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Top départ!
Quelles chances de médailles belges?
J.Le.
Mis en ligne le 08/08/2008
Qui prendra la relève de Justine Henin pour nous ramener l'or olympique ? La question reste ouverte mais plusieurs de nos compatriotes peuvent prétendre au titre suprême. Du côté du COIB, aucun objectif n'a été fixé en termes de médaille ("L'objectif, c'est qu'un athlète sur deux se hisse en finale ou atteigne le "Top 8" dans sa discipline. Mais, bien sûr, nous espérons des surprises vers le haut, c'est-à-dire des médailles", explique le chef de délégation Philippe Rogge). Nos athlètes devraient pouvoir briguer entre deux et douze médailles. A Atlanta, nos représentants en avaient récolté six, à Sydney, cinq, et à Athènes, trois. La courbe décroissante va-t-elle se poursuivre ? Rien n'est moins sûr au regard du profil ambitieux de certains de nos sportifs : que ce soit en athlétisme, en cyclisme, en équitation, la Belgique peut espérer se mesurer aux autres nations dans de nombreuses épreuves. Habituel pourvoyeur de médaille, le judo pourrait également nous réserver quelques bonnes surprises, tout comme l'aviron. Et puis qui sait ce qui peut nous attendre dans les sports d'équipe ? Le point sur nos principaux atouts.
ATHLETISME: Tia Hellebaut, meilleur espoir féminin
Sur les pistes du stade national, le "Nid d'oiseau", vingt athlètes tenteront de porter haut les couleurs "noire, jaune, rouge". Il faudra essentiellement se tourner vers nos représentantes féminines pour voir se concrétiser nos rêves de médailles. Tia Hellebaut, au saut en hauteur, constitue notre atout majeur. La championne d'Europe en titre, qui aura principalement maille à partir avec la Croate Blanka Vlasic, vise au minimum un podium. Pour Kim Gevaert, la concurrence des sprinteuses américaines notamment s'annonce particulièrement rude. Sur 100m et 200m, notre compatriote compte parmi les ténors du "Vieux Continent" mais, au niveau planétaire, une défaillance des favorites se révélera certainement nécessaire pour la voir accrocher une médaille à son cou... en tout cas sur le plan individuel. Le relais 4x100m féminin, qui nous a valu une troisième place aux Mondiaux d'Osaka, offrira en effet à Kim Gevaert, Olivia Borlée, Elodie Ouedraogo et Hanna Mariën, une précieuse opportunité de récompense olympique. Reste le 4x400m masculin où les frères Borlée, Jonathan et Kevin, Kristof Beyens et Cédric van Branteghem tenteront de s'accrocher aux meilleurs pour profiter d'un éventuel faux pas.
EQUITATION: Avec un brin de réussite...
Habituée à envoyer ses équipes de jumping et de complet aux JO, la Belgique doit cette fois se contenter d'une (très) petite délégation, à Hong Kong. En tout et pour tout, trois cavaliers seulement représenteront notre pays lors des épreuves équestres. En attendant, la qualité est bien entendu de mise et, comme l'a d'ailleurs exigé le COIB dans chaque discipline sportive; nos trois représentants ont le niveau requis pour viser une place en finale.
Pour Jos Lansink et Karin Donckers (championne de Belgique de complet), la barre sera même placée plus haut et notre champion du monde de saut d'obstacles ne rechigne d'ailleurs pas à évoquer un podium. "On peut normalement attendre le meilleur de lui", signale Eugène Mathy, le président de la commission d'obstacles de la Fédération belge qui n'émet aucun doute sur la forme de Cavalor Cumano après une longue indisponibilité. "Si Jos Lansink a décidé de faire le déplacement avec lui, c'est qu'il a tous ses apaisements sur la forme de Cumano. Il vise une médaille et je suis sûr qu'il peut refaire le coup d'Aix-la-Chapelle en 2006. En l'absence de Jessica Kuerten ou d'Albert Zoer, je vois une dizaine de couples capables de revendiquer un podium."
En complet, Karin Donckers se veut plus prudente, refroidie sans doute par quelques déceptions lors des derniers championnats. "Avec un peu de réussite, elle peut espérer un podium. C'est tout ce que je lui souhaite", déclare Alec van den Abeele. "Jusqu'ici, Karin a toujours manqué de réussite lors des grosses compétitions, échouant souvent au pied du podium. Mais elle a avec Gazelle de la Brasserie un super cheval et sa préparation fut idéale. Elle a finalement toutes ses chances."
En complet toujours, Joris Van Springel visera quant à lui une place en finale avec Bold Action.
CYCLISME: Des possibilités à tous les étages
La petite reine, déclinée sous toutes ses formes devrait nous valoir de nombreux instants d'émotions. Sur piste, sur route ou dans la boue, nos champions des deux roues peuvent tutoyer les sommets. Dans le vélodrome de Laoshan, Ilijo Keisse sera actif sur deux fronts : en duo, avec son compère Kenny De Ketele, dans la course à l'américaine, mais aussi en solo dans la course aux points. Véritable loterie que cette course aux points, disputée sur la distance de 50 km; Keisse est capable d'en tirer le bon numéro. En VTT, tout est possible pour le trio Meirhaeghe, Nys, Paulissen (photo). Quatrième, en 2004, à Athènes, ce dernier semblait le plus affûté avant d'arriver en Chine, mais Sven Nys, venu du cyclo-cross pour tenter l'aventure olympique, a scientifiquement préparé cette course, redessinant le parcours pékinois non loin de chez lui. Son seul problème : il sera un peu loin sur la ligne de départ, celle-ci étant composée sur base du ranking mondial. Enfin, pour ce qui est du cyclisme sur route, les aléas de la course décideront en grande partie des possibilités ou non pour les Belges de viser un podium. A Maxime Monfort et Jurgen van den Broeck de tout mettre en oeuvre pour orienter quelque peu le destin.
HOCKEY: L'attente de toute une génération
Depuis 1976, après une présence quasi ininterrompue depuis la Deuxième Guerre mondiale, les hockeyeurs belges ne se sont plus qualifiés pour les Jeux olympiques. On aurait d'ailleurs pu en dire autant de tous les sports belges, si les ouailles de Jean-François de Sart n'avaient montré la voie quelques mois avant les hockeyeurs.
Toute une génération de manieurs de stick - et même davantage - a donc dû ronger son frein en subissant plusieurs fois le supplice de Tantale. C'est que plusieurs fois la qualification olympique fut à portée de stick, pour se dérober inexplicablement au dernier moment. Ainsi, à Auckland en 1991, les Belges perdirent 3-5 un match contre la Malaisie où ils se créèrent pourtant plus de 20 occasions de but franches. Et chacun a encore en mémoire le drame de Madrid, en 2004, où la Belgique perdit aux strokes contre l'Afrique du Sud après avoir mené tout le match, jusqu'à 14 secondes de la fin.
Mais les hockeyeurs belges - et la fédération, dirigée désormais par le recordman des sélections nationales (358) Marc Coudron - ont eu le bon goût de continuer à croire en leur étoile. Rien n'a été négligé pour assurer aux anciens Diables Rouges - désormais rebaptisés Belgian Red Lions - une préparation optimale. Et le succès fut soudain au rendez-vous l'an dernier, dans la petite finale du championnat d'Europe, à Manchester, lorsque les Belges réussirent l'exploit colossal de battre 4-3, à la dernière seconde, les champions du monde et champions olympiques allemands. La troisième place ainsi conquise donnait directement accès aux Jeux de Pékin.
La poule de la mort
Pour leur retour sur la scène olympique, les Belges n'ont pas été gâtés par la répartition des poules. À côté des inévitables têtes de série, qui seront en l'occurrence l'Allemagne et l'Espagne (de vieilles connaissances, évidemment) ils ont hérité du n°5 mondial, la Corée, alors que le Pakistan, n°6, semble nettement plus prenable, mais aussi de la Nouvelle-Zélande, qui vaut nettement mieux que son actuelle 11e place, et du pays organisateur (17e). L'ordre des rencontres est cependant théoriquement un peu meilleur : ainsi, il est important de commencer le tournoi contre les "terreurs" avant que celles-ci, qui ont l'habitude de monter en puissance en cours de tournoi, ne trouvent leur rythme de croisière; de même, affronter la Chine alors qu'elle aura sans doute déjà perdu quelques matches (ce sera leur dernier adversaire de la poule) vaut certainement mieux qu'en début de tournoi, quand elle y croit encore et qu'elle est portée par son public.
Toutes ces considérations n'auront toutefois que peu de poids, seule comptera la réalité du terrain. En 1976, les Belges avaient terminé à la 9e place à Montréal. Cette fois, l'objectif est de terminer 7es, ce qui impose de laisser deux adversaires derrière soi dans la poule de qualification. On l'a vu, ce ne sera pas de la tarte. Mais s'ils jouent comme à Manchester l'an dernier, nos Lions peuvent encore nous surprendre. C'est tout le mal qu'on leur souhaite !
Savoir Plus
Au Village, une journée de hockeyeur...
Les hockeyeurs belges sont présents sur place depuis le 29 juillet et à en juger par le récit quotidien du manager Jacques Lechat - lequel a d'ailleurs eu l'amabilité de nous communiquer quelques renseignements exclusifs -, tout se passe bien et l'ambiance est à la franche décontraction.
Le quotidien des hockeyeurs est rythmé par les séances d'entraînement, les repas pris au village olympique où les athlètes belges sont arrivés au compte-gouttes pendant dix jours avant que le gros de la troupe n'arrive au début de cette semaine, et quelques jeux de cartes pendant le temps libre. Quels jeux de cartes ? Le staff privilégie le Rikiki (qui a l'avantage incontestable de permettre un nombre variable de joueurs), mais certains joueurs jouent au Whist (l'ancêtre du bridge, ce dernier n'ayant pas encore passé la rampe) et d'autres aussi... au poker. Qui n'est un jeu de cartes qu'en apparence, bien entendu.
Des contrôles omniprésents
Les Belges logent dans le bloc B 2, juste à côté des Slovènes, où ils ont élu domicile sur sept étages. Ils font un peu HLM vus de l'extérieur, mais de l'intérieur, la finition est très soignée et rien ne manque, à part... un réfrigérateur.
Les commentaires sont unanimes : les volontaires chinois sont nombreux et souriants, mais les contrôles sont omniprésents et sur le site olympique, on ne se déplace pas facilement. Souvent, il faut prendre une navette pour faire 500 mètres, car il n'y a pas moyen de les parcourir à pied. L'organisation est décrite comme "parfaite" et "la meilleure qu'on ait jamais rencontrée". En fait, ce qui ennuie le plus les joueurs, c'est... qu'il y a trop de choses à voir, et qu'il est important de garder sa concentration ! Des nouveautés, des vedettes, des événements spéciaux, ce n'est pas ce qui manque au Village. Quant à la pollution, elle a nettement régressé avec les mesures draconiennes de circulation alternée, et depuis le week-end dernier, les joueurs ont même droit au ciel bleu !
Depuis le temps que les Belges sont rompus à la cuisine asiatique, ils la supportent très bien et ils sont experts en maniement des baguettes. Il est vrai qu'un grand nombre d'entre eux a déjà été en Malaisie et en Chine (à Changzhou il y a deux ans) quand ce n'était pas au Japon, à Osaka ! Sachez tout de même que Maxime Luycx ne mange jamais de salade verte, ni Patrice Houssein de champignons. Jérôme Dekeyser est le plus gros mangeur du groupe, tandis que Thierry Renaer est invariablement le dernier à terminer son repas. De toute façon, avec la présence sur place de Frank Fol (le concepteur du fast-food de luxe Exki), les Belges mangent... belgo-chinois.
Au niveau santé, tout le monde va bien. Gregory Gucassoff s'est occasionné une petite entorse à un entraînement, mais rien de grave et il sera sûrement en mesure de s'aligner lors du match d'ouverture contre l'Espagne le 11. Les joueurs ont passé trois jours au camp d'entraînement de Yentaï, ce qui leur a permis de briser quelque peu la routine du Village, et de se refamiliariser avec les conditions de circulation (dingues à l'échelle européenne) sur les routes chinoises.
Davantage de détails peuvent être retrouvés sur le site de la fédération (www.hockey.be) et sur celui de Dominique Maertens, la maman de Gregory Gucassoff (www.mamydom.be)
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