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L'avion du XV de France bloqué sur le tarmac, plusieurs joueurs interrogés par la police écossaise: le XV de France a vécu un retour mouvementé lundi, au lendemain de sa nouvelle défaite en Ecosse (32-26).

Que s'est-il passé dans la nuit de dimanche à lundi dans les rues d'Edimbourg, où les Bleus avaient été autorisés à sortir par le sélectionneur Jacques Brunel?

Dans un communiqué, la police écossaise, qui a empêché l'avion du XV de France de décoller pour pouvoir interroger certains joueurs, a indiqué qu'elle les avait entendus comme simples témoins potentiels à la suite d'informations sur une agression sexuelle dans le centre d'Edimbourg.

Mais a conclu après investigation qu'"aucun crime" n'avait "été commis" et précisé qu'elle n'avait eu vent d'aucune bagarre impliquant les joueurs, comme évoqué par plusieurs médias français.

A la mi-journée, après la publication d'informations en ce sens, la Fédération française de rugby (FFR) avait confirmé de son côté dans un tweet que "certains joueurs (étaient) entendus par les autorités écossaises", sans donner plus de détails. Selon le site Rugbyrama, sept joueurs ont été auditionnés par la police.

L'avion du XV de France, qui devait initialement décoller à 11H00 (12h00 françaises), a fini par s'envoler pour Paris-Orly à 13H00 locales (14H00 françaises) avec deux heures de retard, selon l'aéroport.

'C'est pas méchant'

Alors qu'il attendait le décollage, dans l'avion transportant l'équipe, le président de la FFR, Bernard Laporte, avait assuré au micro d'Europe 1 que ce n'était "pas méchant".

"On sait pas du tout ce qu'il y a eu, ils sont entendus comme témoin sur un truc", a-t-il dit. Avant d'ajouter: "on va pas passer la journée là".

Il n'empêche, le XV de France, incapable de gagner depuis près d'un an, et le rugby français, empêtré dans les soupçons de conflit d'intérêt pesant sur Bernard Laporte, se serait bien passé de cette (mauvaise) publicité au lendemain d'une nouvelle défaite face au XV du Chardon à Murrayfield.

Car les sélectionneurs se suivent mais les victoires se font toujours attendre (huit matches sans succès dont sept défaites désormais) pour les Bleus, dont le dernier succès remonte au 20 mars 2017 face au Pays de Galles (20-18).

Et les discours se ressemblent. "On a montré qu'on pouvait rivaliser (...) il manque un petit quelque chose, mais je pense qu'on n'est pas très loin", a déclaré dimanche Jacques Brunel, des mots si souvent prononcés par son prédécesseur Guy Novès, limogé juste après Noël par Laporte.

Comme sous l'essentiel du mandat de Novès (janvier 2016-décembre 2017), hormis en juin et novembre derniers, les Bleus de Brunel, ancien adjoint de Laporte du temps ou celui-ci était sélectionneur, ne sont pas parvenus à joindre les deux bouts à Edimbourg.

Eviter la Cuillère de bois

Séduisants à la mi-temps, avec un doublé de Teddy Thomas, ils se sont ensuite effondrés et abordent désormais avec anxiété la réception de l'Italie le 23 février à Marseille, où l'objectif sera de sauver leur Tournoi des six nations.

C'est en effet un véritable "match de la peur" qui se profile au Vélodrome, où les Bleus chercheront avant tout à éviter la Cuillère de bois avant deux dernières rencontres extrêmement périlleuses contre l'Angleterre (10 mars) et au pays de Galles (17 mars).

"C'est le match de la mort. Il va falloir qu'on montre des choses offensivement comme on l'a fait aujourd'hui (dimanche) et surtout qu'on soit discipliné", a prévenu le centre Geoffrey Doumayrou.

Il va falloir également, après trois jours de repos en famille (rassemblement vendredi à Aix-en-Provence), chasser les vieux démons: déjà au pied du mur avant le dernier test de novembre face au Japon, les Bleus s'étaient liquéfiés sous la pression (23-23).