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Alors qu'il a annoncé la composition de l'équipe en séries, il s'est étonné de n'avoir été prolongé que d'un an après les Jeux de Rio

Au cours de la conférence de presse programmée quarante-huit heures avant l’entrée en lice du relais 4x400 m, le sélectionneur Jacques Borlée a divulgué la composition de l’équipe et l’ordre des relayeurs : Dylan Borlée, Jonathan Borlée, Robin Vanderbemden et Kevin Borlée.

L’état de santé de ce dernier, victime d’une gastro-entérite dimanche, est toutefois encore préoccupant.

“On l’a forcé à courir ce jeudi, mais il n’est pas bien du tout. On attendra le dernier moment et, en cas de forfait, Julien Watrin le remplacera”, explique Jacques Borlée qui, s’il se dit “optimiste de nature” et pense que Kevin “peut être bien samedi et dimanche grâce à un phénomène de surcompensation”, se prépare à toute éventualité.

“Nous avons une équipe très forte, elle ne l’a d’ailleurs jamais autant été”, souligne l’entraîneur bruxellois. “Les garçons ont le record de Belgique (NdlR : 2:58.52) dans les jambes. Et ce sera peut-être nécessaire pour passer en finale. Ce sera, encore, une bagarre phénoménale.”

Dylan Borlée se voit donc confier la mission de lancer les Belgian Tornados sur les bons rails. “Il va de mieux en mieux et il a maintenant l’expérience de la haute compétition”, juge Jacques Borlée, qui a confié le toujours délicat rabattement des 600 m, moment stratégique important dans la course, à son fils Jonathan. “Il a connu des soucis à la mise en action cette saison, mais je suis convaincu que lancé, il peut apporter beaucoup à l’équipe grâce à son vécu. Je lui demanderai de céder le témoin en deux ou trois à Robin Vanderbemden.”

Viendra alors, en effet, le tour du sprinter de Seraing, qui a battu ses records sur 200 m et 400 m cette année. “Il doit pouvoir suivre !” enchaîne Jacques Borlée, qui fait confiance aux qualités de finisseur de Kevin.

Le sélectionneur de l’équipe nationale du relais 4x400 m ne s’est toutefois pas arrêté à ces considérations sportives. Interrogé sur l’avenir de l’équipe, il a admis qu’il sortait d’un début d’année 2017 “d’une difficulté inimaginable” et que son contrat en tant que coach national, paraphé en mai, n’avait été prolongé que d’un an et pas de quatre, jusqu’à Tokyo 2020. Un manque de respect au vu des résultats exceptionnels du relais ?

“Si je vais jusqu’à Tokyo, je risque de toute façon de me retirer ensuite. Ce qui me chagrine, c’est de ne pas avoir la confiance de ma Fédération”, dit-il, sans trop vouloir rentrer dans les détails. “Le système n’est pas bon ! Ce sont des luttes intestines permanentes. Je remercie en tout cas le Ministre Madrane d’avoir trouvé des solutions et la responsable du Haut Niveau à la LBFA pour son aide.”

Marc Deheneffe, le responsable de la cellule sport au cabinet du Ministre, a confirmé qu'un accord a pu être conclu, fin mai, jusqu'au terme de l'année 2017 avec toutes les parties prenantes du dossier après l'intervention de Rachid Madrane.

"On m'a dit qu'on m'évaluerait à la fin de l'année", a encore fait savoir Jacques Borlée qui n'a pas caché qu'il lui fallait se préparer "au cas où les choses s'arrêtent. Il faut être réaliste. Tout ce que je demandais c'était de renouveler mon contrat jusqu'à Tokyo."

Thomas Lefebvre, le président de la LBFA, a expliqué la nature du contrat entre les deux parties. "Jacques Borlée a un statut d'indépendant, contrairement à ses fils qui sont salariés. Son contrat est celui d'entraîneur d'athlètes individuels (ses fils, Julien Watrin, etc) et non pas d'entraîneur du relais 4X400 m."

"Après les Jeux de Rio, nous avons décidé de voir si cela allait bien se passer avec ses athlètes aux championnats du monde de Londres." Ce qui justifie la durée d'un an du contrat proposé à Jacques Borlée.

"Au vu des résultats, il est très probable qu'il y aura un nouveau contrat, mais je ne suis pas le seul à décider", a encore précisé encore Thomas Lefevbre. "Si nous signons un contrat de trois ans (jusqu'aux JO de Tokyo, ndlr), il nous faut des garanties. Comme il s'agit de sport de haut niveau, peut-être le prochain contrat sera-t-il lié à la performance (ce qui est le cas pour les sportifs eux-mêmes, ndlr). Nous en discuterons avec l'Adeps dès septembre. Je suis confiant pour qu'il reste parmi nous", a conclu le patron de l'athlétisme francophone.

Christian Maigret, le directeur technique de la LBFA, a précisé que les contrats d'un an sont fréquents et que notamment Roger Lespagnard, l'entraîneur de Nafi Thiam, disposait d'un contrat renouvelé année après année.