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Le rugby-étude étant très récent, le réservoir actuel de l’équipe nationale s’est forgé dans les écoles de jeunes. La plus performante du royaume reste cette de Watermael-Boisfort. Des jeunes comme Bertrand Billi y sont passés. Alan Williams est aussi passé par tous les paliers dans les catégories de jeunes en Belgique avant de tenter sa chance en France.

A 19 ans, ce grand garçon (1m85 pour 85 kg) aux cheveux noirs est déjà l’un des pions majeurs de l’équipe nationale belge. Alan est un des nombreux belges à évoluer en France. Mais c’est surtout un des seuls à évoluer dans une équipe du Top-14 français.

En effet, depuis cette année, Alan est entré dans l’équipe espoir de Castres. Son parcours rugbystique a débuté à Waterloo chez les jeunes. En 2003, il passe des tests à Aurillac, équipe qui évolue en Pro-D2. Ensuite, il prend la direction d’une autre équipe de Pro-D2 : Gaillac. En fin de saison passée, le club est en difficulté financière et est rétrogradé en Fédérale-1. Joueur libre, Alan a alors envoyé son CV à Castres. Quelques jours plus tard, il était engagé dans la catégorie espoir. « Je suis payé 500€ par mois et j’ai décidé de faire un bac pro dans la maintenance industrielle », confie Alan Williams. Une catégorie espoir qui peut lui faire espérer une place en équipe A à Castres… « Cette année, je ne crois pas non. Il y a beaucoup de monde avant moi. Mais bon avec un peu de chance, pourquoi pas en fin de cette saison monter au jeu avec les A », raconte Alan.

Essai face à l’Argentine

Héros face aux Pumas le 25 août dernier, il a inscrit l’unique essai belge de la partie : « C’était génial, j’étais cuit après car j’étais en bout de course quand on m’a passé le ballon. Mais c’était super », confie-t-il. Alan est aussi, avec Bertrand Billi, un des artisans de la victoire des moins de 20 ans au championnat d’Europe du groupe B, c’était en 2005. Ce qui permet aux diablotins de monter dans le groupe A : « C’était génial même si on a eu une poule assez facile dans le groupe B. Mais ça reste un bon souvenir », se souvient-il, « Dans le groupe A, ce sera une autre paire de manches ». Fin octobre, les diablotins affronteront d'ailleurs la Roumanie pour ce tournoi.

Partir si jeune à l’étranger n’est pas une mince affaire : « Le plus dur ce sont les premiers contacts. L’installation ici, c’est un peu lourd en ce moment mais dans quelques semaines, ça ira », surtout que les matchs internationaux s’enchaînent puisqu’il a été repris pour le tournoi amateur des VI nations en France. Blessé, il n’a joué que le dernier match face à l’Espagne.

Alan est aussi bien placé pour évaluer la différence de niveau entre un pays qui a un des championnats le plus relevé d’Europe et un pays amateur : « Oui ce n’est pas du tout la même chose. Ici les entraînements sont beaucoup plus intenses. Tout est professionnel ».

Un retour au pays ? Pour l’instant, il n’y pense pas.