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Le "p’tit" Belge qui vit un conte de fée
Thibaut Vinel
Mis en ligne le 03/02/2012
L’ascension du jeune trentenaire Vincent Debaty, qui fête ce soir sa première titularisation avec le XV de France, n’a pas bouleversé la vie de Pol Debaty et son épouse Barbara Bosman. Les parents du "Belge" (son surnom) de l’équipe de France suivent avec passion dans les tribunes ou devant leur télévision les exploits de leur fils. Et c’est tout. Ils n’ont pas cherché à s’improviser agent de leur fils ou préparateur mental.
D’ailleurs, ils n’auraient jamais imaginé un jour que leur second fils, né à Bruxelles en 1981, porterait un jour le maillot de l’équipe de France. Loin du foin médiatique, les parents de la nouvelle star coulent des jours paisibles dans une énorme ferme à Acosse, à quelques kilomètres d’Hannut.
Tapis dans le fond d’une route barrée d’un petit village quelconque, ils ont fui l’effervescence de Bruxelles il y a deux ans. Ainsi, ces deux retraités contemplent avec un brin de nostalgie leurs vertes années.
Pol Debaty, ancien employé dans les assurances et fier d’avoir été retraité à 54 ans, n’oubliera jamais le jour qui a changé la vie de son fils. "Il a été enrôlé par Jean-Paul Bethuel qui tenait un stand (voir ci-dessous). Avant cette rencontre, Vincent pratiquait zé-ro spooort, hurle-t-il. Il passait son temps sur sa console de jeu ou devant la télévision. Il a tellement regardé La grande vadrouille que la cassette est devenue illisible. Avec mon épouse, nous les laissions tranquilles. Comme la maison était grande, ils vivaient dans leur aile. Certains nous critiquaient. Soit."
Leur vie de famille ressemblait à celle de milliers d’autres foyers belges. Les trois frères se chamaillaient gentiment. Ils n’appréciaient pas l’école. "Vincent a stoppé son cursus avant le bac alors que Christophe l’a obtenu. Inscrits à l’école 17 de Schaerbeek, ils ne faisaient pas de vague. Aucun excès ni dans un sens ni dans l’autre." Ils partaient en vacances en famille dans un Center Park ou dans le Sud de la France.
Rien ne prédestinait donc cette famille à intégrer un jour le coin VIP du stade de France. Pourtant, ce soir, ils seront tous là pour encourager Vincent. "Personne dans la famille ne possèdait de gènes sportifs", avoue le père qui a tout au plus taquiné un ballon de foot en son jeune temps. "Nous regardions des matches à la télévision, mais ne comprenions rien lors des rencontres de rugby."
Le ballon ovale modifia les règles dans la bâtisse familiale car très vite Vincent et Christophe ont délaissé le foyer pour vivre leur aventure sportive en France, laissant leur petit frère Kevin seul. Ce dernier voue plutôt un culte à un autre sport, le kicker.
"Lorsque Vincent est parti à la Rochelle à 17 ans, sa maman a souffert un peu au début, mais on a vite été rassurés. Christophe a suivi son frère deux ans plus tard. Nos enfants s’épanouissent dans leur nouvelle vie. Nous avons toujours laissé une grande indépendance à nos enfants. Aucun d’eux n’a mal tourné."
Pol Debaty, grand passionné de football, a très vite zappé sur une chaîne qui retransmettait le rugby. Il préfère toutefois prendre place dans les tribunes. "Le spectacle est toujours total. Dans les gradins, les supporters chantent et dansent dans une ambiance bon enfant qu’on ne retrouve plus au football. Je n’oublierai jamais cet essai marqué par Vincent sous le maillot de Perpignan alors que nous étions à quelques mètres de la phase de jeu. Quel sentiment de plénitude", conclut le vieil homme qui se réjouit de ne jamais avoir dû assister à une rencontre qui opposait ses deux fils.
Demain à 15h30, il contrôlera ses émotions lorsque son fils foulera la mythique pelouse du stade de France. Dimanche, Pol Debaty replongera dans sa vie classique comme si de rien n’était. Comme il a toujours fait.
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