Abonnez-vous a La Libre Belgique

L’esprit perdu du Dakar

Philippe Janssens

Mis en ligne le 04/01/2012

De passage à l’Africa Eco Race, Jean-Marie Lurquin a retrouvé l’Afrique. 18 mois après son accident, le Belge regrette l’esprit perdu du Dakar.
Entretien

Ami-course, l’Africa Eco Race profite de sa journée de repos pour passer en Mauritanie. Un bonnet noir vissé sur la tête, les mains protégées par des mitaines, Jean-Marie Lurquin sirote son petit café du matin en admirant ce paysage magique. Dix-huit mois après son terrible accident en Tunisie, le plus titré des navigateurs belges en rallye tout-terrain est heureux de retrouver ce continent noir.

Jean-Marie, votre présence sur cette Africa Eco Race a valeur de symbole. Cela vous touche particulièrement ?

Oui, je suis si heureux d’être là parmi vous, car je ne vous cache pas que je suis passé par des moments difficiles. On a dû m’amputer le pouce et la peau de ma main gauche a été greffée. Avant d’être brûlé comme je l’ai été, on ne peut pas s’imaginer ce qu’on va traverser. Aujourd’hui, près de deux ans plus tard, je me bats toujours contre ma peau. Ma vie a changé, radicalement.

N’avez-vous jamais imaginé remonter dans une voiture de course ?

Non, vraiment, j’ai tourné la page. Aujourd’hui, je vis la compétition au travers de mon fils Fabian.

Vous avez pu constater que le milieu ne vous avait pas oublié ?

Durant ma convalescence, mes proches ont été présents, mais j’ai aussi pu compter sur le monde du rallye et, notamment Jean-Louis Schlesser qui est souvent venu me rendre visite en Belgique.

N’est-ce pas là, justement, l’une des caractéristiques du monde des rallyes africains ?

Oui, c’est vrai. Cet esprit n’existe plus sur le Dakar qui s’éloigne un peu plus chaque année des valeurs originelles. Là-bas, le commercial a pris le pas sur les valeurs humaines. Avec René Metge, Hubert Auriol et Jean-Louis Schlesser, l’Africa Eco Race véhicule les fondamentaux du rallye-raid. Je lui promets un avenir florissant, car de plus en plus de personnes ne supportent plus le barnum du Dakar en Amérique du Sud. A mes yeux, c’est, aujourd’hui, le plus beau rallye du monde. Les Belges sont les premiers à l’avoir compris. On parle de sécurité, ici en Afrique. Mais parlons un peu de l’Argentine. Comment peut-on organiser une course avec des amateurs au milieu de millions de spectateurs, sans prendre ouvertement le risque que se produise un jour un terrible accident qui mettrait à mal toute la discipline ? Et on continue à appeler cela le Dakar. C’est vraiment ridicule

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page