’opterais pour l’Espagne pour y apprendre la langue et essayer de jouer l’EHL.”

A.H. : “Les Pays-Bas dans quelques années. Je veux d’abord finir mes études avant de franchir le cap.”

En fin de saison, à quelle position votre club achèvera-t-il le championnat ?

A. K. : “C’est très difficile à dire maintenant. Les trois premiers matches vont déterminer nos objectifs pour la fin de saison. Notre première intention reste la même : éviter les barrages. Mais si on fait une bonne entame de deuxième tour, pourquoi ne pas se mettre à rêver de play-off ?”

A. H. : “Nous visons encore la 4e place à condition de prester à notre véritable niveau.”

Quel regard jetez-vous sur la première partie de votre saison ?

A. K. : “Nous avons fait un premier tour très positif, avec une excellente préparation. Le nouveau coach (Martijn Teunissen) a amené de la fraîcheur et a remobilisé tout le groupe. Il a notamment redonné confiance aux joueurs qui avaient un peu été oubliés par le coach précédent. Nous avons trouvé l’équilibre entre des joueurs qui savent faire la différence et la présence de jeunes qui commencent à vraiment très bien jouer.”

A.H. : “En début de campagne, nous avons eu besoin de temps car le groupe avait été fort modifié. A partir du jour où nous avons formé un bloc, les résultats ont suivi tout naturellement.”

Et à titre personnel ?

A. K. : “Mon premier objectif pour la fin de l’année 2012 était de participer au Champions Trophy. Cela passait par de bonnes prestations avec mon club. Donc sur ce point-là, je suis aussi très satisfait.”

A. H. : “Je suis satisfait. Avant, Dabanch tirait les sleep. Désormais, je suis passé numéro un. J’ai apporté un plus au groupe.”

Et qui sera champion ?

A. K. : “Le Watducks, je pense. Ils m’ont impressionné par leur possession de balle au match aller. Ils ont seize ou dix-sept bons joueurs qui tournent beaucoup. Si le Watducks confirme son excellent premier tour, ça va être difficile pour la concurrence.”

A.H. : “L’Antwerp bien sûr. Je ne peux formuler aucune autre réponse. Si ce n’est pas l’Antwerp, je pointerais le Watducks.”

Quelle qualité de l’autre aimeriez-vous posséder ?

A. K. : “Sans aucun doute son sleep. On a vu que c’était une arme importante pour l’équipe nationale.”

A. H. : “Amau est très ouvert. Il n’éprouve aucune difficulté à s’intégrer dans le groupe. Il parle beaucoup.”

© La Libre Belgique 2013