Hockey

Arthur Van Doren conquiert son 3e Stick d'or en quatre saisons. Portrait d'une star qui ne se prend pas au sérieux.

Déjà élu meilleur joueur du dernier championnat d'Europe et candidat à l'élection du sportif de l'année, Arthur Van Doren n'a pas fait mentir les pronostics des spécialistes et s'est adjugé hier soir, à Bruxelles, son troisième Stick d'Or en quatre ans. Le quatrième même, si l'on prend en compte le Stick d'or espoir de 2012. Un record qui ne sera sans doute pas battu de sitôt…

Né le 1er octobre 1994, Arthur Van Doren n'a donc que 23 ans à peine. Et pourtant c'est déjà un vieux briscard des terrains de hockey, puisqu'il défend les couleurs de son club de toujours, le Dragons, en Division d'Honneur depuis… huit saisons. Il y débuta en effet à l'âge de 16 ans et y montra immédiatement l'assurance d'un vieux briscard, avec une relance cristalline et une impression qu'il donnait déjà d'aimanter la balle, se trouvant toujours sur sa trajectoire. Formé au club brasschaatois où il tâta son premier stick à 5 ans, il n'a jamais voulu quitter le parc de Brasschaat.

"Si je le fais un jour" dit-il, "ce ne sera en tout cas pas par ambition financière, mais pour relever un autre défi sportif. La Hoofdklasse reste le seul championnat de club qui soit encore plus relevé que le nôtre."

Toujours avec Philippe Goldberg

Après deux ans dans l'équipe nationale des U16, King Arthur s'est mis à brûler les étapes : une seule saison d'U18 (champion d'Europe à Utrecht), une seule en U21 (champion d'Europe à 's-Hertogenbosch) et Red Lion dès 2011 pour un total d'environ 115 capes aujourd'hui. Un détail amusant : pendant toutes ces années, son parcours a épousé exactement celui de Philippe Goldberg, l'actuel T2 de Shane McLeod. Quelqu'un qui est donc bien placé pour le juger :

"Arthur est resté humble et accessible. Il ne se prend pas pour une star. On voit aussi qu'il a été bien élevé : il est poli et respectueux. C'est un chouette gamin et il a encore toujours beaucoup envie d'apprendre. Et quand on sait qu'un hockeyeur arrive à son plein potentiel vers 27-28 ans, on mesure qu'il a encore une belle marge de progression."

Arthur lui-même affirme qu'il recherche toujours du plaisir dans ce qu'il fait. "Si un jour ça ne me plaît plus, j'arrêterai. Mais pour l'instant, je prends beaucoup de plaisir à jouer au hockey. Et si vous étiez une bonne fée, je vous demanderais de rester en bonne santé le plus longtemps possible."

Fan de tous les sports

Car outre le hockey, Arthur est un vrai accro du sport, tennis ou golf dès qu'il le peut, ou alors aller à la mer et s'adonner à des sports nautiques.

Les distinctions individuelles, il les apprécie à leur juste valeur. "Cela reste un sport collectif, bien entendu, et recevoir des trophées individuels n'est pas un but en soi. A Amstelveen, j'aurais mille fois préféré gagner la finale, mais cela montre toujours qu'on est sur le bon chemin. Si l'équipe n'y arrive pas, le joueur non plus. Je pense qu'on commence à être de plus en plus performants" conclut-il, à l'avant-veille de s'embarquer pour la finale de la World League à Bhubaneswar. Où la Belgique aura certainement un rôle à jouer.

Stick d’Or féminin: Alix Gerniers, le moteur de Gand

C’est la deuxième fois que l’attaquante de la Gantoise reçoit le Stick d’Or en Senior (2017 et 2015) après avoir reçu le Stick Espoir en 2012. Et on peut avancer que la Renaisienne d’origine ne l’a pas volé. Vrai moteur de l’équipe gantoise, elle a su mener sa formation vers la finale des play-offs malgré l’étroitesse du noyau. Attaquante infatigable, elle passe d’une ligne à l’autre et se retrouve très souvent face à la gardienne adverse. Elle fut troisième meilleure buteuse du championnat avec 18 buts. A 24 ans, avec un peu plus de 170 sélections en équipe nationale, Gerniers est un modèle de sportivité et de sourire, même lorsque les résultats ne suivent pas.

Stick d’or espoir: Arthur De Sloover, le petit Prince

Si "King Arthur" c'est incontestablement Van Doren, la défense de l'équipe nationale recèle en son sein un autre Arthur, le petit prince. De Sloover est son nom et il est né à Courtrai il y a 20 ans maintenant.

Axel Guillemyn, l'homme à tout faire du Saint-Georges, club où Arthur a grandi, l'a évidemment bien connu. Et le connaît toujours, car c'est un grand ami du père d'Arthur. Facile donc pour lui de nous faire son portrait…

"Vous ne le croiriez pas, mais quand il était jeune, Arthur avait un caractère de cochon ! Il était épouvantable avec ses coéquipiers qui, c'est vrai, ne lui arrivaient pas à la cheville. Et il a toujours voulu tout gagner. Tout a changé le jour où, en U14, il a pris une carte rouge sur le terrain du Wellington. Il s'était fait matraquer tout le match et il a fini par répliquer. Malheureusement pour lui, l'arbitre l'a vu et il a payé pour son geste. Il s'est alors bien amélioré et l'année suivante, il a été repris en Be Gold. Avant cela, il avait complètement raté son tournoi de sélec tion provinciale. La faute à son père qui lui mettait une pression dingue. Dès qu'il s'est retrouvé en Be Gold U14, il a changé du tout au tout. Sans doute qu'on lui a appris là aussi à éviter les cartes."

Arthur débarque à 15 ans en équipe première au Saint-Georges, en D1. "En général, quand vous êtes Be Gold, on vous demande d'aller dans un grand club. Mais on a réussi à le garder en engageant Vitali Kholopov comme joueur-entraîneur. On a dit à Simon Letchford : "Mieux vaut qu'il apprenne avec un bon coach en D1 en jouant tous les matches que de se retrouver en U16 dans un grand club, avec un temps de jeu limité." Et effectivement, Vitali lui a appris plein de choses. Il a des gestes techniques qui font parfois penser à Vitali jeune."

Bien sûr, cela n'eut qu'un temps. Son talent sautant aux yeux, le Beerschot lui fit les yeux doux deux saisons de suite et la deuxième fut la bonne. "Il a directement choisi" poursuit Axel Guillemyn. "Il a dit que ce club ressemblait au Saint-Georges et que c'est là qu'il voulait aller. Encore une fois, il a privilégié le temps de jeu plutôt que de risquer de se retrouver sur le banc une bonne partie du temps. En même temps, étudier à Anvers était une de ses priorités. Il suit des cours d'économie appliquée, on l'a prévenu qu'il aurait besoin de 6 ans au lieu de 4, mais il a quand même réussi sa première année."

Stick d’Or espoir féminin: Stéphanie Vanden Borre, la jeune ancienne

Stéphanie Vanden Borre n’a que 20 ans et pourtant elle brille déjà sur les terrains nationaux et internationaux depuis près de 4 ans. Avec plus de 80 sélections en Red Panthers, la grande arrière en impose et a trouvé sa place en défense à la manière d’une ancienne. Cela fait déjà plusieurs années qu’elle aurait pu prétendre à ce titre d’espoir de l’année. Originaire de l’Indiana, elle s’est également spécialisée pour donner les pc et est à ce titre la meilleure buteuse de son équipe. Elle a été déterminante en Coupe du monde avec les U21 au Chili, arrachant une qualification in extremis pour le top 8 grâce à un pc en dernière minute.