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Si l’épopée européenne des Castorettes provoque actuellement un engouement jamais vu au sein du basket féminin en Belgique, il ne faut pas oublier cependant que le club des Castors Braine a écrit ses premières lettres de noblesse au plus haut niveau chez les messieurs de 1986 à 1998.

En obtenant notamment six places de vice-champion de Belgique, derrière des équipes comme le grand Malines ou encore Ostende, les Brainois vivaient avec l’étiquette de l’éternel deuxième. Jamais champions ni vainqueurs de la Coupe nationale, les Castors ont néanmoins réussi à l’époque, déjà, à conquérir un fervent public et ont aussi réussi à en faire leur marque de fabrique.

L’effervescence déclenchée par le super parcours européen des Castorettes, qui avaient également réalisé le doublé Coupe-championnat la saison passée, n’est évidemment pas sans rappeler la belle époque coté masculin. D’ailleurs, les anciennes gloires du club sont les premières personnes à se réjouir du contexte actuel. Nous avons contacté Jacques Stas, Marc Deheneffe et Tony Marion, trois des figures les plus marquantes des belles années brainoises coté masculin, et tous nous ont confié être ravi de voir "l’esprit Castors revivre".

Certains supporters de l’époque sont d’ailleurs toujours présents aujourd’hui pour soutenir les filles qui font à nouveau briller les couleurs brainoises. Et jeudi soir, tous espèrent évidemment ne pas devoir se contenter d’une deuxième place mais bien pouvoir fêter un titre de champion d’Europe historique pour tout le basket-ball belge…


"Les valeurs du club n’ont pas changé"

Joueur des Castors Braine durant cinq saisons dans les années 90, Jacques Stas avait reçu le surnom de "Petit Prince des Castors" dû à son jeune âge lors de son arrivée dans le club du Brabant wallon, avec lequel il a décroché notamment le titre de joueur de l’année en 1996. "L’engouement actuel ne me surprend absolument pas. Les Castors ont toujours disposé d’un public fidèle. A l’époque lorsque nous revenions d’une victoire en déplacement, il y avait parfois 2 000 supporters qui nous attendaient. Les fans des Castors sont des vrais amoureux du basket et les valeurs du club n’ont pas changé. C’est aussi ce qui fait la réussite de Braine. L’état d’esprit qui y règne fut d’ailleurs l’une des raisons de ma réussite. Et réussir à ramener autant de personnes dans les salles est devenu de plus en plus difficile pourtant."

"Du basket champagne"

A 53 ans, Marc Deheneffe se rappelle ses deux années brainoises comme si c’était hier. "J’ai toujours regretté de ne pas pouvoir gagner un trophée avec les Castors. Mais Braine revit et c’est bien cela le plus important. Il s’agit d’un grand renouveau dans le monde du basket-ball belge féminin. L’esprit et la ferveur propres aux Castors sont bel et bien de retour. Cet état d’esprit semble même avoir traversé les générations… Il faut reconnaître que les Castorettes pratiquent un basket champagne et spectaculaire. Le basket féminin souffre de sa faible visibilité médiatique et, grâce à Braine, on en parle enfin !"

"Ce que réalisent les filles est beaucoup plus grand"

Ancien international à succès des Castors, Tony Marion, gestionnaire à la Maison des sports de Braine-l’Alleud, y est toujours très actif. "Le projet féminin a débuté il y a un peu moins de 15 ans. De la P2, le club a su gravir les échelons. Après le doublé la saison dernière, l’objectif était de sortir des poules en Eurocup. Ce qui nous arrive maintenant n’est que du bonus. J’ai joué beaucoup de finales, mais ce que réalisent les filles est beaucoup plus grand. J’ai même l’impression qu’elles s’entraînent plus dur que nous à l’époque. Une finale européenne, c’est unique dans une carrière !"