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Pour les rugbymen belges, on peut dire qu’il vaut mieux s’exiler pour progresser. En étant optimiste, on peut comparer notre championnat belge avec la division 3 française. Pourtant il y a quelques années, le championnat belge a été réduit à huit équipes pour essayer d’élever le niveau. Mais on en est loin.

L’Argentine est dans une situation similaire à la Belgique. Le pays n’a aucun club professionnel et la majorité de ces internationaux jouent en France. Et pourtant elle se situe dans le top-5 mondial.

Le meilleur club en Belgique, le Boitsfort Rugby Club, tourne avec un budget de cent mille euros pour une saison (un club comme le Coq Mosan a un budget annuel d’environs 15000 euros). « La fédération belge de rugby fait beaucoup pour l’équipe nationale mais pas énormément pour les clubs », se désole Stéphane Delelienne, président du club de Watermael-Boitsfort. La frustration est compréhensible tant il y a un réservoir de talents chez les jeunes mais surtout il y a un potentiel de spectateurs. Le match de la Belgique face à l’Argentine nous l’a démontré. Dany Roelandts, le président de la Fédération Belge de rugby, se défend : « Ce n’est pas à la Fédération de donner de l’argent ou de soutenir plus les clubs. C’est à eux de faire des efforts, d’investir dans de nouvelles infrastructures. Qui a envie d’aller voir un match dans un champ ? L’équipe nationale est une vitrine pour le rugby en Belgique et cette vitrine, il faut la promouvoir régulièrement ».

Compétition européenne

Pour permettre aux clubs belges de jouer une compétition européenne, la Benecup a vu le jour. La Heineken Cup (la plus grande coupe européenne pour les clubs) n’étant réservée qu’aux grandes nations européennes. La Benecup permet aux meilleurs clubs belges de rencontrer les meilleurs clubs hollandais. « Il y a des contacts avec l’Allemagne pour que le pays se rajoute dans cette compétition », ajoute Dany Roelandts. Le budget alloué par le sponsor (ING) de la Benecup ne permet pas aux clubs de rentrer dans les frais pour les déplacements, les joueurs doivent donc y mettre du leur pour pouvoir jouer.

Malgré les efforts, cela fait sept ans que Boitsfort remporte le championnat. On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de résistance de la part des autres équipes. : « Si j’enlève ma casquette de président, j’aimerais bien qu’un autre club soit champion. Je me méfie beaucoup du ROC d’Ottignies. Ils ont beaucoup de soutiens au niveau communal. Ils développent bien le club », raconte Stéphane Delelienne. Mais il est évident que ce n’est pas avec l’hégémonie d’une équipe qu’on parviendra à rendre ce championnat plus attractif. « En Belgique, c’est impossible de passer professionnel. On commence par quoi ? Les stades ? Mais vu qu’on n’a pas beaucoup de spectateurs, les médias ne viennent pas, donc pas de sponsors, donc pas d’argent », confie, Stéphane Delelienne.

Et du côté du pouvoir public, les subsides sont alloués en fonction du nombre d’affiliés. Le tennis et le football arrivent loin devant. Le rugby avec 7500 affiliés ne reçoit pas énormément. Mais le nombre d’affiliations est en hausse. Ce qui a eu comme conséquence que certains clubs ont dû refuser des inscriptions dans leur école de jeune et établir une liste d’attente tellement les demandes d’affiliation étaient nombreuses. C’est ce qu’on appelle l’effet Coupe du Monde.

Une médiatisation plus grande amènerait plus de sponsors, donc plus d’argent. Plus d’argent amènerait plus d’infrastructures, ce qui donnerait plus de résultats et plus de résultats attirent les médias. La quadrature du cercle.