Omnisports La cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris aura lieu dans sept ans, jour pour jour.

Sept ans, jour pour jour !

Les Jeux de Paris s’ouvriront, en effet, le 2 août 2024, au Stade de France, en dépit des quelques précautions oratoires affichées par les promoteurs de la candidature qui n’ont plus que des obstacles de pure forme à surmonter, après la décision de Los Angeles d’abandonner la course à 2024. "La messe est dite", a tweeté, dès lundi soir, Jean-François Martins, l’adjoint au sport de la Ville de Paris. Un cri de victoire assez audacieux comparé aux réserves encore de mise chez sa maire, Anne Hidalgo, le chef de l’État Emmanuel Macron et la ministre des Sports Laura Flessel, qui ont salué, ce mardi, respectivement un "pas", "une étape" et "un cap".

Contraints à cette prudence par respect des convenances, entre autres vis-à-vis du CIO, dont la session doit valider l’accord, le 13 septembre, à Lima, les patrons de Paris 2024 jubilent en toute discrétion. "Il faut laisser les membres du CIO officialiser la situation mais je ne vois pas ce qui pourrait nous arriver de malencontreux et que ça puisse nous échapper", a réagi le co-président du Comité de candidature, Tony Estanguet.

Sauf énorme coup de théâtre, la cérémonie d’ouverture des Jeux 2024 aura lieu le vendredi 2 août, au Stade de France. Cent ans après, la France signera son retour en grâce dans l’Olympisme, effaçant ainsi les meurtrissures des trois précédents échecs parisiens, en 1992, 2008 et, surtout, 2012.

Les obstacles à franchir avant le vote définitif du CIO, au Pérou, sont anodins au regard du parcours du combattant qu’a accompli l’équipe parisienne depuis trois ans. Los Angeles doit encore voir valider sa nouvelle candidature pour 2028 par le Comité olympique américain, les autorités locales et fédérales, puis obtenir les lettres de garanties financières. Une formalité donc, d’autant que le maire Eric Garcetti s’est dit "fier d’annoncer que les Jeux Olympiques vont revenir aux États-Unis et, en particulier, à Los Angeles", quatre années après l’édition parisienne.

Pour preuve de la sûreté du fameux deal, le contrat de la ville-hôte 2028 a été publié par le CIO, agrémenté d’une contribution augmentée de quelque 100 millions de dollars (de 1,7 à 1,8 entre 2024 et 2028).

Au regard de leur position unanime sur le principe d’une double attribution, le vote des membres du CIO, à Lima, devrait donc être une formalité sur une question qui pourrait ressembler à "Approuvez-vous l’attribution des JO de 2024 à Paris et de 2028 à Los Angeles ?" Ce n’est qu’après cette élection, suivie de la signature des contrats par Anne Hidalgo et Eric Garcetti, que l’équipe de Paris 2024 pourra savourer sa victoire.


Un budget à respecter !

6,2 en juin, 6,6 en juillet. Mais, finalement, peu importe ! Le principal défi de Paris 2024 au cours des sept prochaines années sera de tenir ce budget de… 6,6 milliards d’euros alors que l’explosion des coûts est le principal argument des opposants aux Jeux Olympiques.

De 1988, à Séoul, à 2016, à Rio, tous les budgets des villes ont grimpé en flèche entre les prévisions et la facture. Des dépassements qui ont atteint leur apogée avec Pékin 2008, dont le budget a culminé à 32 milliards d’euros.

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Pour séduire le CIO, les candidats ont tendance à sous-estimer certains coûts, comme Londres 2012 avec la sécurité, et sur-estimer les retombées économiques. "Les coûts liés à la sécurité, à l’aménagement des sites et, notamment, l’infrastructure temporaire sont peut-être sous-évalués…" a constaté la Commission d’évaluation du CIO à propos de Paris. "Mais ils pourraient être compensés par une éventuelle réduction des dépenses dans d’autres domaines."

L’explosion des coûts observée lors des dernières éditions des Jeux fut, pendant la campagne, l’argument principal des opposants à la candidature parisienne qui, elle, n’a cessé de marteler que son budget était tenable. Co-président du Comité de candidature, Bernard Lapasset, estime, lui, le projet "à l’abri du dérapage financier", puisque 95 % des sites existent déjà. Le budget du Comité d’organisation, rarement dépassé, est financé par les Jeux eux-mêmes : les dépenses de 3,3 milliards d’euros annoncées seraient compensées par la contribution du CIO (1,45 milliard), le programme de sponsoring et la vente de billets.

"Objectif atteignable", a noté la Commission d’évaluation du CIO. Le dossier parisien a l’avantage de n’avoir que trois sites à construire : le Village olympique, de loin le plus gros investissement (1,3 milliard), le Village des médias et le Centre aquatique. Au total, le coût des infrastructures sportives, auxquelles s’ajoutent les aménagements d’accessibilité pour les personnes handicapées dans les transports, est évalué à quelque 3 milliards, si aucun incident majeur ne vient frapper les chantiers.

La moitié de la facture sera acquittée par l’État et les collectivités territoriales, l’autre par des fonds privés. Les dépassements de coûts observés dans l’histoire ont souvent pour objet les infrastructures non sportives. Attention donc…

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