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L’acteur de la semaine
L’or en bout de piste
Julien Lepeer
Mis en ligne le 09/02/2010
Aquelques jours du début des JO de Vancouver, le "grand cirque blanc" met une dernière touche à son chapiteau olympique. En piste, tous rêvent de briller mais pour Bode Miller, seul l’or revêtira un intérêt. Les accessits, l’Américain y a déjà goûté. Il semblait même avoir fait une croix sur le sacre ultime, laissant planer un doute sur sa participation à l’événement canadien. Cependant, l’un des plus grands skieurs de la dernière décennie a dû se rendre à l’évidence, les Jeux en valent la chandelle.
Désormais l’un des vétérans du circuit, Bode Miller porte très bien ses 32 ans. Certes, il n’a terminé que 15e du classement au terme de la saison 2009 et pointe cette année à la même position. De plus, l’Américain a vécu une saison dernière vierge de victoire, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 2002. Mais en septembre passé, il est revenu en septembre dans le giron de l’équipe des Etats-unis dont il s’était séparé en 2007. Si son début de saison a été affecté par une blessure à la cheville contractée en jouant au volley-ball, Miller est revenu au premier plan en remportant le super-combiné de Wengen, voici un mois.
Hissé au rang d’enfant de la nation lors des JO de 2002, à Salt Lake City, où il avait décroché deux médailles d’argent, le skieur à la personnalité atypique loupa complètement le rendez-vous turinois, quatre ans plus tard. Alors qu’il avait remporté le grand globe de cristal en 2005 et achevé l’exercice suivant sur le podium, Miller portait quasiment à lui seul les espoirs du ski alpin US. Mais trois abandons et une 8e et une 12e place plus tard, la déception attendait l’ogre du circuit au bas des pistes.
C’est alors que l’Américain déclare qu’il n’y a pas que les Jeux dans la vie. En sortant d’un local nocturne de Sestrières où il noyait régulièrement ses déceptions olympiques, il avait déclaré que les JO, "c’est une course d’un jour". Et que, après tout, "ce n’est pas la fin du monde de ne pas gagner l’or".
Mais ce fils de hippies, épris de liberté mais aussi incroyable conquérant, n’a pu se résoudre à abandonner son rêve de sacre. Le mont Olympe, il le domptera, comme tous les autres, doit-il se persuader. Et même si ses heures de gloire sont derrière lui, Miller demeure l’un des skieurs les plus polyvalents du circuit. A peine moins à l’aise dans les épreuves plus techniques que dans les épreuves de vitesse, il a déjà remporté le titre mondial dans toutes les disciplines sauf la descente et le slalom où il a plusieurs fois terminé deuxième.
Et si sa position sur les skis diffère de ses concurrents et font de lui un skieur unique, ce roi des pistes pentues et verglacées n’a rien de conventionnel non plus. Le fait de quitter le team US par exemple, dénote déjà un caractère insoumis mais ce sont ses prises de position sur des sujets sensibles qui vont renforcer sa réputation de "rebelle". Ayant avoué entre autres avoir déjà dévalé les pistes en état d’ébriété, Miller s’est positionné en faveur de la libéralisation du dopage. "La lutte contre le dopage est tellement en retard et inefficace qu’on n’a qu’à légaliser l’EPO", avait-il lâché en 2005, se mettant à dos nombre de sportifs et d’instances de lutte contre le dopage.
Aujourd’hui revenu dans le giron de l’équipe nationale, Miller a fait l’impasse sur la dernière étape de Coupe du monde à Kranjska Gora, pour soigner une cheville douloureuse. Ce papa, qu’il est désormais depuis deux ans, abat à Vancouver sa dernière carte. Sur les pistes enneigées de Whistler, en Colombie-Britannique, ce géant des planches, qui, avec 32 succès, fait partie des dix skieurs alpins ayant remporté le plus grand nombre de victoires en Coupe du monde, Bode Miller entend surprendre une dernière fois
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