Bolshakova : "Montrer au COIB qu’il ne s’est pas trompé"

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Svetlana Bolshakova affiche un beau sourire et ses yeux semblent pétiller de bonheur. Aujourd’hui, celle qui s’était rompu le tendon d’Achille en juin 2011 prendra bien part au concours olympique du triple saut. Une fameuse victoire pour la médaillée de bronze de l’Euro 2010. Et ce, même si elle doit sa présence à Londres à la Commission de sélection du COIB qui l’a repêchée.

Vous devez votre présence ici au COIB. Quel sentiment cela vous procure-t-il ?

"J’ai deux sentiments opposés. D’un côté, il y a un énorme soulagement; bien sûr. Il m’a d’ailleurs fallu une semaine pour faire retomber tout le stress que j’avais eu dans l’attente de ma sélection. Et puis, il y a une certaine pression. Je veux montrer que le COIB ne s’est pas trompé. Donc, il y a une obligation de résultats. Je ne dois pas remuer tout ça et juste me focaliser sur ce que j’ai à faire : tenter de me qualifier pour la finale."

En 2009, vous aviez représenté la Belgique pour la première fois aux Mondiaux de Berlin. En quoi ces Jeux sont-ils différents ?

"En termes de compétition, c’est pareil. Il faut aller chercher sa qualification pour la finale. En revanche, il est évident que le contexte n’est pas le même. Les Jeux, c’est plus grand. Pouvoir y prendre part a toujours été mon rêve. Et ce, que ce soit pour la Russie ou la Belgique. Petite, je n’aurais bien sûr jamais imaginé représenter la Belgique aux JO. Maintenant, j’en suis très heureuse et c’est un honneur."

Sentez-vous beaucoup de pression ou éprouvez-vous davantage de plaisir à être ici ?

"Il y a un peu des deux bien sûr mais, pour le moment, c’est la pression qui domine. Le psychologue Jef Brouwers m’a dit que quand le plaisir s’arrête, la pression commence. J’en suis sans doute à ce stade-là aujourd’hui. Le plaisir, j’en prends quand je sens que mes sauts sont bons. Alors oui, je m’amuse."

Disputer les Jeux Olympiques après deux ruptures totales du tendon d’Achille signifie quoi pour vous ?

"Je suis fière de moi. Cette année-ci a été très difficile et ce fut mentalement usant mais je me suis relevée d’une deuxième grave blessure. Or, cette fois, c’était moins évident que la première fois. Cette fois-ci, j’avais beaucoup moins de temps pour revenir. C’était un contre-la-montre alors que l’autre fois, je pouvais prendre mon temps. Quand j’ai réussi ma première compétition à mon retour à Lokeren, j’étais vraiment très heureuse. Je me disais que c’était fabuleux d’être déjà revenue au même niveau qu’avant. Après, tout s’est mal enchaîné et je ne n’ai pas sorti les sauts que je voulais et je me suis mise un peu à douter."

Où vous situez-vous par rapport à 2010 quand vous aviez conquis le bronze à l’Euro de Barcelone ?

"Je suis plus rapide dans ma course d’élan. Mais je manque encore d’automatismes. C’est logique vu que je n’ai pas eu beaucoup de compétitions pour trouver les bons réglages."

Quelles ambitions nourrissez-vous pour ces JO ?

"Je veux atteindre la finale pour montrer au COIB qu’il a eu raison de me faire confiance. Après, en finale, tout est possible. Ma maman m’a dit qu’elle était persuadée que j’allais réussir quelque chose de bien. Elle m’a surtout fait savoir qu’elle était déjà toute stressée. Elle est très fière que je sois aux JO. De toute façon, pour elle, je suis sa championne depuis que je suis née."

Pensez-vous toujours aller jusqu’aux JO de Rio de Janeiro, comme vous l’avez laissé sous-entendre ?

"J’aimerais bien, c’est vrai, mais on doit en parler avec mon entraîneur. De toute façon, tout ça est encore loin et je suis pleinement concentrée sur ces Jeux-ci."

Interview > David Lehaire

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