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JO de Pékin

Le parcours mondial de la flamme en débat

AFP

Mis en ligne le 08/04/2008

La commission exécutive du CIO, qui se réunit à partir de mercredi à Pékin pour trois jours, abordera la question de l'avenir de ce parcours mondial.

Le Comité international olympique (CIO) a évoqué mardi la possibilité de renoncer à l'avenir au parcours mondial de la flamme olympique, tout en faisant bloc avec la Chine pour défendre celui des jeux de Pékin au lendemain d'une étape mouvementée à Paris. La commission exécutive du CIO, qui se réunit à partir de mercredi à Pékin pour trois jours, abordera la question de l'avenir de ce parcours mondial, a déclaré aux journaliste Kevan Gosper, membre de cette commission.

"Je m'attends à ce que la commission exécutive en discute", a-t-il dit, en marge d'une réunion à Pékin de l'Association des comités nationaux olympiques (ACNO). M. Gosper a précisé qu'il serait surtout question de savoir si le passage de la flamme serait limité au pays où se déroulent les JO, alors qu'actuellement elle effectue un périple mondial. Cependant, a-t-il ajouté, pour l'instant rien ne permet de dire que le parcours pour les JO de Pékin sera annulé.

"Je pense que le parcours de la flamme va continuer", a-t-il dit, ajoutant néanmoins: "Il se peut qu'il y ait des ajustements". Néanmoins, la vice-présidente du CIO Gunilla Lindberg s'est dite "certaine" que ce dernier point allait "être discuté". "Je pense que nous devons revoir l'ensemble de la question", a-t-elle déclaré. Le parcours actuellement retenu est le plus ambitieux de l'histoire des JO avec un périple de 137.000 kilomètres parcourant 19 pays plus la Chine. Craig Reedie, membre du Comité olympique britannique, a également indiqué que la commission exécutive du CIO discuterait de cette question. "La Grande-Bretagne va attendre de savoir ce que le CIO a à dire là-dessus", a-t-il indiqué.

Londres accueillera en 2012 les prochains jeux Olympiques. Mardi, après le passage à Paris qui a tourné au fiasco en raison notamment des manifestants pro-tibétains, le CIO a fait bloc avec les organisateurs des jeux de Pékin contre ceux à l'étranger qui perturbent le parcours de la flamme par "haine" de la Chine. "Ils expriment juste leur haine quel que soit le sujet à l'ordre du jour, et la haine contre le pays hôte retombe sur notre torche", a estimé M. Gosper, qualifiant les manifestants de "perturbateurs professionnels".

Les organisateurs des JO "ont fait énormément d'effort pour se préparer à organiser l'une des plus grandes éditions des jeux de tous les temps", a-t-il dit. "Et ces perturbateurs, ces perturbateurs professionnels, ne font pas attention à ça. Ils sont juste animés par la haine et le ressentiment", a estimé ce haut responsable du CIO. "Ces manifestations organisées sont un abus contre la torche olympique, qui est le symbole de la bonne volonté, de la paix, de la compréhension et de l'excellence dans le sport", a-t-il dit. Le comité d'organisation des jeux Olympiques de Pékin (Bocog) a affirmé pour sa part qu'"aucune force" ne pourra arrêter la flamme olympique malgré les incidents de Paris et de Londres.

"Le parcours de la flamme olympique va se poursuivre avec le soutien des habitants du monde entier", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Bocog, Sun Weide. "Aucune force ne peut arrêter le parcours de la flamme olympique des jeux de Pékin", a-t-il assuré. Pour sa part, le gouvernement tibétain en exil a tacitement approuvé les manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique en argüant du droit des personnes à s'élever contre les "effroyables" violations des droits de l'Homme par la Chine.

Tout au long de la journée de lundi le parcours de la flamme à Paris a été perturbé par des manifestants pro-Tibétains qui ont obligé les organisateurs à interrompre le relai avant son terme, transformant cette journée en véritable fiasco après une étape londonienne chahutée. La flamme olympique a décollé lundi soir de Paris à destination de San Francisco (ouest des Etats-Unis), sa prochaine étape, qui est déjà sur le pied de guerre. Lundi, des militants ont placé des banderoles pro-Tibet sur le célèbre pont de la ville, le Golden Gate, avant d'être arrêtés par la police deux heures plus tard.

"Que Jacques Rogge (président du Comité international olympique, ndlr) compte sur nous, nous serons dès demain (mercredi) à San Francisco et on suivra la flamme", a menacé mardi le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF) Robert Ménard, à la pointe du mouvement d'opposition aux JO de Pékin. "Notre objectif, a-t-il ajouté, ce n'est pas de gâcher la fête, c'est d'obliger les chefs d'Etat et de gouvernement des pays démocratiques (...) à dire maintenant s'il y a pas d'amélioration des droits de l'homme je ne serai pas à la cérémonie d'ouverture".

"On fera ça jusqu'à ce qu'on obtienne un vrai engagement des démocraties", a-t-il assuré. "Chaque fois que la flamme fera un kilomètre, il y aura des problèmes, ça ne va pas s'arrêter là", a pronostiqué le secrétaire général de RSF. Les autorités de Buenos Aires ont également décidé de renforcer le dispositif de sécurité mis en place pour accueillir vendredi la flamme. Tout comme l'Australie qui accueille la flamme le 24 avril.

Savoir Plus

L'Australie renforce la sécurité pour la visite de la torche

Les autorités australiennes vont renforcer le dispositif de sécurité autour de la flamme olympique lors de son parcours à Canberra le 24 avril, à la suite des incidents ayant perturbé son passage à Londres et à Paris, ont annoncé mardi des responsables australiens. Le président du comité de la flamme pour Canberra, Ted Quinlan, a indiqué que les responsables australiens avaient suivi attentivement les manifestations pro-tibétaines en Grande-Bretagne et en France. "L'itinéraire a été revu (...) en mettant plus l'accent sur la sécurité qu'auparavant", a déclaré M. Quinlan. "Cela ne veut pas dire que nous allons le raccourcir. Ce que nous voulons, c'est nous assurer que, compte tenu de ce qui s'est passé, chaque mètre du parcours sera sécurisé". "Il n'y aura pas de forces de sécurité chinoises pour assurer la sécurité de la torche pendant qu'elle sera en Australie", a déclaré lundi à la presse M. Rudd lors d'une visite en Grande-Bretagne.

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