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Bertrand Billi, pouvez-vous nous détailler votre parcours sportif?

J’ai commencé à Mons à 10 ans et ce pendant 3-4 ans, à 13 ans je suis allé à Boitsfort car ils ont la meilleure école de jeunes. J’y suis resté 4-5 ans. J’ai alors pris la direction de Soignies pendant un an en catégorie sénior alors que j’avais à peine 18 ans. Après avoir passé des tests physiques, je suis allé à Perpignan chez les jeunes. ( Classé dans la catégorie Crabos, il a été surclassé dans la catégorie supérieure chez les Rechel). En France, beaucoup croyaient en mon potentiel mais la raison a repris le dessus et j’ai préféré revenir en Belgique, à Soignies, pour faire des études.

Pourquoi ne pas rester à Perpignan ? Pas de regret ?

Au début j’ai beaucoup regretté mais avec le temps je me suis fait une raison. Là-bas, c’était génial, tout était pris en charge, j’avais même de l’argent de poche mais je me suis dit qu’à 32 ans, la carrière est finie et que je n’avais pas de sécurité au cas où ça ne marchait pas dans le rugby.

La cadence des entraînements n’est pas la même à Perpignan et à Soignies.

En France, on avait 5 kinés, 2 médecins, une salle de musculation pour nous. On s’entraînait quasi tout le temps avec les pros. Les entraînements s’enchaînaient à une allure folle. Ici, j’ai 4 heures d’entraînement par semaine avec le club. Individuellement, je cours, je fais ma musculation mais ce n’est pas professionnel. J’essaie d’apporter à Soignies tout le bagage technique que j’ai acquis en France.

Avez-vous l’intention de retenter votre chance en France après vos études?

Si je continue à progresser pourquoi pas. Je pourrais aller en Pro-D2 en France et remonter dans la hiérarchie mais je n’y crois pas trop.

Parlons du match Belgique-Argentine, un beau souvenir pour vous qui n’avez que 20 ans…

En effet, j’étais comme un enfant tout émerveillé. C’est dommage que le stade n’était pas rempli mais c’est notre prochain objectif. En principe, on va vers un match de gala chaque année. Il y a quelques années, le coach avait dit qu’un jour on jouerait dans ce stade et on ne le croyait pas. Il avait raison, même si ce n’est qu’une fois par an. Le résultat est flatteur pour nous mais les joueurs français nous ont beaucoup apporté sur le terrain. L’engouement pour ce match va peut-être créer une ouverture pour le rugby belge, on l’espère tous.

Justement, est-ce que la Fédération belge ne fait pas trop pour l’équipe nationale et pas assez pour les clubs car la moitié des joueurs en équipe nationale jouent à l’étranger ?

Je ne trouve pas car un « gros » match de clubs en Belgique n’attire pas 15000 personnes. Et on ne peut pas soutenir un club plus qu’un autre. Peut-être que dans 4-5 ans, les joueurs en Belgique seront payés, les entraîneurs commencent seulement à l’être.

Comment voyez-vous l’avenir de l’équipe nationale?

Bien, on progresse bien. La génération 86-87 est vraiment une belle cuvée. Avec Alan et Kevin Williams, Thomas Dienst et d’autres, on se suit, on a fait toutes les catégories de jeunes ensemble. On progresse ensemble. Il y a peut-être un trou dans les années à venir mais je ne me fais pas de souci. Pour 2011, on espère se qualifier ou se rapprocher le plus possible de la qualification. Mais maintenant, l’IRB (International Rugby Board, l’instance suprême du rugby mondial) projette de faire une coupe du monde des grandes nations et une pour les petites nations. Pour la petite, avec le niveau actuel, on peut viser les quarts de finale, dans deux ans, je crois qu’on pourrait viser plus si on continue à progresser de la sorte. Mais bon on est encore loin des grandes nations.

Et ton apport dans cette équipe nationale ?

Je suis assez polyvalent. Généralement, je joue troisième ligne. Mais je peux jouer en deuxième ou encore ailier. Mais je ne suis pas indispensable, on est 6-7 pour les postes de n°6, 7 et 8.

Si tu devais choisir un stade ou un pays où tu aimerais jouer.

Pour le stade, je choisirais le Millenium Stadium à Cardiff. Pour le pays, je dirais l’Irlande pour le respect que les Irlandais ont envers ce sport.