Omnisports Actuellement en pleine effervescence alors que ses Jeux olympiques ont débuté ce vendredi, la Corée du Sud a déjà décidé ce qu'il adviendrait de ses installations sportives, dont le stade olympique.

C'est l'éternel débat autour des Jeux olympiques. Que faire des sites, construits ou rénovés à grands coups de (dizaines de) millions une fois la ferveur de l'événement passée. Pour des raisons diverses, Athènes, Sarajevo, Turin et Pékin sont à ce titre les (pires) exemples de pérennité en ce qui concerne leurs complexes sportifs. Afin d'éviter le même sort, le "pays du Matin calme" a pris le parti d'anticiper l'avenir de son stade.

Edifice temporaire, l'Olympic Stadium de PyeongChang a été spécifiquement construit entre 2014 et 2017 précisément en vue de l'événement pour un montant total de 84 millions d'euros. Mais à l'inverse de ce qu'a fait Sotchi il y a quatre ans en conservant son stade de Ficht (recyclé en stade de football, où les Diables rouges se produiront contre le Panama lors de la prochaine Coupe du monde, ou en salle de concert en plein air) la ville coréenne démantèlera le sien une fois les compétitions terminées comme le révèle le Huffington Post.

Des cinq tribunes, il ne restera que la principale qui accueillera un musée consacré à ces vingt-troisièmes olympiades d'hiver. Les quatre autres et le terrain seront quant à eux rasés pour laisser place à un vaste parc public.

De forme pentagonale et pouvant contenir 35.000 personnes, le bâtiment servira donc en tout et pour tout quatre fois, que sont les cérémonies d'ouverture et de fermeture des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques, qui se déroulement pour leur part du 9 au 18 mars.

Une piste de ski dans une forêt protégée

Le même sort sera réservé à la piste de descente de Jeongseon, située à vingt kilomètres plus au sud. Si la construction, avec la mort promise, du stade a suscité quelques réactions étonnées, ce n'était rien à côté de l'érection de cette piste sur une forêt "sacrée" datant d'un demi-millénaire. 

Promise à une démolition une fois les Jeux terminés à la mi-mars, la nature devrait reprendre ses droits à Jeongseon mais les défenseurs de ce site protégé ont crié au désastre écologique après l'abattage de dizaines de milliers d'arbres, dont des espèces rares. Les interrogations subsistent en outre quant au règlement de la facture, avoisinant les 33,5 millions d'euros, pour la réhabilitation des lieux.

A l'apparence de rengaine, ce type de débats promet déjà d'être exacerbé dans quatre ans à Pékin. Si la ville chinoise pourra sa targuer de devenir la première à organiser les deux types d'olympiades (après ceux d'été en 2008), les coûts qu'engendreront ces jeux d'hiver promettent de s'élever considérablement alors que la métropole n'est pas la plus réputée pour ses plaisirs d'hiver.