L'entrée du parc olympique, un checkpoint aux mains de soldats en treillis

afp Publié le - Mis à jour le

Omnisports Le dispositif de sécurité à l'entrée du parc olympique ressemble à celui d'un aéroport militaire: des soldats en treillis et rangers scannent avec minutie sacs et vestes, confisquent les bouteilles pleines et procèdent à des fouilles au corps si le portique à métaux clignote.

Le ton est ferme et les visages concentrés, pour ne rien laisser passer. Mais quelques soldats contribuent à détendre l'atmosphère.

"Retirez tout ce qui est en métal dans vos poches. Sinon, ce gars va vouloir vous toucher", prévient un militaire à l'accent écossais prononcé, en pointant son collègue posté derrière le portique de sécurité. "Pour être honnête, même si vous obéissez, il voudra quand même vous toucher!", ajoute-t-il sur le ton de la boutade.

A l'entrée principale du parc, des soldats de l'armée de terre, en treillis avec écusson représentant le logo fuchsia des JO de Londres, des militaires de la Royal Air Force en chemise blanche, et des marins de la Royal Navy en uniforme gris bleu se relaient pour fouiller les visiteurs. Comme s'ils allaient embarquer dans un avion.

Les consignes sont drastiques: pas de sac d'un volume supérieur à 25 litres, pas de liquide au-delà de 100 ml. Exception faite des lotions solaires et de la nourriture pour bébé. Au total, 40.000 personnes sont mobilisées pour assurer la sécurité pendant les JO, qui débutent vendredi. Parmi elles, 17.000 militaires, dont certains sont rentrés récemment d'Afghanistan, selon le ministère de la Défense.

Il y a deux semaines, l'armée a dû mobiliser in extremis 3.500 hommes supplémentaires après la défaillance de l'entreprise de sécurité privée G4S, incapable de fournir l'intégralité des 10.400 gardes prévus. "Je commence aujourd'hui", s'excuse un militaire, à qui l'on demande des directions. "Je remplace un gardien de G4S, je ne sais pas où c'est".

Pour compléter cet impressionnant dispositif humain, des missiles sol-air ont été installés sur des HLM, des avions de combat sont en alerte, un porte-hélicoptères mouille sur la Tamise. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni n'a déployé tel dispositif de sécurité.

La pire crainte des autorités: un attentat. Une angoisse d'autant plus présente que le 7 juillet 2005, au lendemain de l'attribution des JO à Londres, des attentats meurtriers avaient fait 56 morts dans les transports publics de la capitale britannique.

Anne Wells, venue chercher un billet pour la compétition de gymnastique, se réjouit de la présence de l'armée. "On doit utiliser les gens qui sont entraînés et pas ceux venant d'une entreprise privée. C'est mieux pour l'image de Londres", estime cette cinquantenaire.

Dans la file d'attente, Filip Gils, un banquier, ne se fait pas d'illusion. "C'est difficile de se protéger contre les fous. On ne peut pas tout empêcher pendant un événement aussi important".

Une fois l'entrée du parc passée, l'atmosphère est beaucoup plus détendue et la présence militaire discrète en ce lundi, à quatre jours de l'ouverture des 30e JO d'été.

Quelques soldats, sans arme apparente, prennent des photos du stade olympique blanc immaculé d'où s'échappent des sons de basses et de batterie. A l'intérieur, techniciens et musiciens s'activent en vue de la répétition de la cérémonie d'ouverture.

Des policiers équipés de gilets pare-balles et mitraillettes se prêtent au jeu des photographes amateurs, tandis que des athlètes font un footing dans les allées du parc. Quelques militaires profitent aussi d'un salon de coiffure gratuit, réservé aux personnes accréditées, pour rafraîchir leurs coupes.

Dans l'enceinte du parc, l'armée la plus visible est celle des bénévoles du Comité d'organisation des JO (Locog), avec leur tee-shirt fuchsia et orange et leur pantalon beige. "Vous êtes là pour guider les gens. Souriez", leur rappelle un de leurs chefs.

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