Omnisports

Est-ce qu’il est important pour la fierté de notre pays, son image, son épanouissement, la santé de sa jeunesse, d’aller chercher plus de médailles aux Jeux ? C’est une question que je pose aux autorités publiques. Si la réponse est oui, et pour moi elle doit être positive, alors il faut attaquer le problème de façon plus rigoureuse.”

Le président du COIB, Pierre-Olivier Beckers a d’emblée donné le ton lors de son bilan de la campagne belge, s’adressant aux pouvoirs publics afin qu’ils œuvrent dans un même sens. Il a observé depuis 2-3 ans des signes positifs. “La Belgique reste un petit pays qui ne peut pas s’appuyer sur des fonds privés. Nous avons besoin de leurs aides comme les grandes nations du sport. Sans cela, il est impossible de faire de meilleurs résultats et de décrocher plus de médailles. À Londres, 60 records du monde ont été battus. L’écart se resserre entre les meilleurs du monde.”

Déçu par notre moisson, il a aussi souligné les avancées positives. Avant Pékin, il ne voyait aucune coordination entre les acteurs politiques. Désormais, une même vision globale est sur la table. Les responsables osent dévoiler leurs ambitions. “Le challenge, ce n’est pas le talent. Il existe dans notre pays. Les jeunes ont un potentiel extraordinaire. Le challenge, ce sont les moyens financiers. Soyons audacieux.” Il s’est aventuré à des comparaisons. “Le budget de la Grande-Bretagne pour un seul sport, l’aviron, 27 millions €, est supérieur à notre budget pour tous les sports. Le taekwondo britannique a un budget de 5 millions £, soit le budget du COIB.”

Par cet exemple, il met en exergue toute la complexité du sport en Belgique. Les athlètes doivent lutter face à des adversaires qui jouissent d’un encadrement nettement plus performant à tous les niveaux. Le COIB est confronté à des dilemmes cornéliens. Avec son budget, il doit écarter certaines disciplines qui coûteraient cher sans espoir de résultat. “J’aimerais que d’autres sports collectifs soient présents à Rio. Nous nous pencherons sur le volley-ball afin que cette discipline suive l’exemple du hockey. Nous devrons écarter les courses de fond où les chances belges sont quasi nulles”, poursuit Pierre-Olivier Beckers avant de conclure. “Je ne suis pas frustré. Plutôt satisfait. On peut repartir la tête haute. Nous avons réalisé de belles performances dans l’esprit des JO.”

Th. V.