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Il faudra se lever tôt, ce jeudi matin, pour assister à l’entrée en lice de Seppe Smits en slopestyle, alors que les Jeux olympiques de Sotchi ne seront pas encore officiellement ouverts.

"Ces qualifications constitueront une mise en bouche, les meilleurs passant directement en finale alors que les moins bons passeront par des demi-finales" , explique-t-il. "Quoi qu’il arrive, je surferai encore samedi mais, bien entendu, je ne vais pas trop en garder sous le pied pour ne pas compromettre mes chances. Il faudra être tout de suite dedans…"

Très populaire chez les jeunes ("très inspirant", glisse Smits), sa discipline, nouvellement introduite au programme olympique et qui consiste à enchaîner les figures les plus compliquées et les plus variées (avec un maximum d’amplitude) sur différents modules, n’est pas sans risque. La grosse chute du Norvégien Torstein Horgmo, tombé sur un rail à l’entraînement, est venue le confirmer et a entraîné une modification du parcours sous la pression des concurrents. "Tous les riders connaissent les dangers que comporte la discipline mais il ne faut pas trop y penser, sinon on évolue avec la peur au ventre, on est passif et on ne tente plus rien", estime Seppe Smits, qui a lui-même connu son lot de blessures ces derniers mois.

Après avoir manqué sa qualification pour les Jeux de Vancouver, en 2010, pour 0,1 point ("peut-être que j’aurais dû monter 20 cm plus haut sur un saut", ironise-t-il), l’Anversois, qui souffre d’une tendinite rotulienne chronique, s’est refait une santé à temps pour vivre ceux de Sotchi, où celui qui fut sacré champion du monde de slopestyle en 2011 a le potentiel et les nerfs suffisamment solides pour convoiter une médaille olympique.

A l’en croire, son ambition est toutefois ailleurs. "Cette compétition est une nouvelle expérience pour moi : je veux avant tout m’amuser et montrer mes meilleurs tricks , que j’ai l’impression de bien maîtriser même si je n’ai pas passé autant de temps que je l’aurais voulu, cette année, sur ma planche. Pour le reste, nous sommes vingt-cinq à pouvoir monter sur le podium. Ce qui fait la spécificité des Jeux, pour moi, c’est leur rareté et les attentes qui émanent de tout un pays. Pour ma part, je n’en ai pas l’habitude."

10% des gains pour l’after-party

Mis en confiance, dit-il, par son dernier stage et les X-Games où son élimination en qualifications du slopestyle a pourtant déçu, Smits incarne à merveille cette insouciance, ce détachement propres à sa discipline. "J’ai l’impression d’être en vacances toute l’année, je ne vois pas ce que je fais comme un travail", sourit Seppe Smits. "Le snowboard, c’est du fun à l’état pur ! On est pour ainsi dire tous amis, il n’y a pas de rivalité. Ce n’est clairement pas le même état d’esprit que dans les autres disciplines. Sur le circuit, avant la course, on s’encourage et on regarde le passage des autres concurrents tous ensemble devant la télévision. Et quand on assiste à un bon run , tout le monde réagit, enthousiaste, et applaudit. Et on se félicite. C’est… naturel !"

Pour vivre de tels moments et profiter au maximum de la poudreuse, Seppe Smits repartira dès le 10 février vers d’autres sommets. Mais il compte bien faire la fête comme il se doit à Sotchi, tradition oblige. "Sur le circuit, il existe une règle tacite selon laquelle 10 % du prize-money est investi dans l’after-party. Je suis curieux de voir à quoi elle ressemblera ici…", sourit-il.

Son programme:

Jeudi 6.- 7h00-7h50 : qualifications (1re série). 12h00-12h50 : qualifications (2e série).

Samedi 8.- 6h30-8h10 : demi-finales. 9h45-10h55 :finale